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Un livre racontant l’histoire de la région de Kent verra le jour au printemps prochain. Il sera disponible à temps pour la rentrée scolaire de 2023.

«Enfin on va accoucher de notre projet de quatre ans», lance le directeur général de la Commission de services régionaux (CSR) de Kent, Paul Lang.

Selon lui, le District scolaire francophone Sud achètera 150 exemplaires du livre, tandis que le réseau des bibliothèques publiques du Nouveau-Brunswick en veut 40 copies.

Au total, 500 exemplaires en français et 300 en anglais seront imprimés. Le livre de 250 à 300 pages devrait se vendre à 34,95$ l’unité.

Ce projet est une collaboration de la CSR de Kent et de l’Institut d’études acadiennes de l’Université de Moncton.

Des recherches historiques, entrevues et l’écriture du livre ont été menées par des historiens et sociologues de l’Institut d’études acadiennes.

«Les historiens et les sociologues à l’Université de Moncton ont remarqué que l’histoire du comté va au-delà de seulement la toponymie», explique le directeur de la CSR. Il y a des histoires très intéressantes. Donc, on a développé un livre sur l’histoire du comté, plutôt que seulement la toponymie.»

D’après le DG, le livre passe à travers chaque communauté, et parlera des personnalités importantes qui ont influencé la collectivité.

Il fait remarquer que deux thématiques parmi d’autres apparaîtront dans le livre: l’une portant sur la contrebande d’alcool et la deuxième sur le rôle de soldats de la région de Kent durant les guerres.

«On a quand même gardé une saveur toponymique», tient à préciser le représentant de la CSR de Kent au sujet des noms d’origines des communautés.

C’est le sociologue de formation et professeur adjoint de sociologie à l’Université de Moncton, Mathieu Wade, qui pilote le projet. Il affirme que lui et son équipe voulaient contribuer académiquement au projet, mais sans vouloir entrer dans un jargon particulier.

«On voulait que ce soit accessible à monsieur et madame tout le monde. On essaie de le faire avec un style narratif assez clair, mais qui apporte quand même un éclairage appuyé pour essayer de retracer l’histoire d’un comté», explique-t-il.

Les universitaires voulaient aussi le rendre accessible aux écoles.

«On s’est dit que ça pourrait être un bon outil pédagogique pour parler de la région», affirme le pilote du projet.

«On a voulu essayer de comprendre comment des communautés en sont venues à coexister, et le comté de Kent était vraiment intéressant parce que c’est un microcosme de la province où l’on a les Mi’kmaqs, une présence acadienne assez forte, mais tout un héritage colonial anglais qui s’est implanté aussi. On a voulu se servir de ce comté-là pour raconter l’histoire de notre province, mais à partir d’un cas particulier», illustre le sociologue.

Au début, la commande était de faire la recension de tous les toponymes dans le comté, et essayer d’expliquer l’origine des noms.

«En faisant ça, on s’est rendu compte qu’on avait recensé 300 toponymes pour un comté qui a une population d’environ 30 000 habitants. Ça fait un toponyme par 100 habitants», commente le professeur d’université.

Selon Mathieu Wade, le volume comprend également une histoire plus générale du comté, des origines jusqu’à aujourd’hui.

«On a fait des études plus thématiques pour essayer de creuser certains aspects. Il y a un chapitre sur la contrebande d’alcool, du fait que c’est un comté en bord de mer. Cela a aussi marqué l’imaginaire populaire», dit-il en référence à l’histoire du revenant de Richibucto.

Il y a également un chapitre portant sur les femmes des années 20.

«On essaie de montrer comment les femmes étaient assez mobiles. Elles partaient pour des durées indéterminées, avaient des petites carrières. Elles revenaient et fondaient une famille. On essaie de retracer ces parcours», avise Mathieu Wade.

L’accent a été mis également sur les peuples autochtones.

«La création des réserves, les relations tendues, l’héritage colonial, on s’est dit que ça pourrait bien servir dans l’esprit de vérité et de réconciliation qui est assez présent dans la société en général», admet le sociologue.

«Tout de suite, le livre est envoyé à l’éditeur. Il va paraître vraisemblablement au printemps, en français. On voulait faire un lancement en français et en anglais, conjointement, mais pour des raisons de financement et de logistique, on va y aller avec la version française d’abord», affirme Mathieu Wade.

Le livre tiendra compte également de la nouvelle réalité avec la réforme de la gouvernance locale.

«Au moment où on s’apprêtait à envoyer le manuscrit révisé dans sa version finale à l’éditeur, la réforme a suivi son cours et on a eu les délimitations et les noms des nouvelles localités. Donc on a pu ajouter ces éléments-là», confirme le sociologue.

Le professeur fait remarquer que le comté de Kent se démarque des autres régions de la province.

«C’était de loin le comté avec la plus forte proportion de DSL et la plus forte population qui habitait dans les DSL. C’était le territoire le moins municipalisé de la province», atteste-t-il.

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