En aidant les victimes de violence familiale à évacuer leur domicile, les déménageurs bénévoles de Transit Secours entendent lever l’un des obstacles auxquels font face celles qui tentent de fuir leur agresseur. L’organisme est en bonne voie d’établir son premier chapitre au Nouveau-Brunswick, dans la région de Moncton.

Transit Secours offre un service gratuit de déménagement et d’entreposage à celles et ceux qui quittent un conjoint violent. L’organisme, qui compte près de 2000 bénévoles à Toronto, Ottawa, Halifax, Montréal, Waterloo et Vancouver, se prépare à étendre ses activités dans le Grand Moncton à partir de cet automne.

Renée Charron, chargée d’organiser l’expansion des activités dans la région, souhaite voir des premiers déménagements d’ici la mi-novembre. Pour ce faire, il lui faudra amasser davantage de dons et obtenir l’aide financière qu’il espère recevoir de la part de la Ville de Moncton.

Les clients seront référés par YWCA Moncton, Carrefour pour femmes, et le refuge Harvest House Atlantic, avec qui ont été établis des partenariats. La victime sera dirigée, avec ses enfants si elle en a, vers un refuge ou un autre endroit sécuritaire. Ses biens sont entreposés gratuitement jusqu’à ce qu’elle trouve un autre logement.

«On vise d’abord huit à dix déménagements par mois avant d’augmenter ce nombre. Les trois organisations avec lesquelles nous débutons ont estimé leurs besoins à 25 déménagements par mois», indique Renée Charron.

«Cela devrait les soulager et les aider à se concentrer sur leur mission.»

Renée Charron espère qu’un nombre croissant de victimes pourront bénéficier des services de Transit Secours. – Acadie Nouvelle: Simon Delattre

Cet accompagnement est d’autant plus indispensable à ses yeux que le risque d’homicide entre partenaires intimes monte en flèche lorsque la victime tente de quitter son conjoint. Cette main tendue permet aussi de réduire l’insécurité financière qui donne souvent aux femmes l’impression qu’elles n’ont d’autre choix que de rester avec leurs agresseurs.

«On offre un soutien émotionnel. Les survivants se retrouvent souvent isolés de la communauté, ça donne du pouvoir aux femmes de savoir que quatre personnes avec des cartons sont là pour elles», mentionne la coordinatrice.

«On les aide à passer à la prochaine étape de leur parcours vers une vie sans violence.»

Si la situation l’exige, les déménageurs seront accompagnés d’agents de sécurité. Si le niveau de risque est jugé très élevé, la GRC pourrait être appelée en renfort.

«La plupart de nos déménagements sont planifiés une semaine ou deux à l’avance mais on a eu des cas où l’agresseur est au travail et on a quatre heures pour le faire», explique Renée Charron.

Elle espère que le service pourra être étendu à un grand nombre de communautés dans la région. Le besoin est extrêmement élevé, souligne-t-elle, car le Nouveau-Brunswick compte le taux d’affaires de violence entre partenaires intimes le plus élevé à l’est du pays.

Les bénévoles devront se soumettre à un examen de leurs antécédents judiciaires et suivre une formation. Une vingtaine de résidents ont déjà complété ce processus, et une soixantaine d’autres ont fait part de leur intérêt.

Plusieurs entreprises se sont déjà engagées à soutenir le projet: U-Haul proposera une location de véhicules à prix réduit, AppleSelfStorage mettra à disposition quelques entrepôts et Shadow Security offrira gratuitement un service de garde de sécurité.

De 1999 à 2018, 52 meurtres liés à la violence familiale ont été recensés au Nouveau-Brunswick.

En 2019, 2149 cas de violence conjugale ont été rapportés par les services de police à travers la province selon Statistique Canada. Ces données restent incomplètes puisqu’elles n’incluent pas la force policière de Saint-Jean.

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