Alors que l’interdiction des produits de vapotage aromatisés a du mal à s’imposer, la Société canadienne du cancer lance une nouvelle campagne d’interpellation pour demander l’augmentation de l’âge minimum légal à 21 ans pour l’achat de tabac et de cigarettes électroniques.

«Des proportions épidémiques.»

C’est en ces termes que Lana Randell, représentante de la Société canadienne du cancer, présente le vapotage chez les jeunes.

Le Nouveau-Brunswick affiche le taux le plus élevé de personnes ayant fumé la cigarette électronique de tout le pays, selon une enquête de 2021. Chez les élèves de la 10e à la 12e année, ils étaient 39 % en 2019, contre 29 % en moyenne au niveau national. La pandémie et le stress y découlant n’auraient fait qu’empirer la situation.

Malgré l’interdiction, les arômes de vapotage toujours accessibles

Face à ces chiffres alarmants, le gouvernement du Nouveau-Brunswick applique l’interdiction des produits de vapotage aromatisés depuis juin 2021. Les différents goûts intégrés aux cigarettes électriques sont pointés du doigt comme un des attraits principaux pour les jeunes et souvent la porte d’entrée vers la consommation régulière. Pourtant, ils sont toujours facilement accessibles sur internet comme en magasin.

«Si je ne les vends pas, je perds mon business», explique un vendeur de façon anonyme, préférant pour l’instant payer des amendes.

Avant de devoir changer ses commandes, il attend les conclusions de la contestation judiciaire complète de la loi.

Un magasin de vape et cinq particuliers avaient d’ailleurs engagé un recours pour continuer à commercialiser les arômes interdits en attendant la fin de la procédure. Leur demande a été rejetée le 31 mars.

Comme d’autres, ce vendeur continue d’y croire et n’hésite pas à parler de «nouvelle prohibition», se plaignant d’un «traitement de faveur accordé à l’alcool».

Faire passer l’âge légal de 19 à 21 ans: la solution ?

«Il est possible d’en faire plus pour protéger les jeunes de la dépendance à la nicotine», réplique la Société canadienne du cancer, en lançant sa campagne d’interpellation la semaine dernière.

Prochaine étape pour l’association: faire passer l’âge légal pour l’achat de cigarettes électroniques et de tabac de 19 à 21 ans. Cette mesure adoptée aux États-Unis aurait  permis la réduction de 25% du taux de tabagisme chez les jeunes de 15 à 17 ans, d’après un rapport de l’Institute of Medicine.

«C’est pas 100% bien sûr, on a toujours accès à des amis, frères et sœurs mais cela permet quand même une grosse diminution», explique Robert Cunningham, analyste principal de la Société canadienne du cancer.

Du côté des vendeurs, on met en avant le manque de formation sur la vérification d’identité et l’inefficacité de l’augmentation de l’âge légal.

«On voit déjà que certains viennent acheter pour d’autres et parfois même des parents pour leurs enfants», raconte un responsable de magasin du Grand Moncton.

Les spécialistes l’assurent pourtant, la meilleure façon d’éviter le tabagisme chez les jeunes est de permettre aux parents d’en discuter avec leurs enfants. De nombreuses ressources sont disponibles à ce sujet sur le site de la Coalition antitabac du Nouveau-Brunswick.

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