L’ouverture prévue pour le 19 décembre d’un centre de réchauffement et un refuge pour personne itinérante dans un édifice de la rue St-George, à Moncton, est reportée à janvier.

À la fin novembre, la Ville de Moncton avait annoncé que le centre communautaire des Lions, au 473, rue St-George, serait aménagé dans un refuge pouvant accueillir de 100 à 125 lits durant des conditions météorologiques extrêmes.

Les autorités municipales ont toutefois annoncé que le site ne sera toutefois pas prêt avant janvier.

De nombreuses activités pour les aînés sont organisées dans l’édifice, qui appartient à la municipalité, et un nouveau lieu pouvant les accueillir doit être trouvé. Les locaux doivent aussi être vidés et l’espace réaménagé. L’opérateur du site, qui doit bientôt être désigné par la province, doit également trouver le personnel nécessaire afin d’assurer le bon fonctionnement du refuge d’urgence.

D’ici à ce que le nouveau site soit opérationnel, la Ville fera installer des chapiteaux chauffés pouvant accueillir les itinérants.

D’après Conrad Landry, chef du service d’incendie de la municipalité, «les membres de l’équipe des mesures d’urgence ont été déployés pour appuyer l’ouverture du centre de la rue St-George» et faire en sorte que le dossier progresse le plus rapidement possible.

Bien qu’elle reconnaît que ces préparatifs auraient pu être faits bien avant, Paulette Thériault, conseillère municipale pour le quartier 1, se réjouit néanmoins que le dossier progresse.

«On peut être déçu autant que l’on veut, ça ne va pas résoudre le problème. On a une situation qui n’est pas facile à régler, on sait que d’autres municipalités sont prises avec les mêmes défis et chacun développe des moyens pour essayer de s’en sortir. C’est là où on en est présentement et la décision de prendre l’un de nos bâtiments pour le convertir pour les gens qui sont dans la rue, je trouve que c’est bien», dit l’élue.

Son collègue Charles Léger note pour sa part que le projet progresse plus rapidement maintenant que le ministère du Développement social a confirmé qu’il financerait les activités du refuge.

«Maintenant que la province a confirmé qu’il y aurait de l’argent disponible pour les opérations, les choses bougent beaucoup plus rapidement, mais c’est triste que l’on soit déjà en décembre. Je suis quand même heureux qu’il y ait des actions de prises», se console-t-il.

Les services qui seront offerts sur la rue St-George s’ajouteront à ceux du centre de réchauffement de 64 lits qui vient d’être aménagé par le ministère du Développement social au Centre communautaire des Lions, sur l’avenue Mark.

«Se traîner les pieds»

Bruce Lawson, responsable de la Cuisine à Coeur, une soupe populaire de Moncton, s’inquiète pour sa part qu’il faudra attendre jusqu’en janvier avant que le centre de réchauffement de la rue St-George soit prêt.

«Je ne défends pas le conseil municipal, mais le gouvernement provincial a complètement manqué de prévoyance, se désole-t-il. On ne devrait pas se retrouver dans cette situation. On aurait dû annoncer les plans tôt en septembre, se désole-t-il. On a été chanceux, il y a eu quelques soirées froides, mais cette semaine la météo est plus clémente. Il ne faut pas se leurrer, c’est le mois de décembre au Nouveau-Brunswick, ce n’est qu’une question de temps avant que le mercure ne chute et qu’il y ait de la neige au sol. Cette situation est complètement folle.»

Sa collègue, Esther Mah, administratrice de l’église anglicane St. George’s, sur la rue Church, ne mâche pas ses mots à l’endroit des décideurs. Elle qualifie de risibles les actions prises par la Ville de Moncton et le gouvernement du Nouveau-Brunswick pour venir en aide aux sans-abri.

«Les choses ne bougent pas assez vite, rage-t-elle. Est-ce qu’ils ont oublié que l’hiver arrive tous les ans?»

D’après Mme Mah, les groupes communautaires comme le sien se voient forcés d’offrir des services qui sont de la responsabilité des gouvernements.

Par exemple, St. George’s offre quotidiennement une centaine de petits déjeuners (il y a un an et demi, c’était 15 à 20).

Depuis deux semaines, l’église ouvre aussi ses portes vers 21h30 afin que 60 à 80 personnes puissent y dormir. Les gens qui y trouvent refuge sont ensuite réveillés le lendemain vers 7h afin que le site soit nettoyé en prévision du petit déjeuner. Le tout doit ensuite être ramassé afin d’accueillir les divers groupes communautaires qui utilisent les locaux.

«Nous sommes complètement dépassés, soupire Mme Mah. Je suis très frustrée par les responsabilités qu’ils nous font porter. L’an dernier, on a eu le même problème, on leur a expliqué qu’on ne pourrait pas faire ça à nouveau, mais qu’est-ce que l’on peut faire quand les gens cognent à votre porte à 21h et qu’ils gèlent? C’est un stress extrême sur le clergé, nos bénévoles et notre édifice qui en prend pour son rhume.»

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