Le gouvernement Higgs présente la feuille de route qui guidera la transition énergétique de la province dans les années à venir. Le chantier sera immense pour atteindre le seuil de zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050.

La neutralité carbone implique un équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption du carbone de l’atmosphère par les puits de carbone. Le gouvernement néo-brunswickois espère y parvenir au cours des trois prochaines décennies.

Son nouveau plan d’action pour 2022-2027 reprend les conclusions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, pour qui «les changements climatiques d’origine humaine provoquent désormais des perturbations dangereuses et généralisées dans la nature et dans la vie quotidienne des populations du monde entier.»

«Il n’a jamais été aussi clair que, pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C et prévenir les répercussions les plus catastrophiques des changements climatiques, le Nouveau-Brunswick doit faire davantage pour contribuer aux efforts mondiaux de lutte contre les impacts des changements climatiques et accélérer notre transition vers une économie à faible émission de carbone», peut-on lire dans le rapport publié mercredi.

La province promet d’élaborer d’ici 2035 un plan détaillé menant à la carboneutralité et une stratégie sur l’électricité propre afin de parvenir à des émissions nettes nulles d’ici 2035, comme s’est engagé à le faire le gouvernement fédéral. Louise Comeau, directrice du climat et de l’énergie au Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, souhaiterait voir cela aboutir bien plus tôt.

Elle attend aussi avec impatience que la province dévoile son nouveau plan de lutte contre les émissions de carbone. Celui-ci a été transmis au gouvernement fédéral plus tôt ce mois-ci mais n’a pas encore été rendu public.

Le plan d’action n’offre pas plus de détails, mais mentionne que la formule de taxation devra aider les entreprises «à rester compétitives sur les marchés d’exportation».

«Nous avons besoin de tirer suffisamment de revenus pour financer tous les investissements nécessaires dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique des bâtiments ou les véhicules électriques», plaide plutôt Louise Comeau.

Le plan traite aussi de la question du transport qui représente 26% des émissions de la province. Il se donne l’ambition que les véhicules électriques représentent 6% des ventes de nouveaux véhicules légers d’ici 2025 et 50% d’ici 2030. Il prévoit aussi la mise en œuvre de plans de transport communautaire pour chaque région d’ici 2025.

«Le Nouveau-Brunswick obtiendra les réductions les plus importantes en réduisant sa dépendance à l’égard des véhicules personnels, en continuant à soutenir l’adoption de véhicules électriques et en utilisant d’autres moyens de transport», indique-t-on dans le document.

Sur le plan du logement, on souhaite travailler à éliminer l’utilisation du mazout dans tous les bâtiments et «élargir la portée des initiatives d’efficacité énergétique», notamment en améliorant l’accès aux programmes pour les familles à revenus modérés.

Certains objectifs sont plus flous. La province s’engage à «soutenir la transition de la grande industrie existante vers un avenir net zéro» sans préciser de cibles ou de nouvelles mesures concrètes. Or l’activité industrielle représente pas moins de 34% des émissions actuelles.

Parmi les nombreuses autres mesures programmées figurent l’évaluation du stock de carbone des forêts et terres humides, la création de programmes de formation liés à la construction écoénergétique, le soutien aux projets de captation du méthane dans les décharges ou encore un nouvel agrandissement des zones protégées.

L’heure est au passage à l’acte

Le gouvernement estime qu’une fois tout ceci mis en oeuvre, les émissions totales du Nouveau-Brunswick pourraient se situer entre 8,73 et 9,54 mégatonnes en 2030 (contre 12,4 Mt en 2020) et que la province «serait en bonne voie de respecter l’engagement provincial de carboneutralité pour 2050».

Louise Comeau se dit encouragée par le plan d’action dans son ensemble, qu’elle juge plus précis que le précédent. Elle note toutefois que les réductions d’émissions réalisées par la province jusqu’à présent provenaient davantage de la fermeture de sites industriels que de politiques environnementales ambitieuses. «Ce plan est un pas de l’avant, mais ce seront les prochains pas qui compteront vraiment, je veux voir ce que fera le gouvernement pour le mettre en oeuvre.»

«Je pense que les Néo-Brunswickois et les Néo-Brunswickoises ressentent maintenant l’urgence d’agir et attendent de leur gouvernement des actions ambitieuses», estime de son côté Megan Mitton, députée provinciale du Parti vert.

L’élue de Memramcook-Tantramar souhaite des investissements massifs pour aider les propriétaires de système de chauffage au mazout à convertir leurs appareils et réduire les coûts d’installation de thermopompes. «On a une crise climatique mais aussi une crise de l’abordabilité. Il faut aider les citoyens à faire face aux coûts associés au chauffage pendant l’hiver.»

Elle rappelle également que certains engagements du plan précédent n’ont toujours pas été respectés, comme celui d’établir un comité du cabinet présidé par le premier ministre qui se consacrerait uniquement à la question des changements climatiques.

«Je n’ai pas vu de leadership de la part du premier ministre sur ce dossier, je n’ai pas vu la volonté politique de faire ce qu’il faut», lance Megan Mitton. «On n’a pas beaucoup de temps pour changer beaucoup de choses.»

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