Un club d’aînés du Restigouche entend mettre de la pression sur le gouvernement provincial afin de s’assurer que les personnes âgées puissent vieillir en sécurité, en santé et surtout dans la dignité en foyers de soins.

Une série de lettres, traitant chacune d’un enjeu spécifique, a été rédigée par les membres du Club Notre-Dame-des-Neiges de Campbellton et sera acheminée aux élus de la province.

Les instigateurs de ces missives demandent notamment au gouvernement de revoir les normes dans les foyers de soins, qu’il instaure des comités de résidents et de familles, qu’il exige une formation pour tout le personnel et les propriétaires de foyers de soins, et qu’il s’assure d’une bonne alimentation des résidents.

Cette pression des aînés restigouchois fait écho aux recommandations du rapport Vieillir dans l’indifférence et l’indignité publié l’été dernier par l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (AFANB). D’autres groupes similaires ailleurs en province pourraient d’ailleurs suivre l’exemple du club de Campbellton.

Selon ce que rapportent les aînés de Notre-Dame-des-Neiges, et que l’on retrouve dans ce document, la pandémie a permis de révéler des failles à plusieurs niveaux dans les foyers. Gestion et distribution des médicaments, hygiène des aînés, propreté des lieux, recours à la malbouffe, inspections trop peu nombreuses, manque de communication avec les familles des résidents, lacune au niveau de la formation… Le portrait global de la situation est peu flatteur.

«On sait que toutes ces situations se produisent, car les résidents en parlent à leur famille, à leurs amis, mais ils n’osent souvent pas dénoncer de peur d’être mis au rancart. On se doit donc de parler au nom des résidents, des familles. Et notre gouvernement a un rôle à jouer afin d’améliorer la situation de ces personnes en foyer. Il faut que ça change», explique Samia Awad du Club Notre-Dame-des-Neiges de Campbellton.

Colette Loire est présidente du club. Si elle insiste sur le fait qu’il existe de nombreux foyers des soins de qualité, elle soutient par contre que tous peuvent s’améliorer à différents égards.

«Il ne faut pas généraliser, il y a de bons foyers. Mais, de façon générale, il y a trop de lacunes dans ces établissements. C’est ce qui fait qu’encore aujourd’hui, beaucoup d’aînés craignent d’aller en foyer, qu’ils ne veulent absolument rien savoir de ça. Certains en ont même carrément peur», explique-t-elle.

Ce que son groupe revendique?

En somme que les foyers soient davantage imputables du séjour de leurs pensionnaires et qu’ils en fassent plus pour le rendre plus agréable.

«J’ai entendu des histoires de gens qui avaient faim dans les foyers, c’est inacceptable. D’autres se font laver les cheveux, mais faute de temps on ne les sèche pas. Je n’ai rien contre le secteur privé, mais nos aînés ne doivent pas être perçus simplement comme un profit. Il faut absolument avoir plus de surveillance dans les établissements afin de contrer les abus. Il faut rendre ces établissements plus humains», dit-elle.

Celle-ci demande également une plus grande formation par exemple, déplorant qu’en raison de la pénurie de main-d’œuvre, on semble embaucher des gens qui n’ont pas toutes les qualifications requises.

«Mais avec la formation vient par ailleurs un salaire plus digne de la tâche et des responsabilités. Ces gens ne sont pas suffisamment payés. Il faut absolument valoriser la profession si on veut espérer venir à bout de ce problème», ajoute-t-elle.

La santé aussi…

Si les aînés du Restigouche disent se reconnaître dans les demandes de l’AFANB, au point de relancer le gouvernement en ce moment, ceux-ci avouent toutefois que des enjeux plus locaux continuent de les tourmenter.

Instigateur d’une pétition pour freiner l’érosion des soins de santé à l’hôpital régional de Campbellton et promouvoir le retour de services disparus, le club Notre-Dame-des-Neige avoue être plus inquiet que jamais de l’appareil de santé restigouchois.

La pétition, déposée à l’Assemblée législative l’automne dernier, a récolté plus de 8400 signatures.

«Chaque semaine ou presque depuis le début de l’année, on entend une nouvelle histoire d’horreur. Des temps d’attente épouvantables dans les ambulances ou à l’urgence, des gens de tout âge – pas seulement des aînés – qui ont de la difficulté à obtenir des services, d’autres qui sont même carrément retournés à la maison malgré leur condition. On est inquiet et la population en général est inquiète également», souligne Mme Loire.

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