Le temps commence à manquer à Tracadie alors que le conseil municipal a rejeté une fois de plus le budget du fonds général 2023.

Mardi, le budget a été défait par un vote de cinq contre quatre. C’est l’épineuse question des taux d’imposition dans les quartiers ruraux qui est à la source de l’impasse.

Les conseillères Chantal Mazerolle, Rita Benoît, Thérèse Brideau et Dianna-May Savoie ont appuyé le budget présenté par la directrice des Finances de la municipalité, Susie Benoît. Toutefois, Yoland Thomas, Joanne Doiron, Jeffrey Saulnier, Réaldine Robichaud et Guy Basque l’ont rejeté.

Le temps presse, a rappelé la directrice des Finances. La ville doit fournir au plus tard, le 9 décembre, les taux d’impôts fonciers à Service NB, qui s’occupe de la facturation.

«Si on dépasse cette date-là, a-t-elle ajouté, il y a un risque que c’est le ministre (de la Gouvernance locale) qui nous impose un taux de taxation.»

Opposition

Les taux d’impôts fonciers dans les quartiers ruraux font débat parce qu’une augmentation totale de 41 cents doit être réalisée avant 2025. La précédente ébauche de budget prévoyait un taux majoré de 20 cents en 2023 et de 21 cents en 2024.

Mardi, l’administration municipale a réduit l’augmentation des taux à 16 cents pour le porter à 1.07$ le 100 dollars d’évaluation dans les quartiers ruraux, un chiffre encore trop élevé aux yeux de certains.

«J’ai de la misère avec le 16 cents, a affirmé le conseiller Yoland Thomas. On nous dit que si on n’augmente pas les taxes, on aura un déficit de 800 000$ et 800 000$, ça représente huit cents dans toute la municipalité. Donc, ça veut dire que ce sont les quartiers ruraux qui vont tout payer le déficit.»

Joanne Doiron a jugé qu’il était mal venu, à l’heure où la population était éprouvée par une conjoncture économique difficile, de faire porter aux quartiers ruraux le fardeau des frais nouveaux, en partie imputables aux routes.

«Toute la municipalité a besoin des routes, et je trouve décevant que les quartiers (ruraux) en payent le plus. J’ai eu beaucoup d’appels depuis la dernière réunion.»

Guy Basque et Jeffrey Saulnier disent avoir eux aussi été contactés par de nombreux citoyens, préoccupés ou mécontents.

«J’ai reçu beaucoup d’appels, a affirmé le conseiller Guy Basque. Quand je dis beaucoup d’appels, c’est pas cinq ou dix. Normalement, je n’en reçois pas.»

Jeffrey Saulnier dit avoir reçu plusieurs coups de fils au retour d’une réunion.

«Le même soir, j’arrive à la maison et je reçois des appels téléphoniques. Sont pas contents. Je ne les blâme pas. Le lendemain, j’ai reçu d’autres appels, c’est la même chose: pas contents. Ils savent qu’on va avoir une hausse de taxes, mais c’est extrême. 16 cents, c’est beaucoup.»

Se résigner à payer

Les conseillères qui ont appuyé le budget croient que l’augmentation des impôts fonciers est inévitable et que la différer ne fera que priver la ville des revenus dont elle a besoin pour fonctionner.

«Le 41 cents? le gouvernement va venir les chercher un jour ou l’autre, a indiqué Dianna-May Savoie. Le moins qu’on va l’augmenter cette année (le taux), le plus qu’on va en avoir à payer l’an prochain.»

«Il faut augmenter la taxe, a déclaré Réaldine Robichaud. La taxation, c’est ça qui nous donne des services. (…) Il fallait s’ajuster à un moment donné pour avoir l’argent dont on a besoin pour progresser comme ville. On a eu des projets, mais il nous manque de l’argent.»

Le maire Denis Losier a rappelé la nécessité de parvenir à un accord dans les plus brefs délais, car la municipalité pourrait se retrouver sans revenus au début de 2023. Il a aussi indiqué qu’un budget déficitaire n’était pas une solution viable.

«Si on n’augmente pas les taxes, on se retrouvera avec un déficit de 893 000$ ou 896 000$. Si on fait un déficit, obligatoirement il faudra le rembourser l’année d’après. Rembourser pratiquement un million de dollars… On peut parler de 10 cents de taxation obligatoire, seulement pour payer le déficit.»

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