La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, le 30 septembre, sera finalement un congé férié pour les fonctionnaires provinciaux. Les écoles seront également fermées. Cette journée commémore les victimes et les survivants des pensionnats autochtones.

Jeudi, le N.-B. a emboîté le pas au gouvernement fédéral en reconnaissant la Journée internationale de la vérité et de la réconciliation comme congé férié.

Le congé sera optionnel pour les entreprises du secteur privé, comme ce fût le cas lundi lors du congé décrété par le gouvernement provincial pour les funérailles de la reine Elisabeth II.

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation a pour but de rendre hommage aux survivants des pensionnats pour Autochtones et de reconnaître que l’héritage colonial perdure.

Le gouvernement fédéral a reconnu le 30 septembre comme journée fériée en 2021, et des provinces ont fait de même à leur tour, y compris toutes les autres provinces de l’Atlantique. Il s’agit de l’appel à l’action 80 de la Commission de vérité et réconciliation.

Plusieurs municipalités comme Bathurst, Moncton, Campbellton, Dieppe ou Caraquet et des institutions comme l’Université de Moncton ou le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick avaient imité le gouvernement fédéral en déclarant le 30 septembre un jour de congé pour leurs employés.

La province du Nouveau-Brunswick avait toutefois fait bande à part jusqu’à récemment.

«Le 30 septembre, j’invite tous les gens du Nouveau-Brunswick à prendre un moment pour s’arrêter et réfléchir à ce que chacun de nous peut faire à titre personnel pour faire progresser la réconciliation», mentionne le premier ministre Blaine Higgs dans un communiqué diffusé jeudi, en fin d’après-midi.

«Je suis honorée de voir le gouvernement du Nouveau-Brunswick franchir cette étape importante dans le cadre du processus de réconciliation», a dit la ministre Arlene Dunn par voie de communiqué, jeudi.

En juin 2022, son gouvernement a dilué une motion du Parti vert visant à reconnaître la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Les progressistes-conservateurs ont amendé une motion du chef du Parti vert, David Coon, pour effacer les mots «territoires non cédés» et les remplacer par «territoires historiques», ce qui avait suscité la colère de chefs autochtones.

Le premier ministre Higgs a affirmé que le gouvernement a amendé cette motion à cause d’un litige qui oppose le gouvernement à des chefs autochtones sur la question de l’existence de titres ancestraux sur les terres du N.-B.

La motion amendée par la ministre des Affaires autochtones, Arlene Dunn, mentionnait également les dommages intergénérationnels causés par les pensionnats autochtones en notant qu’aucune de ces écoles n’a existé au Nouveau-Brunswick.

La motion omettait toutefois des écoles de jour qui visaient également à assimiler les enfants autochtones telles que la Sussex Vale Indian School, établie à la fin du 18e siècle.

Le gouvernement a malgré tout reconnu la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation lorsqu’il a adopté cette motion, mais n’en a pas pour autant fait une journée fériée.

«C’est à considérer, il n’y a pas eu de décision sur comment cela pourrait fonctionner», avait affirmé Higgs en juin dernier lorsqu’on lui avait demandé si le 30 septembre serait un congé férié.

Les chefs de différentes communautés autochtones ont réagi à la nouvelle jeudi.

«Il a fallu un an au gouvernement Higgs pour réaliser qu’ils sont dans l’erreur. Nous sommes heureux qu’ils se soient rendus à la raison», indiquent les chefs Wolastoqey par voie de communiqué.

Ils rappellent que les pensionnats ont séparé les enfants autochtones de leurs parents pour éliminer leur culture et leur langue.

Ils invitent les gens à porter un chandail orange le 30 septembre en appui aux familles des victimes et des survivants.

Les chefs mi’kmaqs ont rappelé que cette journée sert à honorer les victimes et survivants des écoles de jour au Nouveau-Brunswick ainsi que du pensionnat de Shubenacadie, en Nouvelle-Écosse.

«Il n’est pas un secret que nos rapports avec le gouvernement sont tendus. Reconnaître cette Journée ne règle pas nos différends avec le gouvernement, mais c’est un pas dans la bonne direction.»

 

  • Avec la contribution du journaliste Simon Delattre.

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