Le contexte économique complique drôlement la tâche de nombreux parents qui tentent de trouver des cadeaux abordables à offrir à leurs enfants.

À la mi-novembre, Statistique Canada a annoncé que le taux d’inflation d’une année à l’autre était de 6,9% en octobre au pays. Le prix de l’essence a augmenté de 17,8% d’octobre 2021 à octobre 2022, contre 10,1% pour le prix des aliments.

Certaines familles ne peuvent donc carrément rien mettre sous l’arbre de Noël cette année, faute de moyens.

Le docteur Michael Ungar, un enseignant à l’Université Dalhousie, à Halifax, s’est penché sur la question.

Il propose plusieurs pistes de solutions pour éviter aux parents de s’endetter inutilement et de préparer les enfants à bien gérer une certaine déception.

«Beaucoup de gens commencent à avoir ce genre de conversation, en raison notamment de l’inflation et des salaires qui ne suivent pas le coût de la vie», explique-t-il.

Selon lui, beaucoup de parents se placent énormément de stress sur les épaules pour tenter d’offrir à leurs enfants un Noël merveilleux.

Il existe pourtant des solutions pour réduire les attentes des enfants, croit le chercheur.

«Ce sont des choses qui sont accessibles à toutes les familles. Je dis souvent aux gens que la meilleure façon de rendre les Fêtes mémorables est de retourner dans leur enfance et retrouver ce qu’il y avait de spécial pour eux à cette période de l’année», raconte-t-il.

«De quoi vous souvenez-vous le plus? De la magie des lumières de Noël? Des activités en famille? Des repas à la dinde avec tous les grands-parents autour de la table? Concentrez vos énergies sur ces traditions. Il y a de fortes chances que c’est ce dont vos enfants vont se souvenir le plus de toute façon», ajoute celui qui est enseignant à l’École de travail social de l’Université Dalhousie.

«La dinde sera plus dispendieuse cette année, mais encore moins qu’un nouveau téléphone intelligent.»

Il invite aussi les parents à considérer le fait que les enfants se souviennent généralement d’un seul cadeau de toute façon.

Il ne sert à rien, selon lui, d’inonder une pièce avec de beaux emballages et des dizaines de présents.

«Vous pouvez également partager les dépenses pour un cadeau plus dispendieux avec des gens de votre entourage. Il n’y a aucune honte à demander un peu d’aide aux grands-parents, aux oncles ou aux tantes. Ça peut très bien devenir un effort collectif», précise Michael Ungar.

«Il est aussi souvent inutile de faire la file pendant des heures pour acheter le jouet populaire du moment, parce que de toute façon, les jeunes oublient rapidement ce genre de modes», poursuit celui qui dirige aussi le Centre de recherche sur la résilience.

«Quel était le jouet le plus populaire en 2015? Personne ne peut s’en souvenir. Gardez donc en tête que, même si ce jouet a l’air très excitant aujourd’hui, les enfants ne s’en souviendront même pas dans cinq ou six ans.»

Une autre stratégie efficace, selon lui, demeure la transparence, un outil trop souvent mis de côté par les parents.

«Je fais pas mal de travaux et de recherche avec des jeunes de partout dans le monde, qui vivent souvent dans des milieux défavorisés, et je peux vous assurer qu’ils apprécient beaucoup l’honnêteté des parents à propos de leur situation financière.»

Le docteur Ungar tient également à préciser que même si un enfant est déçu de ne pas avoir reçu tel ou tel cadeau, il ne sera pas pour autant traumatisé.

Le plus important, affirme-t-il, c’est de rendre leur Noël mémorable en le meublant d’activités, de traditions et de moments dont les jeunes vont se souvenir longtemps.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle