Le conseil municipal de Moncton a voté à l’unanimité en faveur d’un nouvel arrêté concernant les taxis. Le but est d’améliorer la qualité du service: le niveau de langue de certains chauffeurs et la propreté de certains véhicules, par exemple.

«Nous recevons des plaintes. Notre précédent arrêté nous limitait cependant vraiment sur le langage, sur la propreté du véhicule ou sur la ponctualité. Maintenant, nous aurons de meilleurs outils pour nous attaquer à ces problèmes», a déclaré le directeur de la sécurité communautaire de la Ville de Moncton, Conrad Landry.

Par exemple, les chauffeurs devront avoir un niveau de langue de base, selon l’échelle de compétence linguistique à l’oral du gouvernement du Nouveau-Brunswick. Ils devront par exemple pouvoir communiquer en cas d’urgence en français ou en anglais. Ils pourront en revanche faire des erreurs de grammaire et de prononciation fréquentes.

L’administration de Moncton a baissé cette exigence après la première lecture du projet d’arrêté sur la réglementation des taxis en octobre et la réception de commentaires. Elle avait proposé un niveau intermédiaire.

Le conseiller Bryan Butler a d’ailleurs évoqué l’appel d’un immigrant inquiet de perdre la seule source de revenus de sa famille en cas d’échec au test linguistique, devant le conseil municipal, lundi.

«Le niveau de langage que nous demandons est le niveau fondamental pour pouvoir faire un appel en cas d’urgence, a répondu M. Landry. J’ai parlé au père mentionné. Il passera le test sans problème.»

Le représentant de l’Association des taxis du Grand Moncton, Chris Winchester, a par ailleurs souligné que son organisme offrirait des leçons de langue gratuites.

«Nous allons travailler avec les associations multiculturelles, a ajouté M. Landry. Des bénévoles ont déjà offert leur aide. Les conducteurs ont 18 mois pour atteindre le niveau requis [avant de renouveler leur permis].»

Les chauffeurs devront aussi adhérer à un code d’éthique. Il s’y trouve des consignes pour une bonne hygiène et contre le harcèlement, par exemple.

M. Landry a assuré que ses employés pourraient mener des inspections pour mettre en application ces règles.

Opposition à l’arrêté

Le directeur de la compagnie de dispatch White Cab, Claude-Pierre Gagné, s’est opposé au projet d’arrêté devant le conseil municipal.

«Il y a 115 conducteurs qui ont signé une pétition contre l’arrêté, a-t-il indiqué. Nous devons parfois dire aux gens qu’il y aura 20 minutes d’attente pour un taxi. Je m’inquiète qu’en rendant l’accès à la profession plus difficile, le nombre de chauffeurs diminue. Le service en serait affecté. Il y aurait probablement plus d’attente et des prix plus élevés.»

«Les 115 noms représentent seulement 25% des chauffeurs auxquels la Ville a donné des permis cette année, a répliqué M. Winchester. Les compagnies de dispatch s’inquiètent de leurs propres revenus. Leur problème de temps d’attente a peut-être plus à voir avec le système qu’ils utilisent qu’avec le nombre de chauffeurs. Le système ne bénéficie ni à ces derniers ni aux clients.»

M. Landry a confirmé qu’il y avait suffisamment de conducteurs de taxi à Moncton. Certains se sont d’ailleurs plaints à l’Acadie Nouvelle du nombre croissant de leurs homologues en 2021. Plusieurs d’entre eux ont confié devoir rester en voiture entre huit et 12 heures par jour, sept jours par semaine, afin de gagner leur vie.

Le conseil municipal a adopté le nouvel arrêté sur les taxis à l’unanimité.

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