La mère de l’homme qui a été retrouvé mort la semaine dernière dans des toilettes publiques à Moncton exige du changement, après ce qu’elle appelle une série d’échecs systémiques qui ont conduit à la découverte du corps de son fils.

Luke Anthony Landry, âgé de 35 ans, était un père, un musicien et un bon chrétien, a rappelé lundi sa mère, Mary MacDonald, en entrevue. Et il aurait eu besoin de plus d’aide qu’il n’en a eu, a-t-elle déploré.

«Des choses doivent changer, et il faut que ça change rapidement parce que l’hiver arrive», a soutenu Mme MacDonald depuis sa maison à Prince George, en Colombie-Britannique. «Ce qui est arrivé à mon fils devrait nous ouvrir les yeux. Ce n’est pas juste une statistique, et il n’était pas ‘seulement’ un sans-abri.»

Elle avait d’ailleurs un message précis pour le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs: «Votre province est en crise, et si vous ne faites rien dès maintenant, plus de gens vont mourir.»

Le premier ministre Higgs n’a pas immédiatement répondu à une demande de réaction.

Nulle part où aller

L’hôtel de ville de Moncton. – Acadie Nouvelle: Cédric Thévenin

M. Landry se trouvait récemment en détention, mais il a été libéré le 21 novembre au matin, sans argent, sans vêtements d’hiver et avec nulle part où aller, a souligné sa mère, qui a rappelé que son fils était aux prises avec une dépendance depuis des années. Cet après-midi-là, il a survécu à une surdose dans un site de consommation supervisé, mais le personnel n’a pas pu lui trouver un endroit chaud où passer la nuit.

Il est décédé au cours de la nuit suivante et son corps a été retrouvé dans des toilettes à l’extérieur de l’hôtel de ville de Moncton. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a procédé à une identification du corps retrouvé, mais elle a fait une erreur. Elle a donc prévenu une autre famille, dont le fils est toujours en vie.

«Mon fils avait besoin d’un endroit pour dormir et de quelqu’un pour le surveiller et s’assurer qu’il allait bien. Il n’a pas réussi à trouver cet endroit», a dénoncé Mme MacDonald.

Même si elle reconnaît que le personnel du site de supervision a fait tout en son possible pour trouver un endroit pour son fils, Mme MacDonald a mentionné «qu’il devait bien y avoir un endroit qui aurait pu aider quelqu’un d’aussi vulnérable».

«Il a fait le bon choix en sortant de prison: il a demandé de l’aide», a-t-elle rappelé.

Une erreur d’identification

Quant à l’erreur de la GRC, Mme MacDonald n’arrive pas à comprendre comment tant de choses ont pu tourner aussi mal. «Pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas simplement vérifié les empreintes digitales?» s’est-elle demandé, rappelant au passage que les données sur son fils devaient forcément être disponibles étant donné qu’il venait d’être incarcéré.

Lundi après-midi, Mme MacDonald n’avait toujours pas reçu d’excuses de la part du corps policier. Elle a appris par un ami que son fils était décédé, puis elle a découvert plus de détails dans les médias. Elle a dû téléphoner elle-même à la police pour confirmer qu’il s’agissait de son fils.

Hans Ouellette, de la GRC du Nouveau-Brunswick, a mentionné que le corps policier pourrait enquêter sur l’erreur, mais qu’il ne pouvait pas commenter davantage, car le dossier pourrait se retrouver devant les tribunaux.

Mme MacDonald a réitéré que son fils avait deux jeunes filles qui l’aimaient. Il avait également deux frères. Tous sont maintenant accablés de chagrin, a-t-elle dit. Il a essayé à plusieurs reprises de surmonter sa dépendance, «mais c’était plus fort que lui».

«Sauf que ce n’est pas une raison pour tout balayer sous le tapis, a-t-elle ajouté. Tout a été mal fait dès le départ.»

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle