Lancée en septembre, la pétition cautionnée par la députée de libérale de Fredericton a franchi le cap des 16 000 signatures jeudi.

Celle-ci doit se terminer ce vendredi à 18h.

«C’est impressionnant de voir à quel point les gens sont préoccupés par cet enjeu partout au pays. On se doit de continuer d’aborder le sujet, d’avoir cette conversation au niveau national», a confié jeudi la députée à partir de son bureau d’Ottawa.

La pétition dont elle fait la promotion réclame l’interdiction de la vente et de l’utilisation du glyphosate au Canada afin de protéger la santé humaine et l’environnement, et demande aux élus fédéraux d’élaborer un plan pour réduire l’utilisation des pesticides au pays.

Au Nouveau-Brunswick, une pétition similaire – étalée toutefois sur un plus grand laps de temps – a récolté plus de 35 000 signatures avant d’être déposée à l’Assemblée législative.

Selon la députée, certaines provinces canadiennes ont déjà emboîté le pas et interdisent le glyphosate pour certaines pratiques agricoles et forestières. C’est toutefois loin d’être le cas au Nouveau-Brunswick, où il est notamment pulvérisé dans plusieurs plantations de la forêt publique ainsi que sous plusieurs kilomètres de lignes électriques appartenant à la société de la Couronne Énergie NB.

Transfuge issue du Parti vert, Mme Atwin a un fort penchant pour le respect de l’environnement. Son combat contre cet herbicide n’est donc pas nouveau en soi. Il remonte même avant son engagement politique.

«L’utilisation du glyphosate est inquiétante à plusieurs niveaux, mais ce qui m’inquiète énormément ce sont ses conséquences sur la biodiversité, sur la faune, sur les insectes pollinisateurs, et même chez l’humain. À mes yeux, le respect de la nature est le meilleur outil pour la lutte aux changements climatiques, et cet herbicide va complètement à l’encontre de cela», soutient-elle, avouant que ses convictions par rapport à cet enjeu ne sont pas toujours bien vues dans sa propre province.

«J’ai eu plusieurs rencontres avec des industriels et des agriculteurs. Chaque fois on essaye de me convaincre qu’il n’y a pas d’autres alternatives que celle d’utiliser le glyphosate, mais je suis convaincu du contraire. La preuve est que ça se fait déjà ailleurs avec succès», indique Mme Atwin.

Celle-ci dit comprendre le point de vue des industriels, soit que cette méthode est plus rapide et leur permet d’être plus compétitifs sur les marchés.

«Mais en même temps, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a urgence d’agir au niveau environnemental», précise-t-elle.

Une fois fermée, la pétition contre l’utilisation du glyphosate sera présentée à la Chambre des communes. La députée espère également pouvoir faire avancer son propre projet de loi qui va dans le même sens que la pétition, soit afin d’interdire les produits contenant du glyphosate.

«Je vais continuer d’apporter ce sujet de toutes les façons possibles. Je ne sais pas combien de temps je serai en politique, mais cet enjeu est très important à mes yeux et je suis déterminée à faire une différence», soulignant, au passage, avoir le soutien de plusieurs de ses confrères par rapport à sa démarche.

La pétition est disponible en ligne à l’adresse suivante: https://petitions.noscommunes.ca/fr/Petition/Sign/e-4127

Réception positive

L’initiative de Mme Atwin est bien accueillie à Kedgwick. Cette communauté forestière est le berceau de l’opposition à l’utilisation du glyphosate.

«J’ai signé la pétition et je l’ai partagée. Toute initiative visant l’arrêt de l’arrosage en forêt est, selon moi, une avancée. Chose certaine, ça ramène une fois de plus ce sujet sur la table et de plus en plus les politiciens ne peuvent l’ignorer.»

Membre du groupe ÉcoVie, Francine Levesque applaudit la députée de Fredericton. Ce qu’elle espère maintenant, c’est que cela mènera à des actions concrètes.

«Nous avons eu notre pétition ici au Nouveau-Brunswick et le gouvernement a fini par céder aux pressions en créant un comité sur l’environnement et l’utilisation du glyphosate. Ce comité a fourni plusieurs recommandations, mais notre gouvernement semble l’avoir oublié, car il ne fait rien. Les actions ne suivent pas, et c’est très frustrant», déplore-t-elle, espérant avoir tort cette fois.

Alors que vient de se terminer la COP15 à Montréal – événement mettant de l’avant le défi du maintien de la biodiversité mondiale -, elle espère en effet que les élus du pays feront preuve d’ouverture.

«On ne peut pas séparer la biodiversité et l’arrosage de pesticides en forêt, car l’arrosage nuit à cette biodiversité. On ne peut pas d’un côté scander être en faveur de la biodiversité et de l’autre autoriser ce qui la tue», croit-elle.

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