Chacun des deux réseaux de santé disposait autrefois de 40 infirmières formées à examiner les victimes de viol. Vitalité n’en a maintenant plus que 14, et Horizon en a 26. Des députés ont exprimé leurs inquiétudes, jeudi, à l’Assemblée.

Les dirigeants de Vitalité et d’Horizon ont fait face à une multitude de questions en lien avec les soins aux victimes de viol au comité des comptes publics de l’Assemblée législative, jeudi.

Ces services se sont retrouvés dans l’actualité après qu’une victime de viol a été refoulée à l’Hôpital régional Dr. Everett Chalmers à Fredericton le mois dernier, un hôpital géré par le Réseau de santé Horizon.

La victime a finalement pu obtenir de l’aide après avoir appelé la police.

Selon la Dre France Desrosiers, PDG du Réseau de santé Vitalité, le nombre d’infirmières examinatrices des cas d’agression sexuelle (SANE, pour Sexual Assault Nurse Examiner) a chuté de 40 à 14 depuis 2015.

Le réseau a perdu des infirmières formées à répondre aux agressions sexuelles en raison de départs à la retraite, de congés de maternité et de défis de formation pendant la pandémie.

La PDG veut rassurer la population: ces infirmières travaillent sur appel, et peuvent se déplacer pour répondre à différentes situations. Elle affirme aussi que malgré la perte de personnel, les 14 infirmières continuent de travailler sans interruption de service.

«Ce ne sont pas les patients qui se déplacent vers nos infirmières, mais les infirmières qui se déplacent vers nos patients. Elles couvrent un grand territoire, elles couvrent même parfois plus d’une zone. C’est ce qui fait qu’on est capables d’offrir un service 24/7 pour notre patientèle», dit la PDG.

Ces infirmières ne couvrent pas la région de Moncton. C’est le Réseau de santé Horizon qui offre le programme des infirmières examinatrices des cas d’agression sexuelle dans cette région.

Les 14 infirmières SANE du Réseau de santé Vitalité couvrent plutôt les zones de santé 4, 5 et 6, soit le Madawaska et le Nord-Ouest, le Restigouche ainsi que la région Chaleur et de la Péninsule acadienne.

Selon des chiffres du ministère de la Santé cités par la députée Megan Mitton, Horizon disposait aussi de 40 infirmières SANE en avril 2021, mais n’en a maintenant que 26.

La PDG par intérim de Horizon, Margaret Melanson, dit qu’elle croit que ce programme a sans doute été affecté par le nombre de personnes qui ont quitté la profession infirmière de façon générale.

Le député Jean-Claude D’Amours a exprimé des inquiétudes face à la diminution du nombre d’infirmières SANE au sein du Réseau de santé Vitalité.

«Je trouve qu’à 14, quand on était à 40, on joue avec le feu, surtout avec des défis au niveau des ressources humaines», dit le député Jean-Claude D’Amours.

La députée Andrea Anderson Mason réclamé de la prudence dans la discussion au sujet des soins aux victimes de viol en ajoutant que bon nombre de ces victimes ne signalent pas leur agression. Elle les exhorte à obtenir de l’aide malgré la couverture médiatique du système de santé.

«Quand on utilise des termes comme “jouer avec le feu”, ça évoque une idée dans la tête des gens que si elles sont une victime de viol, elles ne devraient pas aller plus loin dans le processus parce que le système pourrait ne pas être disponible. C’est le contraire de ce qu’on veut faire.»

Défis de ressources humaines

La Dre France Desrosiers reconnaît que la situation n’est pas idéale. Elle affirme aussi que le manque de ressources humaines pose de graves problèmes dans d’autres unités essentielles.

«On était déjà bien au courant des faits avant l’incident malheureux qui s’est produit la semaine dernière. Évidemment il y a des défis de ressources humaines partout, il y a d’autres unités qui sont en grand péril et qui sont des unités extrêmement importantes pour la survie des patients.»

La PDG affirme que le programme d’infirmières SANE fait partie des priorités de recrutement du réseau.

Le Réseau de santé Vitalité a perdu 499 travailleurs qui ont fait leur départ de façon volontaire en 2021-2022. Parmi ces travailleurs, 152 étaient des infirmières.

Dre France Desrosiers affirme que ces infirmières ont quitté leur travail en raison de la difficulté de prendre des vacances l’été, du manque de soutien pendant le travail, ainsi qu’en raison de la trop grande charge de travail.

Le mois dernier, Vitalité annonçait l’embauche de 385 nouvelles infirmières depuis le début de 2022.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle