Le projet de réfection de la centrale hydroélectrique de Mactaquac coûtera des milliards aux contribuables. Énergie NB a récemment entrepris une révision de l’ampleur du projet, selon un sous-ministre.

Ce projet coûteux doit débuter d’ici 2027 pour permettre de prolonger l’utilisation de la centrale jusqu’en 2068. Ces installations produisent environ 12% de l’énergie utilisée par les ménages de la province.

L’ampleur du projet fait maintenant l’objet d’une réévaluation par Énergie NB, d’après Tom Macfarlane, sous-ministre des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie.

Le sous-ministre était de passage au comité permanent des comptes publics, la semaine dernière, pour répondre aux questions des députés à Fredericton.

«Est-ce que la portée (du projet) est la bonne? Est-ce qu’elle peut être resserrée?»

Les estimations de coût du projet ont varié au fil des années, mais elles se trouvent généralement au-dessus de 2,5 milliards $.

Le sous-ministre a expliqué que l’examen stratégique entamé par la firme Price Waterhouse Canada, destiné à améliorer la structure de coûts actuelle d’Énergie NB et à lui permettre de s’attaquer à sa dette de près de 5 milliards $, a aussi provoqué une réévaluation de ce projet.

«Il y a une réévaluation en cours en raison de certains des changements, mais une chose est certaine: quelque chose doit être fait à Mactaquac. Ce n’est pas une question de “pouvons-nous le faire?”, c’est une question de “quelle portée est raisonnable pour l’environnement d’aujourd’hui”?»

L’examen stratégique a été commandé par Énergie NB lors du renvoi de son ancien PDG, Keith Cronkhite, en juillet.

La réévaluation du projet de la centrale de Mactaquac a aussi occasionné un léger retard dans son échéancier, selon le ministre. Le cabinet devrait tout de même recevoir les plans du projet d’ici la fin automne.

Énergie NB n’a pas fourni une entrevue à l’Acadie Nouvelle pour fournir des détails sur cette révision.

Marc Belliveau, porte-parole de la société de la Couronne, explique toutefois que le projet de réfection de la centrale fait partie d’un certain nombre de projets et d’activités d’exploitation qui sont en cours de révision.

«D’autres décisions concernant Mactaquac seront disponibles au cours des prochains mois. La réévaluation tiendra compte des coûts totaux du projet, de la portée des dépenses et du calendrier des dépenses.»

Le rôle de la Commission est considérablement restreint

La Commission de l’énergie et des services publics (CESP) est un organisme indépendant qui est chargé d’évaluer les augmentations de tarifs d’Énergie NB et d’autres fournisseurs d’énergie.

Elle doit également émettre un jugement sur les projets d’immobilisations de 50 millions $ ou plus.

Mais à la fin de l’an dernier, le gouvernement Higgs a adopté un projet de loi pour libérer le projet de Mactaquac de cette exigence. Seul le cabinet a donc le pouvoir d’approuver les dépenses liées au projet, sans qu’Énergie NB ne doive justifier ces dépenses à la Commission.

«Notre rôle a été réduit considérablement», a affirmé François Beaulieu, PDG de la CESP, lors d’une comparution en comité il y a deux semaines.

M. Macfarlane a affirmé que la CESP sera tout de même incluse dans le processus, et qu’elle pourra examiner le coût du projet ainsi que certains autres éléments. Mais il affirme que le gouvernement veut d’abord voir une proposition de projet.

«Une fois que nous aurons une meilleure compréhension du projet, nous discuterons avec la commission de ce que nous anticipons que leur rôle sera, et de ce que nous croyons que leur rôle pourra être.»

Selon le député libéral René Legacy, le processus d’approbation manque de rigueur.

«C’est trop un gros montant pour ne pas avoir prédéterminé toutes les étapes. Que ça finisse par être un différent montant, peu importe, c’est trop un gros projet pour être rendu à l’automne sans savoir quel est le processus d’approbation.»

Il affirme qu’il s’inquiète aussi du rôle réduit de la Commission dans cette affaire, puisqu’elle sert normalement de chien de garde pour les contribuables.

«Le sous-ministre ne semblait pas encore avoir d’idée comment ils seraient impliqués. On a fait un projet de loi, on nous dit qu’ils vont être impliqués, et à minuit moins cinq, on ne sait pas encore comment ils vont être impliqués. Indépendamment de ce que va être l’étendue du projet, le processus de décision devrait déjà être (déterminé)», estime le député.

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