Face à l’augmentation du prix du carburant et de l’appât, les pêcheurs de homard ont peu de recours afin de réduire leurs dépenses sauf que d’espérer que la pêche est bonne.

Le secteur de la pêche n’est pas épargné par les problématiques engendrées par l’inflation.

Depuis l’an dernier, le prix du carburant a doublé, tout comme celui de l’appât utilisé dans les casiers à homard.

Et c’est sans compter les autres dépenses que ce soit les casiers à homard, les cordages et les bouées.

D’après André Noël, un pêcheur rencontré sur le quai de Caraquet vendredi midi, il existe peu de recours afin que les homardiers réduisent leurs dépenses.

«Si tu pêches, tu pêches», lance M. Noël.

Utiliser moins d’appât aurait un impact négatif sur le volume des prises alors que les économies de carburant ne sont possibles qu’en perdant en efficacité, dit pour sa part le pêcheur Paul Mailloux.

«Aller moins vite, ce n’est pas le fun, mais ça permet d’économiser un peu. Mais il n’y a pas grand-chose à faire pour couper les dépenses», dit-il avec résignation.

Dans une interview récemment accordée au journal, Stéphane Jaillet, un pêcheur de homard du quai de Saint-Édouard, à Bouctouche, a reconnu qu’il pourrait être forcé de réduire son équipage lors de la saison de pêche dans la zone 25.

«L’année passée, j’ai pu payer un salaire intéressant à mes gars, raconte-t-il. Mais si les prix ne sont pas ceux qui ont été prédits, peut-être faudra-t-il baisser les salaires ou embaucher juste un homme de pont plutôt que deux.»

C’est d’ailleurs ce qu’a dû faire M. Noël.

«J’ai deux hommes et je payais un peu trop l’un d’eux, j’ai été obligé de le baisser, raconte-t-il. Tu ne peux pas avoir des hommes en bas de 1500$ par semaine. C’est le salaire pour avoir de bons travailleurs.»

La question n’inquiète d’ailleurs pas que les pêcheurs. Le député vert de la circonscription de Kent-Sud, Kevin Arseneau, a abordé l’inflation et les coûts encourus par les homardiers lors d’une intervention à l’Assemblée législative jeudi.

«Pendant que les prix offerts aux pêcheurs de homard descendent et que le coût de la chair de homard reste élevé, ce sont nos pêcheurs, nos citoyens et nos communautés qui en paient le prix», a-t-il déclaré.

Interrogé à ce sujet, M. Arseneau a expliqué que son intervention avait pour but de dénoncer l’emprise qu’ont d’importants consortiums sur le secteur de transformation des pêches dans la province.

«Les pêcheurs devraient recevoir un prix qui représente leurs coûts de production aussi», a expliqué le député vert lors d’une interview avec le journal.

De meilleures prises

Le quai de Caraquet. – Acadie Nouvelle : Justin Dupuis

Il faut dire que les faibles prises des homardiers depuis le début de la saison de pêche printanière n’ont rien fait pour améliorer la situation.

En début de semaine, plusieurs pêcheurs de Caraquet avaient décidé de rester amarrés plutôt que de sortir. Paul Mailloux était l’un d’eux. Heureusement, dit-il, les prises semblent être plus intéressantes.

«Aujourd’hui c’était bon, se réjouit-il. Je ne suis pas sorti depuis deux jours parce que les prises n’étaient pas bonnes et ça coûte trop cher de dépenses, entre la bouette, le carburant et les salaires de mes trois gars.»

En début de semaine, des pêcheurs avaient confié que la moyenne des prises quotidiennes était de 200 livres.

D’après André Noël, ce n’est pas suffisant pour que la pêche soit rentable.

«En réalité, il faut avoir du volume. Pour y arriver tout de suite, il ne faut pas avoir en bas de 500 ou 600 livres, avance M. Noël. Ce n’était pas fort fort depuis le commencement de la saison. Aujourd’hui, c’était raisonnable. Je ne dirai pas combien j’ai pris, mais si je prenais ça tous les jours d’ici la fin de la saison, je serais content.»

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