Les deux dernières années, faites d’incertitude, de fermetures, d’annulations, de restrictions et de moments d’isolement ont mis le bien-être de la jeunesse à rude épreuve. Le Conseil de la Santé du Nouveau-Brunswick signale une augmentation des symptômes d’anxiété ou de dépression chez les élèves de la province en 2021-2022.

Pas moins de 47,8% des élèves ont rapporté des symptômes d’anxiété, alors qu’ils n’étaient que 32,6% à le faire en 2015-2016. De la même manière, 41,7% des élèves ont signalé des symptômes de dépression.

Ces données alarmantes proviennent d’un questionnaire auquel ont répondu plus de 42 000 élèves de la 6e à la 12e année entre novembre 2021 et janvier 2022. Cela représente 75,6 % des élèves qui fréquentent les 180 écoles publiques de la province.

«Malheureusement, ce n’est pas une surprise, les districts scolaires nous ont mentionné qu’ils constataient une détérioration sur le plan de la santé mentale des jeunes», souligne Stéphane Robichaud, directeur général du Conseil de la santé.

«Je crois qu’il faut prendre au sérieux ce portrait. La pandémie a eu un impact sur nos jeunes, il est important de la reconnaître et de reconnaître le besoin de soutien. Le retour à une certaine normalité, à davantage d’interactions sociales devrait avoir une contribution positive.»

L’organisme de recherche s’inquiète également des répercussions sur les habitudes de vie des élèves.

La sédentarité progresse. Parmi les répondants, seuls 22,2% ont affirmé prendre part à une activité physique quotidienne.

De plus, 69,8% disent ne pas dormir huit heures chaque soir et 89,4% d’entre eux utilisent un appareil électronique avant de se coucher. À l’inverse, 85,5% des élèves dépassaient la limite quotidienne recommandée de deux heures de loisir devant l’écran.

«C’est préoccupant et c’est nouveau, note M. Robichaud. Ça ne fait que quelques années que les écrans et les cellulaires font partie de la vie des jeunes 24h sur 24. C’est un défi auquel notre société doit faire face. Il faut trouver une façon de valoriser le sommeil, car le lien entre le sommeil et la santé mentale est très étroit.»

Sur le plan de l’alimentation, 45,9% des répondants disent manger cinq portions ou plus de légumes ou fruits chaque jour et 68,8% consomment des boissons sucrées. Ils sont 63,8% à ne pas prendre leur déjeuner chaque matin.

Autre constat, seulement 7,4% des élèves qui considèrent que leur genre ne se limite pas exclusivement au genre féminin ou masculin jugent leur santé mentale très bonne ou excellente, contre 40,2 % pour les élèves qui s’identifient au genre masculin ou féminin. Pas moins de 86% d’entre eux ont déclaré avoir ressenti des symptômes d’anxiété ou de dépression au cours des 12 mois précédant le sondage.

Par ailleurs, 46,3% des répondants disent avoir été victimes d’intimidation dans la période de deux mois qui a précédé le sondage.

Seule éclaircie au tableau, le pourcentage d’élèves de la 6e à la 12e année qui fument chaque jour ou à l’occasion a diminué de moitié: de 13,6% en 2018-2019 à 6,2% en 2021-2022. De plus, 17,8% des élèves ont dit boire régulièrement de l’alcool en 2021-2022 (contre 24%), et 15,9% ont dit avoir consommé du cannabis au cours des 12 mois précédant le sondage (contre 20,8% auparavant).

Stéphane Robichaud espère que ces données guideront de nouvelles initiatives visant à prendre soin de la nouvelle génération.

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