Le gouvernement du Nouveau-Brunswick annonce la création de 84 aires protégées totalisant une superficie de 106 000 hectares.

«C’est vraiment une belle journée pour la faune et la flore du Nouveau-Brunswick… une journée historique.»

Le ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie, Mike Holland, était tout sourire jeudi pour annoncer la création de ces nouvelles aires protégées.

L’annonce prévoit la protection de 90 000 hectares de terres. Mais déjà, Fredericton précise qu’une superficie additionnelle de 16 000 hectares sera bientôt ajoutée au lot, totalisant du coup plus 106 000 hectares.

«Le processus d’approbation est en cours », dit le ministre.

Le choix de ces 84 sites provient notamment de l’initiative Patrimoine naturel du Nouveau-Brunswick lancée en 2020 par le gouvernement provincial. Le grand public pouvait alors proposer la candidature de territoires à protéger. Plus de 1000 suggestions avaient alors été reçues. On retrouve des sites dans chacune des régions de la province.

«Nous travaillons sur ce projet depuis 2019, nous sommes donc vraiment heureux de le voir enfin aboutir. Ça envoie le message que nous sommes très attentifs à l’environnement et que nous avons à cœur sa protection. Ces aires valent la peine d’être protégées», indique le ministre, notant que ce projet démontre que son gouvernement est sérieux dans son désir de gérer les ressources naturelles de façon responsable.

Les aires protégées sont des terres et des cours d’eau réservés afin de permettre à la nature d’exister avec un minimum d’intervention humaine. Ils sont des échantillons clés de la biodiversité de la province.

Avec leur nouveau statut, les 84 sites pourront continuer d’accueillir des activités à faibles impacts sur l’environnement. La population pourra ainsi continuer à profiter d’activités comme la randonnée, le camping et la chasse, mais les activités industrielles comme la coupe de bois, l’exploration minière, l’exploitation de carrières et l’aménagement du territoire y seront proscrites.

En ce moment, la province compte un peu plus de 300 000 hectares de terres protégées, ce qui équivaut à environ 4,6% de son territoire. L’annonce de jeudi fait passer ce nombre à un peu plus 400 000, ce qui représente 6% du territoire. On se souviendra que le gouvernement provincial s’était engagé à faire passer le nombre de terres et de cours d’eau douce protégés en permanence à 10%. Du coup, il manque toujours 4% – donc 300 000 hectares – pour atteindre cet objectif. C’est donc dire que le travail n’est pas terminé pour le ministre Holland.

«Cette annonce est la première de plusieurs autres à venir. Nous aurons bientôt 700 000 hectares de terres protégées dans notre province. Tout cela vise à permettre à la nature de suivre son cours normal, et même dans certains cas de guérir», explique le ministre.

En conférence de presse, M. Holland a laissé entendre que d’autres ajouts se feront d’ici la fin de l’année et jusqu’en avril 2023.

À noter que le financement de cette initiative provient d’une entente de quatre ans entre le gouvernement provincial et Environnement et Changement climatique Canada totalisant 9,2 millions $ et provenant du Fonds de la nature du Canada.

Accueil positif

De façon unanime, les principaux groupes environnementaux de la province accueillent favorablement cette première étape visant à doubler la protection de la nature au Nouveau-Brunswick.

Dans un communiqué conjoint, la Société pour la nature et les parcs du Canada (section Nouveau-Brunswick), le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, Nature NB, la Fondation pour la protection des sites naturels du Nouveau-Brunswick, et la Région de biosphère de Fundy se sont réjouies de nouvelles aires protégées

Pour Roberta Clowater (SNAP-NB), l’annonce de jeudi constitue un grand pas dans la bonne direction envers la protection de l’environnement et la lutte aux changements climatiques.

«On vient de franchir une étape importante et c’est très encourageant. Il y a de quoi être enthousiaste», réagit-elle.

Pour Mme Clowater, bien que l’objectif de 10% de terres protégées dans la province soit louable, il ne faudrait toutefois pas s’arrêter là.

«On peut toujours faire mieux, en faire davantage», s’empresse-t-elle de souligner.

«Quand on y pense, 10% de la province qui est protégée ce n’est pas énorme. On se doit de porter une plus grande attention à la nature qui nous entoure et la façon dont nous gérons nos forêts, nos rivières, nos terres humides. Il faut protéger ces environnements, car ils nous protègent à leur tour», ajoute Mme Clowater.

Ces organisations environnementales disent maintenant attendre avec impatience la prochaine étape de la protection de la nature, alors que la province s’apprête à tenir sa promesse de protéger 300 000 hectares supplémentaires de terres cette année.  Elles estiment par contre que cette prochaine étape devra faire une plus grande place aux Premières Nations autochtones, un bémol soulevé à quelques reprises.

Principales nouvelles aires protégées

Le Lac Anthony (570 ha)

La rivière Nashwaak (3600 ha)

Les Grande et Petite rivières de Tracadie (3900 ha)

Estuaire Lepreau (1780 ha)

La rivière Nepisiguit (7300 ha)

La rivière du Pôle Nord (1400 ha)

La rivière Charlo-Sud (1150 ha)

Les terres humides de Little Gaspereau (7330 ha)

Le cours supérieur du ruisseau Penniac (1880 ha)

La petite rivière Miramichi Sud-Ouest (3500 ha)

Terres de l’île Miscou (3100 ha)

Les lacs Chiputneticook (2940 ha)

La rivière Verte (640 ha)

Le Mont Chipoudy (510 ha)

Le Mont Big Bald (2100 ha)

Le corridor sauvage de la rivière Restigouche (15 000 ha)

 

Ce qu’ils en disent

«Protéger les terres du Nouveau-Brunswick contribuera à freiner l’appauvrissement de la biodiversité et de la nature dans la province. La protection de ces lieux permettra aussi de créer des liens entre les paysages, de stocker du carbone, et fera en sorte que la population pourra renouer avec la nature.»

— Steven Guilbeault, ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique

 

«Je me joins aux milliers de citoyens qui célèbrent cette annonce qui nous rapproche d’une gestion forestière plus intelligente et écologique au Nouveau-Brunswick.»

—Lois Corbett, directrice générale du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick

 

«Ces premiers 100 000 ne sont qu’un début et les passionnés de la nature de toute la province continueront à exiger que la conservation de la nature par la réconciliation soit une priorité à l’avenir.»

—Vanessa Roy-McDougall, directrice générale de Nature NB

 

«Lorsque les Néo-Brunswickois défendent la nature, de bonnes choses se produisent. La conservation de ces précieux espaces naturels est essentielle à la survie de nos oiseaux, de la faune forestière et des fleurs sauvages en voie de disparition.»

—Stephanie Merrill, directrice générale de la Fondation pour la protection des sites naturels du Nouveau-Brunswick

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