Avec une facture moyenne de 8284$, les droits de scolarité moyens des étudiants néo-brunswickois à temps plein de premier cycle sont parmi les plus élevés à travers le pays.

De nouvelles données de l’enquête Frais de scolarité et de subsistance révèlent l’ampleur de l’inflation qui touche les étudiants de niveau postsecondaire à temps plein, indique Statistique Canada dans une étude publiée mercredi.

L’agence fédérale de la statistique évalue qu’il en coûte en moyenne 6834$ pour une année d’études de premier cycle dans les institutions d’enseignement au Canada en 2022-2023.

La Nouvelle-Écosse (9328$) et la Saskatchewan (8854$) affichent toutefois des droits de scolarité moyens encore plus élevés que ceux imposés au Nouveau-Brunswick.

Sans grande surprise, l’étude révèle que c’est au Québec où les études de premier cycle sont les moins dispendieuses avec une moyenne de frais de scolarité qui se situe à 3359$, une facture qui est 60% moindre par rapport à celle au Nouveau-Brunswick.

Questionnées par l’Acadie Nouvelle, les deux principales institutions d’enseignement de la province estiment qu’il est faux de prétendre que les étudiants néo-brunswickois doivent essuyer des frais de scolarité qui sont relativement élevés.

L’Université de Moncton a mis en lumière des données de la Commission de l’enseignement supérieur des provinces maritimes où elle se classe deuxième pour les droits de scolarité des étudiants canadiens et internationaux.

«Malgré nos défis financiers, nous priorisons toujours l’accès aux études universitaires en offrant les droits de scolarité les plus bas dans les universités publiques du Nouveau-Brunswick ainsi que dans les autres provinces maritimes», a souligné Gabriel Cormier, le vice-recteur à l’administration et aux ressources humaines de l’Université de Moncton.

«La perception au sein de la population étudiante est un peu différente. Pour elle, il s’avère que les études postsecondaires sont dispendieuses au Nouveau-Brunswick», a rétorqué Jean-Sébastien Léger, qui est le président de la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM).

«La différence des frais de scolarité entre certaines provinces est importante», a ajouté le leader étudiant.

Selon lui, il faut regarder bien au-delà des simples frais de scolarité pour établir ce qu’il en coûte véritablement pour étudier au Nouveau-Brunswick.

«Ce n’est qu’une simple composante des frais universitaires, il faut aussi considérer le coût du logement qui s’est enflammé depuis deux ans et l’inflation qui a fait bondir le prix du panier d’épicerie et du transport. Ce sont des freins à l’accessibilité à des études postsecondaires», a affirmé Jean-Sébastien Léger.

La direction du CCNB estime elle aussi que les frais de scolarité imposés à ses étudiants sont représentatifs des connaissances et des diplômes pouvant être acquis à l’intérieur de ses murs.

Une vérification effectuée par l’Acadie Nouvelle permet toutefois de constater qu’il y a des différences notables dans certaines formations offertes tant au Nouveau-Brunswick qu’au Québec.

Les frais de scolarité du programme de formation en thérapie respiratoire offert par le CCNB à Dieppe se détaillent à 3380$ par année, en plus de frais comme les cotisations étudiantes, les manuels scolaires et certains frais technologiques.

Dans les cégeps du Québec, le programme de techniques d’inhalothérapie est offert sans droits de scolarité comme tels, à l’exception de certains frais comme ceux imposés dans les CCNB et qui avoisinent 800$ annuellement.

«C’est là qu’on voit qu’il y a une différence énorme dans les investissements en éducation postsecondaire entre le Québec et le Nouveau-Brunswick, où il ne semble pas y avoir un gros appétit pour les investissements dans les collèges et les universités», a souligné le président de la FÉÉCUM.

La direction du CCNB a bien pris soin de mettre en lumière le fait que des collèges francophones ontariens d’importance comme la Cité collégiale et le Collège Boréal proposent des programmes de formation dont les frais de scolarité sont supérieurs à ceux du CCNB.

«Des études socio-économiques démontrent clairement que des études au CCNB représentent un bon investissement pour un étudiant. Ce n’est pas gratuit, mais on parle d’un retour d’environ 5.50$ pour chaque dollar investi dans des études», a indiqué Pierre Zundel, le président-directeur général du CCNB.

Si l’étude de Statistique Canada révèle que les droits de scolarité moyens des étudiants néo-brunswickois de premier cycle sont parmi les plus élevés à travers le pays, elle témoigne aussi du fait que la province fait bonne figure par rapport au reste du Canada lorsqu’il est question des frais imposés aux étudiants étrangers et pour les études de cycles supérieurs.

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