S’approvisionner en munition est devenu un véritable défi pour les amateurs de chasse ou les membres de club de tir.

«La pénurie de munitions est bel et bien réelle. On la vit depuis quelques années déjà, mais ça ne cesse d’empirer. En fait, c’est pire que ça n’a jamais été.»

Propriétaire du Canadian Tire d’Atholville, Pierre Girard confirme sans hésitation qu’il est de plus en plus ardu de mettre la main sur des balles d’arme à feu. Et tous les calibres y passent. La cartouche de 30-06 pour le gros gibier, la 410 pour le plus petit, même la populaire 22.

Les fournisseurs ne parviennent tout simplement pas à répondre à la demande.

Selon la théorie du commerçant, les différents conflits armés ayant cours un peu partout sur la planète seraient l’une des principales causes de ce manque de disponibilité de munitions. Il serait du coup plus payant de produire des balles pour alimenter ces conflits que pour fournir les chasseurs.

«On a de la difficulté à mettre la main sur de l’inventaire. On reçoit ça au compte-goutte, pratiquement une caisse à la fois», témoigne M. Girard.

«C’est vrai ici, mais dans tous les autres Canadian Tire et pratiquement tous les détaillants qui en vendent. J’ai même un confrère qui a une boutique de chasse et pêche dans le coin qui m’a demandé la semaine dernière si je pouvais le dépanner parce qu’il avait écoulé tout son stock, mais je n’avais malheureusement rien en surplus pour lui», ajoute-t-il.

Dans les faits, celui-ci dit rencontrer des problèmes d’approvisionnement dans pratiquement tous ses départements. Cette tendance se faisait déjà ressentir depuis un moment, mais a explosé en 2020 avec la COVID-19, la pénurie de main-d’œuvre et les nombreux problèmes de livraison à l’échelle mondiale.

Selon lui, il n’est pas rare de voir des chasseurs vider les tablettes lors de leur passage dans le rayon des armes. Et comme les difficultés d’approvisionnement ne datent pas d’hier, ceux-ci ont tendance à le faire de plus en plus tôt dans l’année, question de se créer un inventaire.

«Peu importe la période de l’année, dès qu’on reçoit des balles elles partent presque aussitôt. Les amateurs ne veulent pas se faire prendre et arriver à l’automne avec aucune munition pour leurs armes. Car c’est malheureusement arrivé à certains d’eux», dit-il.

Afin de tenter de fournir à la demande, M. Girard dit avoir ouvert la porte à d’autres fournisseurs.

Ceux-ci vendent les munitions un peu plus cher, ce qui diminue sa marge de profit. Mais l’objectif à ce stade est d’abord de pouvoir répondre aux besoins de la clientèle.

Là encore, la problématique de l’approvisionnement est aussi palpable chez eux.

«Ça aide, mais on n’est jamais en mesure d’avoir 100% de ce dont on aurait besoin sur nos tablettes», confie le marchand.

En fait, dans le moment, la meilleure solution pour les chasseurs serait qu’ils fassent mouche du premier coup, donc sans dépenser trop de cartouches.

«Effectivement, c’est le meilleur conseil qu’on peut leur donner. Mieux ils tirent, moins ils auront besoin de munitions», confirme M. Girard à la blague.

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