Une quarantaine de citoyens se sont rassemblés, lundi, à Grand-Sault afin de discuter de la relance du comité communautaire de la santé de l’Hôpital général de Grand-Sault.

Le comité a été créé en 2006 afin de protéger l’offre de services de santé dans la communauté de Grand-Sault et de ses environs, principalement à l’hôpital général.

Celui-ci a été particulièrement actif dans le dossier du retrait des services d’oncologie, en 2017. Celui-ci s’était soldé par une proposition du Réseau de santé Vitalité à l’époque, qui recommandait d’utiliser des infirmières de l’Hôpital régional d’Edmundston pour administrer les traitements à Grand-Sault.

Le comité a toutefois perdu quelques plumes au fil du temps. Plusieurs membres du conseil, qui occupaient des postes clés, ont récemment décidé qu’ils ne seraient plus de retour.

«L’objectif est de trouver du sang neuf autour de la table pour redonner vie au comité afin de veiller à ce qu’il y ait de bons soins de santé dans la communauté», a mentionné Marco Gagnon, porte-parole actuel du comité et ancien vice-président.

Selon M. Gagnon, le désir de remettre le comité sur les rails ne provient pas nécessairement d’une inquiétude quant à la survie de l’hôpital de Grand-Sault, mais on souhaite plutôt s’assurer que les services soient disponibles à tous les gens de la région.

«Le système a ses défis, alors on veut voir s’il y a des solutions que la communauté peut apporter pour aider notre établissement et nos gens.»

C’est dans cette optique que la rencontre du 23 janvier a été organisée avec comme invité, le Dr Louis-Marie Simard. Il a d’ailleurs fait les manchettes en mars 2022 alors qu’il a été suspendu du conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité en raison de son implication au sein du comité de la santé de la Commission des services régionaux de Kent.

Selon Marco Gagnon, la visite de M. Simard pourrait aider à susciter un certain enthousiasme pour le comité de la santé de Grand-Sault, mais pourrait aussi apporter plusieurs informations pertinentes à sa relance.

«On a une perspective d’une autre région. Il (Louis-Marie Simard) a été impliqué dans le domaine de la santé. Il a un bagage d’expériences et c’est certain que si tu peux avoir accès à ça, tu veux l’avoir», a ajouté Marco Gagnon.

Le Dr Simard n’a d’ailleurs pas perdu de temps en insistant sur le fait que le patient n’était plus au centre des décisions prises par les réseaux de santé. Selon lui, il est temps que tous les comités ayant un lien avec le secteur de la santé comprennent également des patients.

«On a pratiquement tous des membres de notre famille avec des problèmes de santé mentale, ou des membres de notre famille qui sont âgés et qui ont des problèmes. Beaucoup de gens ont des enfants. On sait ce que ça prend pour améliorer la vie de ce monde-là.»

«Sauver le système de santé»

Selon le médecin, ce sont des comités en région, comme celui de Grand-Sault, qui parviendront à «sauver le système de santé», à condition qu’ils sachent se développer.

«La crise que l’on vit actuellement est aussi grosse que celle de l’assurance-maladie de la fin des années 60. Le système subit de grosses attaques ce qui fait que nos enfants n’auront probablement pas la même qualité de services que l’on a eue. Ce sont les citoyens, en petits groupes, qui vont sauver le système. Ce n’est pas le gouvernement qui va le faire.»

Par contre, afin de favoriser le développement de ces comités, M. Simard estime qu’il existe des éléments incontournables.

«Il faut que les membres soient convaincus de la gravité de la situation et de l’importance du problème. Une fois cela fait, ils pourront explorer les possibilités d’intervention politique et de lobbying et les possibilités d’action directe. Ils font partie du système de santé alors ils veulent améliorer les soins de santé pour eux-mêmes et pour la communauté.»

Même s’il reconnaît que le domaine de la santé est très technique, Dr Jean-Marie Simard croit qu’il y a moyen d’intégrer des gens qui travaillaient ou qui travaillent toujours au sein du système de santé.

Selon lui, il y a aussi moyen d’améliorer les services de santé à l’extérieur même des murs de l’hôpital.

«Je suis sûr qu’un petit groupe, qui souhaiterait améliorer les services aux personnes âgées à Grand-Sault, pourrait trouver des infirmières qui s’occupent de personnes âgées ou d’un gériatre qui pourrait venir les aider. L’objectif est de faire des choses qui auront un impact sur la qualité de vie des gens. C’est la même chose en santé mentale ou dans d’autres secteurs.»

De plus, la présence d’un comité de la santé est aussi un moyen, d’après M. Simard, de regrouper les plaintes des patients à l’endroit d’un réseau de santé comme Vitalité afin de les regrouper et montrer des preuves de l’ampleur du problème.

«En sachant ce que les patients vivent, ce sera majeur pour mobiliser les gens. On parle de décès dans les salles d’urgence, mais il y a beaucoup plus que ces décès-là. Il y a tous ceux qui ont eu des complications et qui sont morts, car ils n’ont pas eu les soins appropriés.»

Dans un contexte de crise dans le système de santé, le rôle d’un comité de la sorte, selon Dr Simard, est aussi d’apporter une action politique afin de forcer les gouvernements à agir.

«Il faut que la pression augmente jusqu’au point où les gouvernements comprennent qu’il est impensable de ne pas régler le problème du système de santé actuel. Il y a moyen de passer ce message, mais il faudra un certain nombre de politiciens de bonne foi et qu’ils se rendent compte que ce n’est pas juste une petite contestation de quelques mécontents.»

Parlant de gouvernement, Louis-Marie Simard a aussi traité de l’importance de l’implication des gouvernements locaux dans les efforts des comités communautaires de santé. Actuellement, quelques élus font partie de groupe, dont la mairesse de Vallée-des-Rivières, Lise Roussel, et le conseiller municipal de la Municipalité régionale de Grand-Sault, David Raines.

De son côté, le maire de Grand-Sault, Bertrand Beaulieu, qui était présent à la rencontre, a insisté sur le fait que la nouvelle planification stratégique de la municipalité régionale intégrera la question des services de santé.

«Il y a un axe qui est les services à la communauté, qui comprend la santé. On a un autre axe qui implique le développement communautaire. Ces deux axes sont développés pour assurer des services à la communauté et lui permettre d’avancer. On va essayer de prendre nos responsabilités.»

Même si la rencontre n’a pas résulté en la formation d’un nouveau conseil d’administration, quelques personnes ont partagé leur intérêt de travailler au sein du comité.

«Je ne crois pas que le problème soit le manque de volonté des gens d’être autour de la table, c’est plutôt que quelqu’un se lève et prenne les devants pour le comité. Il y a des chaises qui se sont libérées, alors il est temps de les remplir de nouveau», a expliqué Marco Gagnon.

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