La délimitation des circonscriptions électorales provinciales est appelée à changer tous les dix ans. Cette fois, une croissance de la population dans certaines régions ainsi que des changements à la parité d’électeurs entre les circonscriptions feront partie du calcul.

La Commission sur la délimitation des circonscriptions électorales entamera bientôt ses consultations à travers la province pour recueillir l’avis des gens sur leur représentation électorale.

La population du N.-B. peut soumettre ses commentaires en ligne depuis mercredi. Dès le 23 août, des audiences publiques auront lieu à travers la province, jusqu’au 15 septembre. Des sessions virtuelles auront également lieu le 1er et le 12 septembre.

Les membres de la commission ont le mandat de redessiner les cartes vieilles de dix ans pour que le nombre d’électeurs dans chacune des 49 circonscriptions soit le plus près possible du quotient de 11 714 électeurs, afin d’assurer une représentation aussi uniforme que possible. C’est le principe de parité électorale.

En raison de la croissance démographique, ce chiffre a augmenté depuis le dernier redécoupage électoral en 2012, alors que la commission visait à avoir 11 269 électeurs par circonscription.

Il s’agira d’une tâche difficile, selon l’ancien premier ministre Camille Thériault, coprésident de la commission.

«C’est très difficile, c’est quelque chose qu’on souhaiterait si la province était homogène, mais elle ne l’est pas. Il y a des francophones, des anglophones, des autochtones, il y a des régions urbaines et des régions rurales, et tout cela sera pris en considération pour créer une carte qui va mieux refléter, on l’espère, la démographie, le chiffre de population et représenter les communautés d’intérêt de la province.»

Pour tenir compte de tous ces éléments, la commission a le pouvoir de créer une circonscription avec un nombre d’électeurs qui diffère de plus ou moins 15% de la moyenne, ou de plus ou moins 25% dans certains cas.

Camille Thériault affirme que la population a particulièrement augmenté dans les circonscriptions de Baie-de-Shediac-Dieppe et d’Oromocto-Lincoln-Fredericton depuis la dernière révision. Elles sont au-dessus de la moyenne de «plus de 15%», selon lui.

Cela laisse présager des changements à ces circonscriptions et à celles qui les entourent, entre autres.

Mais M. Thériault précise qu’il est «bien trop tôt» pour prédire quels changements auront lieu.

Il précise aussi que la commission n’a pas le mandat de modifier le nombre de sièges, ni de modifier le mode de scrutin.

Un plus grand écart, s’il le faut

La réforme de la carte électorale entamée en 2012 avait soulevé un tollé.

La Loi sur la délimitation des circonscriptions électorales avait été modifiée en 2011 pour diminuer le nombre de circonscriptions de 55 à 49, et pour limiter davantage l’écart du nombre d’électeurs permis entre différentes circonscriptions.

En 2013, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et l’Association francophone des municipalités du N.-B. (AFMNB) avaient intenté une demande de révision judiciaire contre le gouvernement provincial pour faire annuler une partie des changements.

Les organismes dénonçaient la formation des circonscriptions de Memramcook-Tantramar et de Baie-de-Miramichi-Néguac, où des communautés à majorité francophone (Memramcook et Néguac) avaient été amalgamées à des communautés à majorité anglophone.

Les parties sont finalement arrivées à un compromis. Les cartes modifiées par la commission sont demeurées en place, mais le gouvernement a modifié la loi pour permettre une plus grande marge de manœuvre à la commission pour faire dérogation au principe de quotient électoral.

La loi autorisait alors la commission à dévier du nombre d’électeurs de plus ou moins 5%. Dans des «circonstances extraordinaires», elle pouvait en dévier de plus ou moins 25%.

Ce n’est qu’après les modifications de 2015 que la commission peut varier le nombre d’électeurs de 15% si elle le souhaite.

On y a aussi clarifié explicitement que les «circonstances exceptionnelles» requises pour une déviation de 25% comprennent la «représentation effective des communautés linguistiques française et anglaise».

«Ce n’est pas ça l’objectif, mais si on a besoin de s’en servir, si les gens peuvent nous partager des arguments pourquoi on le devrait, c’est sûr qu’on va le considérer», dit Camille Thériault.

Yvon Godin, président de l’AFMNB, affirme que l’organisme veut à nouveau faire pression pour que Memramcook et Néguac fassent partie de circonscriptions à majorité francophone.

«C’est sûr qu’on va surveiller cela de près», dit-il.

La SANB estime que les francophones de ces régions ont perdu du poids électoral en raison de ces changements en 2012. Elle encourage la commission à considérer la représentation linguistique de Memramcook et de Néguac.

«On ne s’est pas positionnés sur ce qui doit être fait. Les commissaires ont les compétences nécessaires pour faire le travail. On veut simplement que le principe de représentativité soit respecté», dit de son côté la vice-présidente de la SANB, Sue Duguay.

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