Les créanciers de Construction Navale Atlantique ont pu échanger avec des représentants de la compagnie en faillite pour la première fois depuis le dépôt du bilan, il y a trois semaines.

Ce genre de rencontre est imposé par la loi, et à n’en pas douter, la tension devait être élevée, lundi, même si la discussion s’est faite privément, en mode virtuel.

Construction Navale Atlantique, située au chantier de Bas-Caraquet, doit près de 1,6 million $ à une soixantaine de créanciers «non garantis» et un demi-million $ à trois créanciers privilégiés, nommément l’Agence de revenu du Canada (250 000 $), la CBDC Péninsule Acadienne (150 000 $) et UNI Coopération Financière (107 000 $).

Le responsable du dossier, chez le syndic en insolvabilité Raymond Chabot inc., Stéphane Gauvin, a expliqué en entrevue à l’Acadie Nouvelle que la liquidation se fera au début de 2023.

Une demande de soumission publique pour la vente des actifs sera émise dans les prochains jours et la date prévue d’ouverture des offres, le 11 janvier 2023, permettra d’attirer un maximum d’acheteurs, estime M. Gauvin.

«Dans ce cas-ci, il y a des actifs assez spécialisés», a-t-il reconnu.

Des actifs importants

Outre l’équipement pour la construction de bateaux, deux moules (un Narval 45 et un Rorcal 165) valent respectivement 346 614 $ et 703 826 $ aux livres comptables.

Un dôme en acier, qui s’ajoute à l’édifice, vaudrait un peu plus de 330 000 $.

Si les deux moules s’élèvent à plus d’un million $, le syndic, lui, ne peut déterminer leur valeur au marché.

«Au bilan, on n’a pas évalué ces actifs-là. C’est très spécialisé. La valeur va dépendre des offres qu’on va recevoir.» a expliqué M. Gauvin.

Pour créer de l’intérêt, le syndic prévoit mener des démarches auprès d’autres chantiers maritimes.

Le bilan de Construction Navale Atlantique révèle en outre que les comptes à recevoir, qualifiés de créances «douteuses», s’élèvent à 593 665 $.

«Il y a plusieurs comptes à recevoir en litige, a ajouté Stéphane Gauvin, et on va entreprendre des démarches pour les récupérer.»

Une fois les actifs liquidés, les créanciers non garantis seront remboursés au «prorata», si les sommes perçues excèdent le demi-million $ requis pour compenser les créanciers privilégiés.

Chez les créanciers non garantis, on remarquera Les Produits Chimiques Citadel de Notre-Dame-du-Mont-Caramel, au Québec (325 871 $), et trois compagnies de Caraquet, Dugas Électrique (301,277 $), Nordic Réfrigération (234 471 $) et NB Fiberglass (11228942 Canada Inc.), 180 581 $.

Des sommes relativement élevées sont également dues à l’APÉCA (60 000 $), à North Shore Welding Supply de Bathurst (45 963 $), à R. P. Pro-Fibre (72 827 $) et à The Tank Shop (50 183 $) de Caraquet.

Toutefois Construction Navale Atlantique n’a inscrit aucun actif immobilier à son bilan. M. Gauvin a indiqué qu’elle louait d’une compagnie détenue par les mêmes administrateurs le bâtiment qu’elle occupait. Celui-ci avait été vendu en février, sans tambour ni trompette, par le gouvernement provincial, au prix de 400 000 $. La propriété valait alors plus d’un million $ au compte d’impôt foncier.

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