Élections NB trace un bilan positif des élections municipales post-réforme de lundi, et ce, en dépit d’un taux de participation plutôt faible.

En ce qui concerne la logistique, aucun pépin majeur n’est venu entacher cette journée électorale.

«On est satisfait du déroulement de la journée. On avait moins de concours (plusieurs candidats pour un même poste) que lors d’une élection générale régulière, mais il y en avait tout de même un bon nombre. Que l’on affiche tous les résultats aux alentours de 22h, on trouve donc que c’est très raisonnable», souligne Karine Pitre, agente de communication chez Élections NB.

Dans les faits pour cette élection, 62 entités étaient appelées à tenir des élections, plus précisément 50 municipalités et 12 districts ruraux. Ce lot comprend également neuf municipalités où des élections partielles devaient avoir lieu. Comme certaines victoires par acclamation se sont produites, un scrutin n’a été nécessaire que dans 55 municipalités et six districts ruraux.

Selon Élections NB, ces élections visaient à pourvoir un total de 50 postes de maires, 356 conseillers et 40 membres de districts ruraux. En tout, 137 candidats ont été élus par acclamation, dont 15 au poste de maire. Fait à noter, 21 femmes se sont portées candidates comme maire. Du lot, seulement huit ont été élues.

Au niveau de la participation, 82 976 personnes se sont prévalues de leur droit de vote sur une possibilité de 230 542, ce qui équivaut à un taux de participation de 35,9%. Selon Mme Pitre, bien que légèrement plus bas, ce taux de participation n’est pas vraiment à ce point différent de ceux des élections municipales régulières.

«Le taux aux élections municipales est toujours un peu bas. En même temps, il faut dire que cette élection-ci était très différente, notamment parce que les grandes zones urbaines – comme Moncton, Fredericton et Saint-Jean – n’étaient pas touchées alors qu’à l’inverse, c’était une première pour bien des zones rurales (anciens DSL)», explique la porte-parole.

Selon elle, le faible taux de participation dans les districts ruraux de la province a eu un impact certain sur la moyenne provinciale. Elle ajoute que le nombre élevé d’élections par acclamations, que ce soit des maires ou des conseillers, a aussi contribué à diminuer l’intérêt des électeurs.

«C’est difficile de comparer le taux de participation de cette élection à la précédente parce que plusieurs données sont différentes et qu’il y avait beaucoup de premières cette année. On aura un aperçu plus juste, un meilleur comparatif, lors des prochaines élections en 2026», note Mme Pitre.

Zones francophones

Dans les municipalités, les taux de participation varient beaucoup d’une communauté à l’autre. Ainsi, si l’on constate des taux de participation de moins de 20% à certains endroits – comme Salisbury (12,4%) et Hartland (18,8%) -, le constat est tout autre ailleurs.

C’est particulièrement vrai dans les communautés francophones de la province où le taux a franchi à plusieurs reprises la barre des 50%. C’est le cas à l’Île-de-Lamèque avec un taux de 56,4% (dont un impressionnant 67% dans le quartier 7), à Caraquet avec 56% (et ce même si le maire avait été élu par acclamation), et Shippagan avec 55,6%.

Les taux ont également été bons dans les municipalités de Baie des Hérons (54,7%), Campbellton (54,2%), Rivière-du-Nord (54,2%), Nouvelle-Arcadie (52,2%), Cap-Acadie (51%), Saint-Quentin (49%), Champdoré (47,5%) et Haut-Madawaska (43,7%).

Faible participation dans les districts ruraux

L’engouement de cette élection ne s’est pas fait ressentir dans les nouveaux districts ruraux, ces entités qui remplaceront les anciens districts de services locaux. On compte 12 de ces districts à travers la province. Lundi, la moitié seulement d’entre eux proposaient une élection.

L’intérêt de la population pour les candidatures n’a pas levé. En tout, quarante postes étaient à l’enjeu. Dix-neuf d’entre eux ont été comblés à la suite de victoires par acclamation, et 13 par l’entremise d’élections. Il reste à ce jour encore huit postes vacants.

Ce peu d’intérêt envers les postes de candidats au sein des Districts ruraux s’est reflété sur le taux de participation général. À quelques exceptions, ces taux ont oscillé entre 10% et 20%.

Président du DSL de Glen Levit, Brad Mann a été élu par acclamation comme conseiller général du District rural du Restigouche. Il ne blâme pas les citoyens des districts ruraux d’avoir boudé ce premier scrutin. Il jette plutôt la pierre à Élections NB qu’il accuse de ne pas avoir informé et préparé suffisamment la population de ces régions.

«Honnêtement, je n’ai jamais vu une élection aussi désorganisée. Et c’est d’autant plus dommage que c’est la première fois que nous avions une élection du genre dans nos secteurs. Nos citoyens ne sont pas habitués à cela et Élections NB a tout fait pour les mêler», souligne-t-il.

Il cite en exemple la fameuse note postale envoyée par Élection NB dans près de 260 000 foyers de la province, note qui stipulait faussement que certaines communautés n’étaient pas incluses dans les élections des gouvernements locaux de cette année.

«La CSR-Restigouche et d’autres intervenants ailleurs dans la province ont milité pour qu’Élections NB rectifie son erreur de la même façon qu’elle l’avait commise, soit par la poste. Mais ils ont refusé. J’ai aussi reçu l’appel aux candidatures d’Élections NB par la poste, mais après la date de clôture des mises en candidatures. Tout cela a contribué à semer la confusion au sein de la population et a eu un effet dissuasif chez les gens qui songeaient à se présenter ou même simplement à voter», critique M. Mann.

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