Depuis le 20 juillet, Avila Cormier, un résident de Bertrand, près de Caraquet, est dépité par le mauvais coup du sort qui l’a frappé. Des voleurs se sont introduits dans son entrepôt et sont repartis avec trois véhicules de collection.

Jeudi, M. Cormier a expliqué à l’Acadie Nouvelle que les voleurs sont entrés dans le bâtiment avec une camionnette Ford, et sous le poids du véhicule le plancher a cédé.

Comme les voitures convoitées avaient été remisées au fond de l’entrepôt, les intrus se sont frayé un chemin sans prendre garde, endommageant au passage plusieurs pièces de collection.

Les intrus ne sont pas sortis sans peine, ce qui expliquerait pourquoi ils n’ont quitté les lieux que vers 9h du matin.

L’entrepôt a également été endommagé. Le plancher, les murs et une grande porte ont été enfoncés. M. Cormier évalue les pertes et les dégâts à près de 200 000$.

 

Une collection rare

Avila Cormier est un collectionneur passionné et exigeant. Au fil des ans, il a acquis plusieurs véhicules aux États-Unis, de sorte que chacune des pièces de sa collection possède encore sa peinture et son moteur d’origine.

«C’est l’original qui m’intéresse», dit-il, d’où la valeur accrue des voitures qu’il détient. Quand on lui rappelle que certains propriétaires de véhicules anciens les modifient et les couvrent de dessins, il répond catégoriquement, «Ça, ça ne m’intéresse pas!».

D’autre part, il rappelle que «chaque véhicule a son histoire». Et celles de ses acquisitions, il les connaît bien.

La Chevrolet Camaro 2002 qui a été volée (dont la photo est parue dans l’Acadie Nouvelle du 30 juillet) était une commande «sur mesure». Elle fut aussi l’une des 100 dernières à avoir été assemblée par l’usine GM de Boisbriand, au Québec, une caractéristique qui ne peut que susciter de l’intérêt: «Il y a des collectionneurs américains qui m’ont dit: ‘’quand elle aura 25 ans, apporte-là et nous l’achèterons’’. Une voiture antique… et seulement 4000 km au compteur!» s’est exclamé M. Cormier en secouant la tête.

Retrouvée

La seconde Camaro volée (une «Indianapolis 500» de 1982) fait partie d’une édition limitée. Chevrolet n’en aurait fabriqué que 3500 exemplaires.

«Les policiers l’ont retrouvée (à Four Roads) sous une toile, derrière une fondation de maison incendiée», raconte M. Cormier qui s’est fait fort de préciser: «…avec notre aide».

Un soir, au carrefour Le Rond-point, à Tracadie, un attroupement de jeunes aurait applaudi une voiture qui faisait crisser ses pneus. M. Cormier pense qu’il s’agissait de la sienne.

Depuis, il l’a revue. «Elle est dans un garage, à Tracadie. Elle a été peinte en noir, à la cannette. Il lui manque une roue et une vitre a été cassée. Ils l’ont massacrée! Ça va trop me coûter cher pour la réparer», déplore-t-il.

Le dernier véhicule volé est une camionnette Chevrolet C1500 de l’année 1990. Celle-ci tranche sur le reste de la collection puisque nombre de modifications lui furent apportées. «J’aimerais qu’elle soit faite à mon goût.» avait-il dit à un mécanicien il y a 20 ans, en remettant une esquisse qu’il avait lui-même conçue.

Les voitures qu’il a encore en main ne sont pas intactes. Plusieurs ont été tamponnées lors du vol. Des carrosseries tordues, des pare-chocs écrasés, des phares fracassés, des peintures à refaire… l’évaluation des coûts de réparation a de quoi laisser perplexe: une Olsmobile Tornado coûterait 33 000$ à remettre en état; une Mercury Monterey 1967, 20 000$; une Chrysler Windsor Deluxe 1955, 6000$. Parfois plus que la valeur au marché.

L’entrepôt de M. Cormier, comme ses voitures, n’était pas assuré. Les primes trop élevées l’avaient dissuadé de les couvrir. Et de fait, les pertes financières semblent presque secondaires pour celui qui est entrepreneur depuis une cinquantaine d’années.

C’est quand il constate le triste état de sa collection qu’il semble davantage contrarié.

«Je vais vendre le reste de ma collection» laisse-t-il tomber, résigné, et prêt à délaisser une passion qui l’aura habitée une grande partie de sa vie.

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