La découverte récente de moules zébrées vivantes dans le lac Témiscouata laisse présager le pire pour certains cours d’eau du Nouveau-Brunswick qui pourraient à leur tour être aux prises avec cette espèce envahissante.

L’observation a été faite par l’organisme de bassin versant du fleuve Saint-Jean, à la suite d’une mention citoyenne, et a été confirmée en début de semaine dernière par la Direction de la gestion de la faune du Bas-Saint-Laurent.

Il s’agit de la première mention de cette espèce dans le lac situé dans la région du Bas-Saint-Laurent, à quelques kilomètres seulement de la Ville d’Edmundston.

La présence de cette espèce envahissante est généralement associée à une dégradation de la qualité des habitats aquatiques.

Questionné par l’Acadie Nouvelle, le ministère des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne (MPO) a indiqué que certains efforts visant à détecter la moule zébrée au Nouveau-Brunswick n’ont pas permis de retrouver l’espèce dans les cours d’eau de la province.

«Par contre, il est impossible de confirmer qu’elle soit complètement absente», a toutefois pris soin de souligner Isabelle Comeau, porte-parole du MPO.

Au ministère des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie du Nouveau-Brunswick, l’on indique également qu’aucune moule zébrée n’a été repérée dans la province.

Malgré ces propos rassurants, les spécialistes qui suivent la trace du mollusque originaire d’Europe estiment que sa présence dans le lac Témiscouata est préoccupante, car le lac se déverse dans la rivière Madawaska et, au bout du compte, dans le fleuve Saint-Jean.

«Il y a un risque que des larves de moules zébrées descendent avec les courants et colonisent d’autres parties du bassin, lequel s’étale au Nouveau-Brunswick. Bien que nous ne connaissions toujours pas l’étendue potentielle de la propagation, c’est un enjeu qui demeure préoccupant», a souligné Isabelle Comeau.

«De fortes chances»

Ces propos ont été partagés par l’organisme Bassin versant du fleuve Saint-Jean.

«Il y a de fortes chances que la moule zébrée se propage en aval du bassin versant. En plus, d’après la littérature, il ne semble pas y avoir de mesures d’atténuation applicables à grande échelle», a affirmé Anne Allard-Duchêne, la directrice de l’organisme québécois.

La moule zébrée est l’une des six espèces interdites en vertu du Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes du gouvernement fédéral.

«Elle représente l’une des plus grandes menaces aquatiques envahissantes au Canada. Une fois établies, ces moules envahissantes se multiplient rapidement, et peuvent nuire aux écosystèmes aquatiques du Canada, en modifiant les réseaux alimentaires, en endommageant l’habitat, et en accaparant la nourriture des espèces indigènes», a indiqué Isabelle Comeau.

En réponse à cette menace, le gouvernement du Nouveau-Brunswick invite les plaisanciers à prendre quelques mesures simples visant à réduire les risques de voir la moule s’implanter dans les cours d’eau de la province.

Ces mesures consistent principalement à nettoyer et sécher les embarcations et l’équipement ayant navigué sur l’eau, à vider l’eau des embarcations, à ne jamais relâcher ou déplacer de poissons, d’animaux ou de plantes d’un cours d’eau à un autre et à signaler au gouvernement provincial toute présence d’espèces aquatiques envahissantes.

Le signalement peut être également fait auprès du Ministère des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne.

Le petit mollusque d’eau douce a la fâcheuse réputation d’entraîner de nombreuses répercussions écologiques, économiques et sociales.

Le gouvernement fédéral a souligné que le coût estimatif de la prévention, de la surveillance, du contrôle, et de la gestion de sa répercussion dans l’ensemble du pays est d’environ 7 milliards de dollars depuis sa découverte dans les Grands Lacs à la fin des années 1980.

La moule zébrée peut aisément obstruer différents types de systèmes hydrauliques, notamment les prises d’eau potable et engendrer des problèmes d’approvisionnement en eau. Elle peut aussi encrasser et endommager les embarcations en plus de blesser les baigneurs à cause de ses coquilles coupantes qui s’accumulent sur les plages.

Sur son site web, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec indique que le succès de la moule zébrée est dû à sa productivité et à son mode de propagation, alors que chaque femelle adulte peut pondre de 30 000 à 1 000 000 d’œufs par année.

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