Des machines distributrices offrant gratuitement des trousses de dépistage du VIH, de la COVID-19 et des produits afin de réduire les méfaits liés à la consommation de stupéfiants ont été installées dans cinq communautés néo-brunswickoises, notamment à Moncton.

Ces distributeurs intelligents, baptisés Notre Boîtesanté, s’inscrivent dans le cadre d’un projet dirigé par des chercheurs de l’Hôpital St Michael de l’Université de Toronto.

En plus d’offrir des trousses de dépistage du VIH et de la COVID-19, les appareils fournissent de nombreux produits afin d’éviter les méfaits liés à la dépendance aux stupéfiants, dont des trousses de Naloxone, utilisées afin d’éviter les surdoses d’opioïdes, et de nouvelles seringues.

Au Nouveau-Brunswick, les appareils ont été installés à Sackville, à Moncton, à Richibucto et à Wotstak (Première Nation de Woodstock).

Grâce à un partenariat entre le MAP Centre for Urban Health Solutions et Bureau en gros, 20 distributeurs seront installés dans les provinces de l’Atlantique en 2023.

Projet pilote

Le concept de Notre Boîtesanté est à l’essai depuis trois ans. Depuis 2020, un prototype de l’appareil a été installé sous le porche d’Ensemble Moncton, un organisme qui œuvre à réduire les méfaits et les risques associés à l’usage de stupéfiants dans la région.

«Le projet pilote nous a montré qu’il y avait un grand besoin pour ces produits, explique Debby Warren, directrice générale d’Ensemble Moncton. Dès que l’appareil a été installé, on a eu du mal à le garder stocké.»

D’après Mme Warren, le distributeur installé aux bureaux d’Ensemble Moncton servait surtout entre 16h et 9h, soit à l’extérieur des heures d’activité de l’organisme. Notre Boîtesanté vient donc combler un vide pour les personnes itinérantes qui ont souvent des défis liés à la consommation de stupéfiants.

Sean Rourke, un professeur du MAP Centre for Urban Health Solutions qui collabore au projet de distributeurs, ajoute pour sa part que l’initiative permettra de colliger de précieuses informations afin de réduire les méfaits des stupéfiants.

«On essaye de comprendre qui nous joignons et quels sont leurs besoins pour mieux planifier la prestation de services. Ça nous permet d’obtenir des données en temps réel dans toutes les communautés où les appareils seront installés», a précisé le chercheur qui a aussi dirigé un essai clinique afin d’évaluer et démontrer la fiabilité des tests d’auto dépistage du VIH, approuvés par Santé Canada en 2020.

Par exemple, si les données récoltées dans le cadre du projet indiquent que très peu de jeunes ont recours au Naloxone offert dans le distributeur, le partage de ces informations avec diverses agences gouvernementales et les décideurs pourraient mener à des programmes d’intervention ciblés afin de leur offrir le service dont ils ont besoin, ajoute M. Rourke.

«Parfois, ce n’est pas une question de ressources ou d’argent, mais plutôt d’effectuer des changements systémiques pour améliorer la manière dont les personnes accèdent aux services», dit pour sa part Debby Warren.

D’importantes informations

En plus d’offrir ces trousses de réduction des méfaits, l’affichage numérique du distributeur servira aussi à partager des informations importantes avec les utilisateurs, que ce soit les services dont ils peuvent avoir besoin afin de traiter leur dépendance ou des messages d’avertissements lorsque des stupéfiants particulièrement dangereux circulent dans leur communauté.

«Plusieurs utilisateurs ne savent pas où aller afin de recevoir les services dont ils ont besoin, donc c’est aussi une manière de les mettre en contact avec les prestataires de soins», se réjouit Sean Rourke.

«Advenant que le test de dépistage au VIH d’un client soit positif, nous avons mis en place un processus afin qu’ils aient un accès facile à des spécialistes en maladies infectieuses», ajoute Mme Warren.

D’ici la fin 2023, une cinquantaine d’appareils seront installés à la grandeur du pays. Au cours des trois prochaines années, le Canada devrait en compter une centaine.

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