Un homme du Madawaska déplore que des ambulanciers n’aient pas voulu transporter son père à l’Hôpital régional d’Edmundston après que celui-ci ait été victime d’un malaise.

Yvan Landry raconte que, lundi soir, il a reçu un appel lui apprenant que son père a été victime d’un malaise et qu’il demande d’être transporté à l’hôpital.

«Déjà là, je sentais que ça pouvait être grave, car il est rare qu’il veuille aller à l’hôpital. C’est un homme généralement fier qui n’aime pas demander de l’aide.»

Comme il habite à proximité de la maison familiale à Saint-Joseph-de-Madawaska, M. Landry s’est rendu rapidement sur les lieux. Il a donc été témoin du travail des travailleurs paramédicaux. Après une évaluation de l’état de santé de l’homme âgé de 77 ans, ils auraient affirmé à la famille qu’il n’était pas nécessaire de le transporter en ambulance.

«Ils nous ont dit que nous étions responsables de l’amener à l’hôpital.»

Yvan Landry a donc transporté lui-même son père à l’hôpital. Quelques heures plus tard, celui-ci a dû être envoyé à l’unité des soins intensifs en raison de problèmes intestinaux. Vendredi après-midi, il s’y trouvait toujours.

«De ce que nous avons su, il aurait eu un saignement digestif ce qui fait que son hémoglobine était basse, ce qui lui a causé un mal qui ressemble à un malaise cardiaque.»

M. Landry ne comprend pas pourquoi, vu l’état de son père qui s’est détérioré en relativement peu de temps, les travailleurs paramédicaux n’ont pas décidé de le transporter à l’hôpital, ne serait-ce que par mesure préventive.

«À l’hôpital, ils m’ont dit que j’avais bien fait de l’apporter, car s’il avait décidé de rester chez lui, il n’aurait peut-être pas passé au travers de la nuit.»

«Ce qui me dérange là-dedans, c’est qu’une personne aurait pu mourir à la maison en raison de la perception d’un ambulancier (…) Je n’aime pas dire ça, mais on paie des taxes pour financer leur travail et on s’attend à un certain service.»

Transporter ou pas?

De son côté, Ambulance Nouveau-Brunswick a dit ne pas pouvoir faire de commentaires sur ce cas spécifique.

Mais selon la directrice des communications chez Ambulance NB, Christianna Williston, les travailleurs paramédicaux s’appuient sur des lignes directrices relatives aux soins cliniques.

«Lors de chaque interaction avec un patient, ils doivent procéder à une évaluation clinique approfondie et respecter les lignes directrices établies en ce qui a trait aux décisions de transport ou de non-transport et aux destinations de transport.»

Mme Williston explique que dans certains cas, les travailleurs paramédicaux peuvent consulter un praticien en soutien clinique (un formateur paramédical clinique) ou un médecin pour obtenir des conseils quant à la décision sur le transport.

Celle-ci ajoute toutefois que lorsque l’évaluation clinique détermine qu’un transport en ambulance n’est pas nécessaire, cela ne signifie pas que les patients ne requièrent pas de soins médicaux.

Christianna Williston explique que, dans de tels cas, les ambulanciers renseignent les patients sur les autres options de soins de santé qui répondent le mieux à la situation.

«Les patients peuvent par exemple être invités à se rendre à l’hôpital par un autre moyen qu’en ambulance ou être dirigés vers un rendez-vous avec leur médecin de famille ou leur infirmière praticienne, une consultation auprès d’un pharmacien ou une conversation téléphonique avec Télé-Soins 811.»

Selon elle, les évaluations cliniques ne représentent qu’un aperçu ponctuel de l’état d’un patient et que cet état peut changer rapidement.

«Les travailleurs paramédicaux conseillent toujours aux patients d’appeler le 911 ou de se présenter à l’hôpital le plus près si leurs symptômes changent ou s’aggravent.»

Bien qu’il soit conscient que les ambulanciers doivent être aux aguets afin d’éviter les abus et les transports inutiles vers l’hôpital, Yvan Landry soutient que son père avait bel et bien besoin de soins cette soirée-là.

«Je suis parti peut-être 10 ou 15 minutes après que les ambulanciers aient refusé d’apporter mon père. Ils auraient facilement pu faire le trajet, car nous étions à quelques minutes de l’hôpital. Il méritait d’être transporté.»

«Je peux comprendre si la personne à l’air en bonne santé, mais dans le cas de mon père il doit souvent se déplacer avec une canne ou une marchette. Il a fait quatre infarctus. Il est facile de constater que mon père a une santé fragile.»

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