L’enquête publique de la coroner Emily Caissy portant sur le décès d’un travailleur du District scolaire francophone Nord-Est (DSFNE) survenu en avril 2019 s’est poursuivie mardi, à Bathurst.

Sylvio St-Pierre est décédé dans un accident de travail alors qu’il effectuait des travaux sur un toit de l’école Cité de l’Amitié, à Bathurst.

Les témoignages de nouveaux témoins appelés à la barre se sont ajoutés à l’enquête qui se poursuivait pour une deuxième journée, dont certains ont fait état de graves lacunes en matière de santé et sécurité au travail au sein du district d’éducation.

Deuxième témoin à comparaître durant la matinée d’audience, le responsable des installations scolaires du DSFNE a raconté que la dernière séance de formation des employés portant sur la protection en cas de chute remontait au mois de février 2013.

Cette formation qui devait normalement être offerte à tous les trois ans n’a pas été donnée depuis ce moment jusqu’au jour où un accident de travail a coûté la vie à Sylvio St-Pierre en avril 2019.

Le travailleur a fait une chute d’environ 5,2 mètres (17 pieds) alors qu’il effectuait des travaux sur un moteur avec l’aide d’un collègue sur un toit de l’école Cité de l’Amitié, à Bathurst.

Kevin Arseneau a affirmé que la victime du drame était absente de la dernière session de formation offerte en 2013, le travailleur ayant indiqué qu’il avait déjà reçu cette séance de formation dans le passé.

Qui plus est, l’ingénieur de formation a souligné que le district scolaire ne tenait aucun registre avant le jour de l’accident fatal.

«C’est de l’oubli, de la négligence», a déclaré sans détour M. Arseneau au sujet des lacunes observées en matière de santé et sécurité au travail.

Ce dernier a confié lors de témoignage qu’un système d’ancrage aurait pu prévenir l’accident et le décès de M. St-Pierre.

«On ne voulait pas que personne ne se blesse, mais il n’y avait aucune culture de sécurité au travail au district scolaire. Tout le monde et personne était responsable de la santé-sécurité au travail avant l’accident», a ajouté le témoin dans un long témoignage entendu.

Thomas Weber, l’un des responsables des installations scolaires au ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, a par la suite raconté que les districts scolaires sont désormais dotés de coordonnateur en santé-sécurité, postes qui n’auraient probablement pas vu le jour n’eût été du décès du travailleur âgé de 58 ans.

Questionné par l’avocat-conseil de l’enquête publique Me Marc Bourgeois, M. Weber a ajouté que son ministère n’était pas au courant des centaines d’ordonnances de non-conformité émises par Travail sécuritaire NB à l’endroit des différents districts scolaires de la province pour des manquements en matière de santé-sécurité sur les lieux de travail.

Paul Tremblay, dernier témoin entendu au jour deux de l’enquête du coroner, a pour sa part résumé le contenu d’un rapport interne qui a été confectionné à la suite de l’accident mortel.

Le coordonnateur en santé-sécurité au ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a lui aussi souligné l’absence de registre de formation, de procédures touchant les méthodes de travail sécuritaire, le manque d’utilisation d’équipement de sécurité et de supervision du gestionnaire.

L’enquête publique de la coroner Emily Caissy devrait se conclure mercredi, avec les témoignages des trois derniers témoins devant être entendus.

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