Fière de sa progression à la suite de son entraînement intensif à Québec l’an dernier, la patineuse de vitesse Courtney Charlong a décidé de récidiver. Celle-ci avait toutefois une condition: pouvoir terminer son secondaire à titre d’élève de la polyvalente Roland-Pépin.

Jeune espoir néo-brunswickois en patinage de vitesse, Courtney Charlong est déjà remontée sur ses patins. Lundi, elle n’avait pas classe en raison du congé décrété pour les funérailles de la reine Élisabeth II. Elle n’avait toutefois pas congé d’entraînement.

Celle-ci s’entraîne en effet depuis une semaine sur la glace du Centre Gaétan Boucher à Québec. C’est la seconde fois en autant d’années que l’athlète de Campbellton s’expatrie de la sorte afin de se perfectionner.

L’automne dernier, alors que la pandémie battait son plein, la jeune Restigouchoise avait choisi de quitter le nid familial afin de poursuivre sa progression sur glace dans un environnement spécialisé. Le choix s’est avéré payant. Courtney a brillé lors de la Coupe Canada Juniors (trois premières places) en plus de terminer en tête du classement canadien dans sa catégorie d’âge.

L’éloignement n’est par contre pas toujours facile. Âgée de 15 ans – 16 le mois prochain -, Courtney a voulu mettre toutes les chances de son côté afin de conserver le moral. À commencer par son environnement scolaire.

Courtney Charlong (photo) s’entraîne depuis l’an dernier au Centre de glaces Gaétan Boucher de Québec. Elle demeure malgré la distance une fière élève de la polyvalente Roland-Pépin de Campbellton.

Elle aurait pu choisir de poursuivre ses études dans un établissement de la capitale québécoise, mais elle a préféré demeurer avec la polyvalente Roland-Pépin.

«Avec toutes les années que j’ai passées dans le système scolaire au Nouveau-Brunswick, je trouvais dommage de le quitter alors que la fin approche», raconte l’élève qui vient d’entamer sa 11e année.

«Je veux pouvoir vivre ces deux dernières années scolaires avec et en même temps que mes amis. Ça ne me disait pas de recommencer à zéro avec un nouveau groupe, avec d’autres personnes. Et en plus, le système au Québec est différent au niveau des années scolaires. C’était donc plus simple et plus avantageux de poursuivre avec la PRP», ajoute-t-elle.

À distance

Partie pour Québec à la mi-août, Courtney est revenue à Campbellton afin de vivre sa première semaine d’école en présentiel, question de rencontrer son équipe d’enseignants et de revoir ses amis.

De retour dans la capitale depuis une semaine, l’école se fait par le biais de la visioconférence et ses devoirs sont téléversés dans le logiciel Teams, deux méthodes avec lesquelles élèves et enseignants ont dû apprendre à maîtriser l’an dernier lors des éclosions de COVID-19 (enseignement hybride).

«Mes entraînements (de patinage) sont surtout le matin, alors je manque parfois des cours. Je me reprends plus tard en journée ou en semaine. Ce n’est pas toujours évident de garder le rythme, mais les enseignants sont flexibles. Je peux assister aux cours, sinon ils m’appellent par la suite pour me partager les apprentissages ou ils m’écrivent les tâches à faire. Je peux compter sur eux et sur mes collègues de ma classe si jamais j’ai besoin de plus d’explications», souligne-t-elle.

Appui scolaire

À la polyvalent Roland-Pépin, on ne perçoit pas cette attention envers Courtney comme étant une faveur ou un accommodement, mais davantage comme un appui, un soutien envers elle et son rêve.

«On croit qu’il est important, dans notre mission éducative, d’aller au-delà des matières scolaires afin de permettre aux élèves d’atteindre leur plein potentiel. Dans ce cas-ci, Courtney a des objectifs précis en tête. Ça nous apparaissait naturel de faire tout en notre pouvoir pour l’accompagner et lui faciliter la tâche afin qu’elle puisse se concentrer également sur le patinage», explique Ginette Noël-Thériault, directrice par intérim de la PRP, avouant être particulièrement émue par l’attachement de Courtney à son établissement scolaire et à sa région.

«Elle souhaitait vraiment demeurer une apprenante de la PRP, et c’est très touchant. Ça nous fait chaud au cœur de savoir que c’est important pour elle, tout comme ce l’est pour nous aujourd’hui de la soutenir. On est très fier de notre championne, elle est un très beau modèle pour nos élèves», dit-elle.

Héritage pandémique

Selon Mme Noël-Thériault, l’expérience à distance fonctionne parfaitement bien jusqu’à présent. Il faut dire que celle-ci a pu être testée pendant quelques mois lors de l’année scolaire précédente. D’ailleurs, ce projet n’aurait probablement pas pu voir le jour sans la pandémie de COVID-19 qui a forcé les écoles à faire un virage virtuel.

«Quand on dit que la pandémie n’a pas eu que du mauvais, l’accès et l’apprentissage de la technologie en est la preuve. Ça nous a forcés à faire les choses différemment et ça nous a donné de nouveaux outils. Rien ne remplace l’enseignement face à face, mais dans des situations comme celle-ci, on met ces acquis en pratique», souligne-t-elle, mentionnant néanmoins que la clé du succès demeure l’implication de l’élève.

«Ce n’est pas fait pour tous les élèves. Il faut être très engagée au niveau de son éducation, posséder un sens accru des responsabilités ainsi qu’une éthique de travail exemplaire», indique Mme Noël-Thériault.

Nécessité

Mais partir s’entraîner au Québec était-il vraiment essentiel?

Au dire de la patineuse, il s’agit d’une étape cruciale pour son développement athlétique.

«Au Restigouche, j’avais accès à une heure sur la glace chaque semaine. Ici, on s’entraîne en général entre 1h30 et 2h chaque jour, six jours par semaine. La différence est énorme. En plus, j’ai accès à des entraîneurs vraiment spécialisés dans le domaine et à tout ce dont j’ai besoin pour m’entraîner hors glace. Donc en somme, si je voulais continuer le patin et espérer m’améliorer, le choix était évident», dit-elle.

En pleine forme à l’heure actuelle, Courtney devrait reprendre la compétition très prochainement, dans deux semaines plus précisément.

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