Tout le monde semble avoir été pris de court par les difficultés grandissantes du foyer Saint-Bernard et de la Villa Neguac. Et «tout le monde», ça inclut la ministre du Développement social, Dorothy Shepard.

Mme Shepard a reconnu, lors d’une entrevue, lundi, que la révocation des permis de ces établissements était l’unique moyen dont elle disposait pour mettre fin à une situation qui se détériorait.

La semaine dernière, des employés du Développement social ont annoncé aux résidents et employés de Saint-Bernard et de la Villa Neguac que les deux endroits devaient être vacants le 17 février.

La nouvelle a stupéfait les résidents, leurs familles et les employés.

Si les raisons motivant cette décision n’ont pas été ouvertement spécifiées, une gestion de plus en plus déficiente des deux foyers de soins spéciaux pourrait être en cause. Des préposées aux soins ont expliqué que depuis plusieurs mois l’argent manquait et qu’elles devaient s’occuper elles-mêmes des tâches administratives.

Des propriétaires fantômes

Les propriétaires, peu soucieux, semble-t-il, ne répondraient pas aux appels téléphoniques et aux textos de détresse des employées. Les foyers seraient comme des navires abandonnés, sans capitaine, et qui dérivent au gré des vents.

Il est à se demander pourquoi la ministre Shepard n’a pas mis ces deux établissements sous tutelle. Malheureusement, c’est impossible. Les foyers de soins spéciaux ne relèvent pas de la loi sur les Foyers de soins, mais de la loi sur les Services à la famille, laquelle ne permet aucune intervention directe du ministère, si ce n’est la révocation des permis.

«Ce sont des foyers de soins spéciaux privés, a rappelé la ministre. On ne peut pas y entrer, agir comme un curateur et prendre en main la gestion des lieux. Nous ne possédons pas ces foyers. La seule autorité qui peut s’en occuper, c’est le propriétaire.»

Toutefois la ministre a indiqué que ses fonctionnaires vont développer un plan à long terme qui devrait entraîner une révision de la loi sur les Services à la famille. Le ministère pourrait notamment obtenir le droit d’intervenir dans les affaires d’un foyer de soins spéciaux qui serait en eaux troubles. Si l’idée a du mérite, sa faisabilité devra, par contre, être déterminée par des juristes, a laissé entendre Mme Shepard.

Un arrangement spécial?

En attendant, n’aurait-il pas été possible d’en arriver à un compromis temporaire avec les propriétaires actuels des foyers qui sont en difficulté?

«On (le ministère du Développement social) s’est torturé avec cette « question », mais nous n’avions aucune véritable alternative. Nous avons considéré toutes les options possibles pour éviter la révocation des permis», a confessé la ministre.

Et si les foyers étaient vendus, combien de temps faudrait-il à son nouveau propriétaire pour acquérir les permis nécessaires?

Mme Shepard n’a pas voulu avancer de délai particulier, mais selon elle, l’attribution d’un permis requiert plusieurs semaines. Et comme la vente de propriétés de cette importance demande habituellement des mois, les résidents qui seraient enclins à croire qu’une résolution rapide pourrait leur éviter de déménager n’ont plus qu’à se résigner.

Il y a une semaine, la province annonçait que 29 résidents étaient touchés par une mesure considérée exceptionnelle. Lundi, la ministre a toutefois rapporté que trois résidents se trouvaient déjà ailleurs.

D’autre part, le nombre de personnes affectées aurait pu être beaucoup plus élevé alors que ces deux foyers peuvent accueillir jusqu’à 53 personnes.

Dorothy Shepard a en outre indiqué, lundi – soit moins d’une semaine après l’annonce des retraits de permis – que 14 des 26 résidents affectés avaient déjà trouvé un nouveau toit.

Un représentant du ministère a par la suite expliqué que certains résidents ont décidé de retourner chez eux ou de s’installer chez un parent, un choix qui serait facilité par les programmes de soins à domicile.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle