Les cafétérias des écoles de la province sont aussi durement frappées par l’inflation, une situation qui leur demande de faire preuve d’imagination afin de continuer à offrir des repas aux écoliers à des prix raisonnables.

D’après Statistique Canada, le prix des aliments en épicerie a connu en août une augmentation du prix du panier d’épicerie de 10,8%, la hausse la plus prononcée depuis 1981.

La situation, qui représente un important stress financier pour de nombreux Néo-Brunswickois, se fait aussi sentir dans les écoles de la province.

Selon Marc Pelletier, directeur général du District scolaire francophone Nord-Est (DSF-NE), l’inflation menace la survie de cafétérias de plusieurs petites écoles, déjà mises à rude épreuve depuis le début de la pandémie.

«Ce n’était déjà pas facile avant que l’on subisse l’inflation, se souvient-il. Les deux dernières années et demie n’ont pas été faciles sur nos cafétérias. Exploiter ce genre d’entreprise à l’intérieur de nos écoles en temps de pandémie a été tout un défi du côté de la gestion de l’inventaire et des employés, par exemple. Les cafétérias ont donc été assez éprouvées financièrement.»

Faire preuve de créativité

La situation force plusieurs écoles à innover et faire preuve d’imagination afin qu’elles soient en mesure de continuer à offrir des repas à leurs élèves. La Polyvalente Roland-Pépin, à Campbellton, organise par exemple des ventes de pâtés à la viande dans la communauté afin de financer sa cafétéria, dit M. Pelletier.

La Mosaïque du Nord, à Balmoral, organise elle aussi ce genre de collecte de fonds, explique le directeur de l’école, Shawn Arseneault.

«Depuis un an, avec l’augmentation du prix de la nourriture, les coûts sont très élevés. On a dû réduire le personnel de la cafétéria d’un employé et on doit faire des collectes de fonds pendant l’année pour pallier le manque à gagner et ne pas fermer la cafétéria», dit-il.

Désormais, l’école profite de jours où les enfants ne sont pas à l’école pour cuisiner des repas à vendre en communauté. Une vente de sauce à spaghetti a récemment eu lieu, une initiative qui permettra à l’école de continuer à offrir des repas bon marché aux élèves.

Afin d’aider à maintenira le service de cafétéria le plus abordable possible pour ses élèves, l’école La Mosaïque du Nord effectue à l’occasion des levée de fonds, comme ici avec la vente sa sauce à spaghetti. Sur la photo, le directeur de l’établissement, Shawn Arseneault. – Acadie Nouvelle Jean-François Boisvert

«On essaye d’être innovateur. On n’a pas eu le choix d’introduire un système où les parents commandent et payent les repas en ligne, ça fait gagner du temps étant donné qu’on a maintenant juste deux employés qui travaillent à la cafétéria. Lors des grosses journées, on sert jusqu’à 150 élèves, donc ça fait beaucoup de repas à préparer et à servir en l’espace d’une heure. Ce n’est pas facile avec deux personnes, mais on n’a pas eu le choix. C’était ça ou cesser le service», relate M. Arseneault.

Pour certains établissements scolaires de plus petite taille, le petit nombre d’élèves a déjà contraint certaines directions d’écoles de cesser le service de cafétéria, ajoute Marc Pelletier.

«C’est presque impossible d’atteindre le seuil de rentabilité à moins d’avoir un nombre d’élèves suffisant permettant de faire des économies sur des achats de masse», précise-t-il.

Manque de financement

Au Nouveau-Brunswick, la gestion des programmes de cafétérias dans les écoles publiques relève des districts scolaires. Ils sont tout même encadrés par une politique du ministère de l’Éducation qui stipule notamment que les dîners servis aux élèves doivent comprendre «légumes, fruits, produits de grains entiers, lait ou substituts, et viandes ou substituts.»

«Les écoles s’efforcent de servir des aliments et des boissons qui sont complets, qui ont subi un processus de transformation minimal, et qui sont préparés de façon saine», peut-on lire dans la politique.

Marc Pelletier craint toutefois que l’inflation puisse finir par avoir un impact sur la qualité des repas offerts aux élèves. Si l’on souhaite continuer à offrir des repas sains et abordables aux élèves néo-brunswickois, Fredericton devra peut-être un jour accepter de financer les cafétérias de la province, avance-t-il.

«C’est rendu pratiquement impossible de respecter tout ça à la lettre et de rentabiliser une cafétéria, dit-il. L’ensemble des directeurs généraux soulèvent régulièrement les inquiétudes de financement avec le ministère de l’Éducation, on l’a fait souvent pendant la pandémie et on continue de le faire. Il semble y avoir une certaine écoute de leur part. Mais on est loin d’avoir trouvé une solution et ce ne sera pas demain où un repas sera fourni à tous les élèves de nos écoles, même si ça existe dans certains pays.»

Le District scolaire francophone Sud n’était pas en mesure d’accorder d’interview à ce sujet.

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