Le Collège des médecins de famille du Nouveau-Brunswick tient à remettre les pendules à l’heure: les infirmières praticiennes et les médecins ne sont pas interchangeables dans notre système de santé. Les deux professions sont plutôt complémentaires, souligne la Dre Karine Boulay, présidente de l’organisme.

La présidente réagissait ainsi à une publication qui a circulé dans certains médias la semaine dernière.

«Ça fait longtemps qu’on voulait faire le point sur cette question. L’accès au système de santé est un sujet extrêmement complexe. Je pense que la solution se trouve beaucoup plus dans le travail en équipe», explique-t-elle.

«Le texte laissait entendre que les infirmières pouvaient faire exactement le même travail que nous au tiers du prix. La réalité, c’est qu’on ne fait pas le même travail. Nos formations sont certainement complémentaires, mais elles sont extrêmement différentes. Je ne pense pas que nous sommes interchangeables.»

Le collège des médecins représente plus de 800 médecins de famille qui œuvrent dans la province.

«Nous voulons que tous les partenaires soient à la table pour trouver des solutions et assurer un meilleur accès à des soins pour les citoyens. Les infirmières praticiennes jouent déjà un grand rôle et nos membres travaillent étroitement avec plusieurs d’entre elles. Mais il n’en demeure pas moins que nos expertises et les leurs sont complémentaires. Le rôle du médecin de famille est unique et demande une formation particulière», explique la Dre Boulay.

La présidente tient à préciser que son association ne part pas en guerre contre les infirmières praticiennes, bien au contraire.

«Les infirmières jouent un énorme rôle au niveau de l’accès aux services de santé. Je pense d’ailleurs qu’il faut tous réévaluer nos rôles à l’intérieur du système de santé. Ce n’est pas une question de nous contre elles. C’est de voir comment on peut donner un meilleur service ensemble.»

Les infirmières praticiennes sont essentielles aux services de santé au Nouveau-Brunswick, poursuit le Dre Karine Boulay.

«Au collège, nous avons vraiment une vision de travail en équipe, notamment avec des cliniques multidisciplinaires avec d’autres professionnels de la santé. Le but commun, c’est d’aider les patients.»

Il y a selon elle plusieurs façons d’améliorer l’efficacité de notre système.

«Quand un patient appelle au bureau, a-t-il absolument besoin de voir un médecin de famille? Peut-être peut-on la diriger vers un travailleur social, un professionnel de santé mentale ou une infirmière praticienne», précise la présidente du Collège.

Rappelons que les infirmières praticiennes peuvent mener des consultations, poser un diagnostic et prescrire des médicaments.

«De la façon que ça fonctionne, on est un peu laissés dans nos propres silos. C’est pourquoi nous voulons promouvoir ce travail d’équipe pour diriger les gens vers le service le plus approprié pour eux, selon la situation», mentionne la Dre Boulay.

«On le fait déjà en milieu hospitalier. On doit voir comment ça pourrait se transposer au niveau communautaire. Il faut juste réimaginer un système dans lequel il y aura plus de collaboration.»

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