Un nouveau rapport du Service canadien de la faune conclut que près de 650 espèces de plantes et d’animaux sont en péril au Nouveau-Brunswick.

Le rapport Espèces sauvages 2020, publié à la fin novembre par le Service canadien de la faune, estime qu’une espèce sur cinq au Canada est possiblement en péril.

«Environ 20% des espèces au Canada ont un certain niveau de risque, explique Rémi Hébert, biologiste et coordonnateur de la Situation générale des espèces au Canada au Service canadien de la faune. Certaines sont plus vulnérables et sont grandement en péril. On a identifié 2253 espèces qui sont parmi les plus à risque.»

L’étude, qui a été préparée grâce à la collaboration de centaines scientifiques et de fonctionnaires du fédéral et des provinces, a permis d’analyser 50 534 des quelque 80 000 espèces que l’on retrouve sur le territoire canadien.

Parmi les espèces analysées dans le rapport, 2253 sont particulièrement à risque. De ce nombre, 1245 seraient en péril alors que 873 seraient gravement en péril.

De nombreux organismes vivants retrouvés au Nouveau-Brunswick – qui est, avec la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard, la région avec la plus grande richesse en espèce selon sa superficie – sont menacés.

Le rapport note que 270 des 13 462 espèces analysées dans la province sont en périls. D’autres, soit 375, sont gravement en péril.

Parmi les espèces considérées comme étant gravement en péril, on retrouve 42 espèces d’oiseaux, dont le petit pingouin, la grue du Canada, le hibou des marais, le faucon pèlerin, le macareux moine et la sterne arctique.

Environ 200 plantes, certaines espèces de libellules, une vingtaine d’espèces de coléoptères et plusieurs mammifères, notamment plusieurs espèces de chauves-souris et le campagnol-lemming boréal, figurent aussi dans cette catégorie.

Le saumon atlantique, la tortue des bois et le grand cormoran ont pour leur part été classés dans la liste des espèces en péril.

L’activité humaine pointée du doigt

Des espèces exotiques retrouvées au pays – le rapport en a recensé plus de 3000 – représentent également une menace importante à la biodiversité.

«Ce sont des espèces qui ont été introduites au pays à cause des activités humaines, par exemple à cause du commerce, précise Rémi Hébert. Très souvent, elles n’ont pas de prédateurs ou vont entrer en compétition pour les sources de nourriture. Parfois elles chassent les espèces natives d’ici, donc elles représentent une menace importante.»

D’après M. Hébert, c’est surtout la perte d’habitat qui présente le principal facteur de risque pour la disparition des espèces identifiées comme étant vulnérables.

Selon le ministère des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie du Nouveau-Brunswick, c’est ce qui explique les efforts déployés par Fredericton pour créer des zones protégées dans la province. C’est dans cette optique que 84 nouvelles zones protégées totalisant 100 000 hectares auraient été annoncées en juillet, des territoires «qui comprennent des habitats pour de nombreuses espèces considérées dans le rapport Espèces sauvages 2020.»

«D’ici la fin mars 2023, près de 300 000 hectares supplémentaires de zones conservées seront sélectionnés pour une protection définitive, a indiqué un porte-parole du ministère dans un courriel. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick dirige une initiative provinciale visant à doubler la superficie des terres protégées au Nouveau-Brunswick et à atteindre un objectif de protection de 10% des terres et des eaux douces. La création d’un réseau de zones protégées connectées et représentatives est l’une des meilleures actions pour protéger les écosystèmes qui soutiennent la biodiversité.»

Prendre des décisions éclairées

Rémi Hébert espère que la dernière édition du rapport Espèces sauvages 2020, une étude qui aura nécessité cinq ans à compléter, permettra aux décideurs provinciaux et fédéraux de prendre des décisions éclairées quant aux mesures à prendre afin de protéger la biodiversité au Canada.

Chose certaine, il s’agira d’un document important pour le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ce groupe d’experts indépendants s’en servira afin d’émettre des recommandations au ministère de l’Environnement portant sur les organismes qui devraient figurer sur la liste des espèces en péril.

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