Dans la nuit de vendredi à samedi, la Terre passera au plus près de la comète 109P/Swift-Tuttle, dont les débris devraient produire une pluie de météores. Les astronomes donnent leurs conseils pour admirer au mieux ce spectacle de la nature.

En levant la tête les prochaines nuits, vous risquez de voir de plus en plus de comètes traverser le ciel. Si la saison des perséides commence dès le 17 juillet, c’est dans la nuit de vendredi à samedi, 12 et 13 août, qu’elles seront les plus visibles.

Ce jour-là, la Terre passe au plus près de la comète 109P/Swift-Tuttle, qui tourne en orbite autour du Soleil. Si la comète est déjà loin du système solaire, nous pouvons observer la trajectoire de ses débris dérivant à la vitesse de 59 km/s.

«Ce sont de petits morceaux de poussière et de glace qui se mettent à brûler en entrant dans l’atmosphère», explique James Cleland, astronome amateur à Edmundston qui regrette des conditions défavorables cette année pour l’observation de ces traînées de lumière.

«Ce sera presque la pleine lune, il risque d’y avoir trop de lumière et les prévisions annoncent pour l’instant un ciel nuageux.»

«Pour ceux d’entre vous qui ont fait une croix sur les Perséides cet été, je ne suis pas d’accord!», lance de son côté Robert Lunsford, secrétaire général de la Société Internationale des météorites, sur le site internet de l’organisation.

Malgré la pleine lune, il affirme que «les taux de météores seront toujours meilleurs que 95% de toutes les autres nuits de cette année».

Pour observer au mieux ce phénomène rare, il faudra tout de même se lever tôt (ou se coucher tard) car la meilleure fenêtre d’observation se situe samedi entre 3 et 4h.

«En théorie, le meilleur moment pour observer les Perséides est juste avant l’aube, lorsque le radiant est le plus haut dans un ciel sombre», explique la Société Internationale des météores.

Les astronomes conseillent également de se mettre dos à la lune pour ne pas être éblouit par sa luminosité, dans un lieu le plus isolé possible des lumières artificielles et en coupant le téléphone un peu avant pour habituer les yeux à l’obscurité.

L’Organisation Internationale des Météorites encourage également les observateurs à participer aux travaux de recherche en comptabilisant le nombre de météores vus pendant une période d’au moins une heure et de les partager sur un formulaire à remplir sur son site internet.

Si ces conditions vous semblent impossibles à remplir, pas de panique, «les météores seront bien visibles jusqu’à mercredi prochain», rassure James Cleland.

«L’essentiel est de s’amuser en observant les feux d’artifice de la nature», conclut Robert Lunsford.

Quand le ciel étoilé devient une attraction touristique

«Nous n’avons pas besoin de lumière la nuit. En été, on peut voir très clair jusqu’à 23h30 et l’hiver nous n’avons pas besoin de lumières en extérieur», fulmine James Cleland, membre du club d’astronomie d’Edmundston, en voyant de la lumière dans les parcs allumées jusqu’à 4h le matin.

Pourtant, la pollution lumineuse ne cesse d’augmenter, au rythme de 2% par an en moyenne dans le monde, selon l’Association Internationale Dark Sky, qui entend «préserver notre héritage de ciel noir grâce à un éclairage extérieur de qualité».

De plus en plus rares, ces espaces vierges de toute pollution lumineuse deviennent des lieux prisés, notamment par les touristes. Effets sur le sommeil, respect de la biodiversité et observation des étoiles, il existe de nombreux bénéfices à préserver des nuits sans lumière. La Société royale d’astronomie du Canada (SRAC) l’a bien compris et décerne depuis les années 2000 des labels aux parcs naturels protégés des lumières artificielles.

Au Nouveau-Brunswick, le parc national de Kouchibouguac sur la côte-est et le parc provincial du Mont-Carleton, dans le Restigouche, sont ainsi considérés depuis 2009 comme des «réserves de ciel étoilé». Un véritable tourisme se développe alors pour attirer les citadins en quête d’obscurité naturelle, allant des trousses d’outils astronomiques aux excursions nocturnes proposées par un guide.

«Heureusement, il reste encore des endroits vides au Nouveau-Brunswick où admirer les étoiles», se rassure James Cleland, alors que certains clubs d’astronomie tentent de s’adapter en investissant à la nuit tombée des plages ou même des terrains de golf.

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