Si tout se déroule comme prévu, la région du Madawaska pourrait voir une fromagerie artisanale voir le jour d’ici la période des Fêtes.

La Ferme République, propriété de Mario et Manon Lavoie, s’est lancée dans ce projet afin de se diversifier.

Même si la concrétisation du projet est toute récente, cette idée a mijoté dans la tête de M. Lavoie depuis plusieurs années.

«C’est en jasant avec un monsieur qui venait de se construire une fromagerie, lors d’une exposition d’animaux, à Toronto, 30 ans passés, que la graine a été semée. Mais les affaires allaient bien alors pourquoi rajouter ce travail de plus à ce moment? J’ai cependant toujours eu cette idée derrière la tête.»

Toutefois, comme c’est le cas pour bien des fermes laitières au pays, celle qui est située à Saint-Basile a connu des difficultés financières au cours des dernières années, surtout depuis 2015. Cela est venu, en quelque sorte, accentuer le désir de bâtir une fromagerie.

«On veut se diversifier, car si on ne fait pas ça, on recule au lieu d’avancer. On veut mettre une valeur ajoutée à notre produit.»

Comme un malheur n’arrive souvent jamais seul, Mario Lavoie apprend que son fils est atteint d’un cancer.

«Comme fermier, on fait tout pour assurer la relève. Je me suis souvent demandé, s’il passait au travers de ce cancer-là: va-t-il pouvoir faire ce métier-là? C’est là que l’idée de la fromagerie est revenue.»

M. Lavoie s’est donc informé auprès d’experts en finances afin de savoir si la construction d’une telle entreprise pourrait être rentable.

Une étude de marché a été réalisée en 2019 et a obtenu des résultats encourageants.

«J’adore mon métier, c’est une passion. Mais quand tu travailles des heures de fou pour presque rien et que tu vois des chiffres comme ça, ça fait réfléchir.»

«Oui, le prix du lait augmente dans les épiceries, mais il n’y a que le tiers qui revient aux producteurs.»

Mais, pour assurer le succès des démarches, il fallait également développer un plan d’affaires. Alors qu’il est encore indécis de poursuivre son projet, il s’entretient avec divers propriétaires de fromagerie afin de l’aider à prendre une décision.

Le projet a toutefois mis sur la glace pendant un certain temps quand M. Lavoie apprend que le cancer de son fils est de retour.

Ce n’est que quelque mois plus tard, que le projet est remis sur les rails à la suite de discussions entre Mario Lavoie et son épouse Manon.

«Elle était prête à se lancer dans ce nouveau défi, alors on a finalement fait le plan d’affaires qui nous a prouvé que ça allait être plus que rentable. On a trouvé le financement et là, on est en construction.»

Une somme d’environ 800 000$ a été investie pour réaliser ce projet. Lorsqu’elle sera terminée, cette fromagerie ne sera que la quatrième au Nouveau-Brunswick et la seule dans le Nord-Ouest.

«On a investi beaucoup d’argent, alors c’est excitant, mais c’est aussi épeurant un peu.»

Pour l’instant, la production de fromage cheddar en grain sera celle qui sera privilégiée. Elle serait tout d’abord vendue à partir même de la fromagerie et pourrait potentiellement se retrouver dans les stations-service ou les dépanneurs.

En plus du fromage, d’autres produits pourraient être ajoutés éventuellement.

Avant même d’avoir pu entreprendre la production de fromage, la nouvelle entreprise de la famille Lavoie a même déjà commencé à susciter un certain intérêt.

«Quand on a fait le sondage, on nous a dit que la normale était d’avoir 30 à 100 réponses pour réussir à analyser le marché. Je pense qu’on en a eu au-delà de 800 en trois jours.»

«On a d’ailleurs eu vent que des entreprises du coin et même d’ailleurs au Nouveau-Brunswick voulaient nous rencontrer. C’est bien beau, mais on veut commencer par le commencement et ne pas mettre la charrue en avant des bœufs comme on dit.»

Une histoire de famille 

Au-delà de son nouveau projet, la Ferme République possède une riche histoire. Depuis 1880, cette ferme a été transmise de père en fils. Mario Lavoie a pris possession de la ferme en 2009. Il est, depuis ce temps, un éleveur de vaches Ayrshire et producteur laitier.

«C’est quelque chose qui est dans tes tripes. De voir qu’il pourrait aussi avoir une cinquième génération qui prendra la relève, c’est encore plus motivant.»

Le fils de M. Lavoie, Mathieu, pourrait être en voie de suivre les traces de son père, lui qui étudie actuellement en production laitière à l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière.

Il est aussi possible un jour que sa fille, qui a étudié en biotechnologie, développe également un intérêt pour l’entreprise familiale.

«Je ne sais pas ce qui va se passer dans le futur, mais dans mes rêves les plus fous, je vois la famille au complet s’entraider sur la ferme.»

La Ferme République produit environ 1500 litres de lait par jour. M. Lavoie s’est même lancé dans la modification de la génétique de ses vaches afin de produire un lait de type A2, qui serait mieux toléré par les gens qui ont une intolérance au lactose.

«Un gros pourcentage de gens qui se disent intolérants au lactose ont plutôt des problèmes avec une protéine qui se trouve dans le lait. Avec le A2, on n’a pas cette protéine.»

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