Plusieurs homardiers de la zone 25 pourraient voir leur saison de pêche compromise à la suite du passage de la tempête Fiona, la semaine dernière.

Fiona a laissé dans son sillage d’importants dégâts dans les provinces de l’Atlantique.

Les homardiers de la zone 25, dans le détroit de Northumberland, en savent quelque chose. Heureusement, la plupart de l’infrastructure portuaire n’a pas été gravement endommagée.

Les bateaux des pêcheurs ont aussi été épargnés parce que plusieurs avaient fait le nécessaire pour les protéger, par exemple en les retirant de l’eau.

Le reste de leurs équipements de pêche ont toutefois fait les frais de la tempête.

«Le principal problème, c’est l’équipement de pêche qui a été perdu en mer. En date d’hier, il y avait environ 50% de l’équipement de pêche qui manquait à l’appel ou qui était endommagé. Beaucoup de casiers ont été ensevelis dans le sable ou la vase et on n’arrive pas à les retirer. On a des gars qui n’ont retrouvé que 50 casiers sur 250», relate Luc LeBlanc, conseiller aux pêches à l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM).

Stéphane Jaillet, un pêcheur amarré au quai de Saint-Édouard, près de Bouctouche, compte parmi les chanceux. Joint par téléphone mercredi matin, il a dit avoir perdu une douzaine de casiers.

«Je vais peut-être les retrouver, ils ont peut-être juste été déplacés d’où ils avaient été installés», explique M. Jaillet.

Fiona lui a néanmoins causé des ennuis. Il lui a fallu deux jours afin de récupérer l’ensemble de ses casiers, déplacés sur les fonds marins en raison de forts courants causés par la tempête.

«Je suis chanceux, certains ont juste retrouvé des cordes et des bouées et ils ne pouvaient plus monter les cages parce qu’elles sont restées prises dans le sable. J’ai parlé avec des pêcheurs plus au nord et ils ont perdu trois quarts de leurs trappes. Un autre gars m’a dit qu’il a déjà commandé 150 trappes neuves pour l’année prochaine.»

Une saison compromise

Stéphane Jaillet ajoute que plusieurs pêcheurs se voient contraints de mettre fin à leur saison de pêche qui devait se terminer le 12 octobre.
«Il y a certains gars qui ont arrêté leur saison parce qu’ils ont perdu beaucoup d’équipement et ça ne paye pas de pêcher qu’avec la moitié», précise-t-il.

Pour compenser le temps perdu à cause de la tempête, l’UMP a demandé au ministère des Pêches et des Océans (MPO) une prolongation de la saison. Cette demande pourrait toutefois s’avérer futile en raison des dégâts encourus aux équipements des homardiers, avoue Luc LeBlanc.

«On se rend compte qu’il y a tellement de casiers qui sont soit endommagés ou perdus que les fournisseurs d’équipement ne seront pas en mesure de répondre à la demande, on parle d’environ 150 000 casiers. Ça risque d’être le problème qui se pointe à l’horizon pour l’instant», précise-t-il.

L’UPM est aussi en pourparlers avec les gouvernements afin de voir si les pêcheurs dont la saison a été compromise pourraient bénéficier d’aides financières.

«On est en pourparlers avec le gouvernement pour un programme d’aide, on verra ce qui va en ressortir. Le fédéral a parlé d’un programme d’aide pour les entreprises affectées par la tempête. Si on part du principe que ce sont des entreprises de pêche, elles devraient se qualifier, mais ce sont des détails qui restent à clarifier.»

M. LeBlanc ajoute que Fiona est une tuile de plus à s’abattre sur la tête des pêcheurs, qui connaissaient déjà des difficultés financières en raison de l’augmentation de leurs dépenses à cause de l’inflation et le faible prix qu’ils recevaient pour leurs prises de la part des transformateurs.

«On a eu toute une saison 2022», soupire-t-il.

Opération nettoyage

M. Jaillet s’inquiète aussi de l’impact qu’aura eu Fiona sur les populations de homard du détroit. Bien qu’il soit encore trop tôt pour dresser un bilan, il constate beaucoup de mortalité.

«Ç’a brassé dans le fond. On retrouve beaucoup de homards morts dans nos cages, ce n’est pas beau à voir», se désole le pêcheur.

Des efforts devront d’ailleurs être déployés afin de récupérer les casiers perdus, ajoute pour sa part Luc LeBlanc.

«On va essayer de faire une opération de nettoyage, soit à la fin de la saison ou ce printemps, précise-t-il. Le MPO a dit souhaiter travailler avec nous là-dessus. Un casier resté dans le fonds parce qu’il a été perdu, ce sont des engins fantômes qui continuent à pêcher et ce n’est pas bon pour la ressource. Pour les casiers ensevelis, ça prendra probablement de l’équipement spécialisé pour aller les chercher en collaboration avec le fédéral.»

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