Le ministère de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick a créé sept unités pour combattre la criminalité liée à la drogue dans la province. Elles se composent d’officiers de la GRC, de policiers municipaux, d’analystes et d’agents de la paix gouvernementaux.

Les effectifs de ces Unités intégrées de l’application de la loi s’élèvent à 29 personnes au total, selon le ministère de la Sécurité publique.

«Elles comptent actuellement neuf agents de la GRC, dix agents de police municipaux, deux analystes criminels et huit agents de la paix du gouvernement venant de partout à travers la province», précise le chargé de communication, Geoffrey Downey.

Dans le Grand Moncton par exemple, le surintendant par intérim du détachement de Codiac, Benoit Jolette, indique que la province finance quatre postes, occupés par deux agents de la paix et deux agents de la GRC.

Il dit que leur priorité sera d’agir contre le trafic de drogue et la consommation de stupéfiants sur la voie publique. Il ajoute qu’ils pourront collaborer avec leurs homologues ailleurs au Nouveau-Brunswick, à Saint-Jean et à Edmundston par exemple.

«C’est difficile de résister au chant des sirènes, commente le professeur de criminologie à l’Université St. Thomas, Jean Sauvageau, au sujet du recours aux forces de l’ordre. Mais cette solution a peu de chances d’avoir des conséquences réelles sur les problèmes de drogue, qui devraient être du ressort de la Santé publique.»

Il estime que le gouvernement gaspille l’argent du contribuable et qu’il s’obstine à employer un moyen dont l’inefficacité est prouvée.

Le gouvernement a déclaré vouloir combattre la criminalité liée à la drogue, qu’il a jugée en hausse dans le discours du Trône d’octobre. Cependant, le ministre de la Sécurité publique, Kris Austin, a admis que même les statistiques appuyant son hypothèse manquaient.

Investissements en santé

M. Sauvageau se réjouit néanmoins en apprenant que le ministère de la Santé investit aussi contre la toxicomanie et pour la santé mentale.

Le gouvernement a attribué 1,9 million $ à l’élargissement des services d’intervention en cas de crise en santé mentale pour l’exercice 2022 – 2023. Grâce à cette augmentation, le budget pour les services de traitement des dépendances et de santé mentale s’élève à 174 millions $.

La province a lancé un Plan interministériel au sujet des dépendances et de la santé mentale dès 2021. Il s’articule autour de quatre thématiques: l’application de la loi, mais aussi la réduction des méfaits, l’amélioration de l’accès aux soins ainsi que la prévention.

La réduction des méfaits, par exemple, comprend un suivi sécuritaire de l’usage de substances et l’acceptation du fait que l’abstinence n’est pas réaliste pour tous, selon le gouvernement.

Le ministère de la Santé a donné quelques exemples de ses actions. Il a rappelé que les cliniques communautaires de toxicomanie et de santé mentale offrent désormais des thérapies à séance unique.

Le gouvernement travaille également à augmenter le nombre de postes dans les sites de santé mentale et de toxicomanie de la province. Il financera notamment six nouveaux lits aux services de toxicomanie et de santé mentale de Campbellton en 2023.

Le ministère de la Santé a aussi investi 1,3 million $ sur cinq ans dans un projet pilote. Son objectif est de trouver des solutions communautaires afin de réduire la toxicomanie chez les jeunes. Il le mène notamment dans le comté de Kent et la Péninsule acadienne.

M. Sauvageau aimerait toutefois que le Nouveau-Brunswick s’engage dans la voie de la décriminalisation de toutes les drogues, comme la Colombie-Britannique.

À compter du 31 janvier 2023, cette province lancera un projet pilote de trois ans permettant aux personnes de plus de 18 ans de posséder de petites quantités de stupéfiants.

Le but est de supprimer la stigmatisation dont souffrent les toxicomanes et de mieux les aider, selon le gouvernement britanno-colombien. Celui du Nouveau-Brunswick a refusé d’imiter cette initiative en juin.

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