Les six chefs de la première nation Wolastoqey, au Nouveau-Brunswick, affirment que l’enquête de la coroner sur la mort de l’Autochtone Chantel Moore, tuée par la police d’Edmundston, démontre le besoin urgent d’une enquête sur le racisme systémique, dirigée par des Autochtones.

Les chefs autochtones soutiennent que les conclusions et les recommandations du jury de l’enquête de la coroner ne témoignent pas de la gravité de cette tragédie et ne traitent pas des problèmes systémiques dans l’appareil judiciaire.

Les jurés ont notamment recommandé jeudi de revoir la politique de la police en matière de recours à la force.

Chantel Moore, une Autochtone de 26 ans, a été tuée par balle lors d’un contrôle de bien-être par la police à Edmundston, en juin 2020, après avoir avancé vers un policier avec un couteau. Les jurés à l’enquête de la coroner ont conclu à un homicide.

Dans un communiqué publié jeudi, le chef Ross Perley, de la communauté autochtone de Tobique, affirme que l’enquête n’a pas dissipé la nécessité d’une enquête particulière sur le racisme systémique. Il soutient aussi que « cette enquête traumatisante, à laquelle la famille Moore a assisté fidèlement, ne leur a pas permis de participer ».

Le chef Allan Polchies, de la communauté de St. Mary’s, affirme qu’une enquête sur le racisme systémique permettrait de mieux rendre compte de la mort de Chantel Moore.

« Le racisme systémique est réel ici dans cette province du Nouveau-Brunswick, déclarait M. Polchies aux journalistes, jeudi. Nous avons besoin d’action. Nous avons besoin de justice. Nous avons besoin de justice pour chaque personne. »

Les Services des poursuites pénales du Nouveau-Brunswick avaient annoncé en juin 2021 que les preuves dans le dossier indiquaient que le policier répondait à une menace mortelle potentielle de Mme Moore et que ses actions avaient été raisonnables dans les circonstances.

Le jury à l’enquête de la coroner, composé de trois femmes et de deux hommes, a émis jeudi une série de recommandations, notamment qu’un groupe indépendant examine la politique sur le recours à la force qui guide la police du Nouveau-Brunswick, pour s’assurer qu’elle est concise et comprise par tous les policiers de la province.

Les jurés ont également reconnu qu’il existait une méfiance chez les Autochtones à l’égard de la police. Ils suggéraient que les corps policiers entreprennent des actions pour établir de meilleures relations au sein de la communauté, comme des formations pour sensibiliser les intervenants aux réalités culturelles et la création d’agents de liaison.

La commissaire au racisme systémique du Nouveau-Brunswick, Manju Varma, mène actuellement un examen du racisme institutionnel dans la province; elle devrait publier son rapport en septembre.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle