Le ministre Daniel Allain a remis au premier ministre Higgs, jeudi, une déclaration écrite établissant les limites qu’il refusera de franchir en matière de droits linguistiques.

«Il m’incombe, a écrit le ministre Allain, de faire une déclaration pour expliquer clairement les limites de ce qui serait acceptable, et ce qui serait non-négociable, en tant que politiques linguistiques publiques par les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises.»

Le texte, titré «Déclaration du ministre et député Daniel Allain», a ensuite été transmis aux médias.

Les remous suscités par les décisions et les récents propos de Blaine Higgs en matière linguistique auront vraisemblablement rendu fort difficile la position du ministre Allain, et justifié une démarche pour le moins insolite.

Le ministre a brièvement repassé les droits et les principes qu’il entend encore défendre en matière linguistique, que ce soit la révision de la Loi sur les langues officielles, la gouvernance des soins de santé, le transport scolaire ou l’immersion en français.

Toutefois, M. Allain a par endroit voulu ménager le choux et la chèvre, notamment en ce qui concerne le bureau du commissaire aux langues officielles. Bien qu’il se dise «entièrement d’accord» pour maintenir le rôle et les responsabilités de ce bureau, il appuie néanmoins «l’établissement d’un Secrétariat des langues officielles avec un sous-ministre», un projet auquel tiendrait le premier ministre.

Ailleurs, le ministre s’est dit «convaincu de la nécessité d’avoir deux régies de santé» et «favorable à ce que notre gouvernement continue de travailler avec deux régies de la santé distinctes», des énoncés prudents, mais qui n’ont pas la force d’une objection catégorique à un possible projet de fusionnement.

Il a ajouté, à propos des régies de santé, qu’il veut les voir collaborer et tenir «des réunions conjointes 4 à 6 fois par année pour travailler sur des initiatives spécifiques jugées importantes pour le gouvernement et qui améliorent le service pour les Néo-Brunswickois.»

Plus loin, M. Allain a évoqué le dossier de l’immersion en français d’une manière qui pourrait en surprendre plusieurs. Le gouvernement, selon lui, n’aurait pas en main des informations exactes ou suffisantes.

«Il n’est pas évident que nous fonctionnons avec les meilleures informations disponibles – il y a un désaccord sur la validité des données que le gouvernement utilise pour justifier ses plans.»

Le ministre est aussi d’avis que «le public a l’impression que le gouvernement précipite ce plan, sans consulter adéquatement les parents et les intervenants de la province.»

Réponse de Blaine Higgs

Le premier ministre a réagi par voie de courriel, jeudi soir, à la sortie de son principal ministre francophone. Il a dit comprendre la «position unique» dans laquelle se retrouvait Daniel Allain, entre autres parce «qu’il fait face à des questions de la part de la communauté francophone concernant la réponse à venir de notre gouvernement en ce qui a trait à la révision de la Loi sur les langues officielles.»

M. Higgs a dit aussi ne pas avoir été surpris «par les opinions qu’il (le ministre) a partagées aujourd’hui, car il me les a déjà exprimées lors de diverses discussions que nous avons eues.»

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle