Afin d’augmenter leur résilience alimentaire et de diminuer l’empreinte carbone de leur alimentation, de nombreux Néo-Brunswickois se mettent les mains dans la terre et se lancent dans le jardinage.

Soucieux de l’impact qu’a l’agriculture, des citoyens se sont rassemblés, il y a six ans, afin de former le Regroupement de jardiniers écologiques de la Péninsule acadienne (RJPA).

Jeanne d’Arc Lavoie figure parmi les membres de ce groupe. Mme Lavoie, une Québécoise installée dans le nord-est du Nouveau-Brunswick depuis une douzaine d’années, pratique le jardinage depuis environ trois décennies.

Depuis cinq ans, elle offre des formations dans la région de la Péninsule acadienne afin que de plus en plus de gens disposent des connaissances suffisantes pour se mettre les mains dans la terre et faire pousser leur propre nourriture.

«L’idée, c’était vraiment de rendre le jardinage écologique», explique Jeanne d’Arc Lavoie.

L’initiative citoyenne cadre aussi avec l’un des volets de la Stratégie sur les boissons et les aliments locaux de la province, Nourrir NB, qui vise à encourager la croissance des jardins familiaux et communautaires et à favoriser la collaboration avec les organismes de bienfaisance ainsi qu’avec les collectivités pour augmenter l’utilisation d’aliments locaux sains dans les programmes et les initiatives communautaires.

Avec l’inflation galopante découlant des deux dernières années de la pandémie de COVID-19, Jean d’Arc Lavoie est d’avis que les formations et les initiatives du RJEPA sont plus que jamais d’actualité.

«La sécurité alimentaire, c’est sérieux. Les aliments coûtent cher. Par exemple, les gens qui travaillent au salaire minimum, s’ils n’ont pas d’argent pour l’essence et la nourriture, qu’est-ce qu’ils vont faire? Il faut qu’ils apprennent», lance Mme Lavoie.

La femme dit économiser annuellement environ 1700$ grâce à son jardin d’une superficie de 1000 pieds carrés.

Viser l’autosuffisance

Sophie Breau, une jeune maman de 29 ans de Tracadie-Sheila, est l’une de celle qui s’est mise au jardinage depuis le début de la pandémie. Ayant grandi dans une famille qui jardinait, elle a aussi pu compter sur les formations offertes par le RJEPA.

Mme Breau dit notamment avoir voulu réduire sa dépendance envers l’épicerie.

Aujourd’hui, elle cultive de petits fruits, des pommes de terre, des carottes, des pois, des haricots, du brocoli, du chou fleur, du melon d’eau, du cantaloup et des courges.

«Quand j’ai vu que les épiceries étaient plus difficilement accessibles et qu’on nous encourageait à ne pas trop sortir, je me suis dit que j’aurais aimé ça avoir un frigo plein de provisions. En jardinant, je me suis dit que je serais moins dépendante de ce qui se passe dans le monde et que je pourrais me nourrir en hiver, même s’il y a moins d’aliments en épicerie», raconte Mme Breau, qui a aussi planté des arbres fruitiers sur son terrain cette année.

Un jour, Sophie Breau compte bien se doter d’une serre, une autre étape dans sa démarche visant l’autosuffisance en légumes.

«Ultimement, j’aimerais ça être autosuffisante, mais c’est un objectif ambitieux, il faut commencer par la base. De réaliser combien de temps ça peut prendre pour faire pousser une patate, on a moins envie de gaspiller. On achète beaucoup à l’épicerie sans prendre conscience du temps qu’il faut pour produire ces aliments et il y a tellement de gaspillage», se désole Mme Breau, qui pratique le métier de comptable.

En plus de lui permettre de préparer des purées de bébé à base de légumes écologiques cultivés dans son jardin, Sophie Breau considère que le jardinage est l’occasion tout indiquée afin de lui permettre d’être un peu plus active et de profiter des beaux jours de l’été.

«J’ai quand même un emploi où je passe beaucoup de temps devant l’ordinateur. Grâce au jardinage, je sors profiter de l’extérieur et je m’éloigne des écrans qui prennent de plus en plus de place dans nos vies.»

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