Le nombre de nouveaux résidents et de demandes d’accès à l’assurance-maladie progresse à un rythme record et l’administration provinciale ne parvient pas à suivre la cadence. Résultat: le temps d’attente pour recevoir la précieuse carte marquée des rochers Hopewell s’allonge, privant les familles fraîchement installées au Nouveau-Brunswick du programme de santé pendant de longs mois.

Selon Moncef Lakouas, président du Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick, le délai suivant la demande d’adhésion peut s’étirer jusqu’à neuf mois. Contraintes de se priver de services médicaux ou de payer des factures exorbitantes, certaines personnes peuvent alors se retrouver dans une situation extrêmement précaire.

Il évoque le cas d’une résidente qui a dû patienter sept mois pour obtenir sa carte. Entretemps, son état de santé s’est détérioré au point où une chirurgie est devenue nécessaire.

«Les nouveaux arrivants sans carte d’assurance-maladie valide n’ont même pas le privilège d’être les derniers dans les longues files d’attente vers l’accès aux services de santé, ils n’en font pas partie du tout», déplore M. Lakouas.

En date du 24 juin, 2583 demandes d’inscriptions à l’assurance-maladie étaient en attente. Le ministère de la Santé explique la situation par un nombre «sans précédent» de requêtes. Il assure que davantage de personnel sera recruté pour accélérer le traitement des dossiers, précisant que le délai moyen est actuellement de plus ou moins 15 semaines, selon la complexité du dossier et le besoin de documents additionnels. Il souligne également que les dossiers des personnes nécessitant des soins immédiats sont traités en priorité.

La semaine dernière, les chambres de commerce de la région Chaleur, de Moncton, Fredericton, Saint-Jean, Cap-Pelé/Beaubassin-Est et d’Edmundston ont envoyé au nouveau ministre de la Santé une lettre commune l’appelant à faire avancer ce dossier au plus vite.

«Les longs délais limitent l’accès à certains services de santé et provoquent un stress excessif, des soucis financiers et une réticence à obtenir des services indispensables. La façon dont nous traitons et servons nos nouveaux arrivants affecte non seulement nos chances que les nouveaux arrivants restent en permanence au Nouveau-Brunswick, mais également notre potentiel d’attirer de nouvelles personnes supplémentaires dans notre province», peut-on lire dans la missive, qui rappelle les 16 000 postes vacants comptabilisés à la fin mars.

«La province a récemment montré qu’elle pouvait réagir rapidement à ce problème et fournir un niveau de service élevé en offrant un accès à Medicare en quelques jours aux Ukrainiens récemment arrivés fuyant la guerre. Nous devons augmenter la capacité de traitement afin que ce niveau de service devienne la norme pour tous les nouveaux arrivants au Nouveau-Brunswick, peu importe les circonstances.»

Pour être admissible, il faut notamment avoir légalement le droit de rester au Canada et démontrer que l’on a établi sa résidence permanente et principale au Nouveau-Brunswick. D’autres obstacles s’ajoutent pour les étudiants internationaux qui commencent leurs études en janvier, mais doivent attendre de pouvoir fournir une confirmation d’inscription pour le trimestre d’automne avant d’être admissibles.

Dans un rapport présenté le mois dernier, le Conseil multiculturel pointe du doigt le manque de clarté et de transparence du processus. L’organisme estime que permettre le transfert des demandes électroniquement et donner au personnel de Service Nouveau-Brunswick la possibilité d’offrir une rétroaction si la documentation remise n’est pas la bonne, permettrait de réduire les délais.

Il propose aussi d’aller plus loin et d’assouplir certaines règles d’admissibilité, afin qu’il ne soit plus nécessaire de démontrer la preuve de sa résidence, mais uniquement l’intention de l’obtenir, ou pour permettre aux travailleurs temporaires de bénéficier d’une couverture pour la durée de leur séjour tout en exigeant que les employeurs fournissent une couverture médicale à leurs employés jusqu’à ce que ceux-ci soient éligibles à l’assurance-maladie comme c’est le cas en Colombie-Britannique.

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