À l’aube de son 100e anniversaire, le Club de golf Restigouche, situé à McLeods, vient de procéder à un important changement de structure, passant d’entreprise à organisme sans but lucratif (OSBL).

Ce changement a été entériné mardi soir par les membres du club à l’issue d’une rencontre extraordinaire convoquée par le nouveau conseil d’administration.

L’objectif du changement de statut est de pouvoir plus facilement contracter des prêts au sein des institutions, mais aussi de bénéficier de certains privilèges fiscaux.

La conversion à un OSBL n’est pas étrangère à la situation financière pour le moins difficile du club. Les résultats des trois derniers exercices financiers ont été présentés aux membres lors de la rencontre, et ceux-ci sont en effet peu reluisants.

Durant la saison 2019-2020, le club a engendré un déficit d’opération de 61 500$. Pour la saison 2020-2021, on parle d’un manque à gagner de 45 800$ et pour celle de 2021-2022 de 62 500$. Le déficit accumulé de ces trois années frôle ainsi les 170 000$.

«Est-ce qu’il manque d’autres revenus? On ne sait pas, car il nous manque beaucoup de données comptables. Il y a eu des lacunes au niveau de la gérance au cours des dernières années. On y est allé avec ce que l’on a trouvé comme dépenses/revenus et ce que nous avions dans le compte de banque», explique le président du conseil d’administration, Jean Pelletier, s’abstenant pour l’instant de pointer qui que ce soit du doigt.

Celui-ci préfère en effet ne pas trop s’avancer sur les causes possibles de cet endettement à répétition, le dossier ayant été transféré à la GRC qui tente de faire la lumière sur les entrées et sorties d’argent.

Comme l’année financière 2022-2023 prend fin à la fin du mois, on ne connaît pas pour le moment le montant du déficit (si déficit il y a), mais le président du club ne s’attend pas à un miracle.

«Pour être franc, on ne pourrait même pas dire combien nous avions de membres l’an dernier. On pense en avoir eu près de 400, et même là, je ne pourrais même pas dire s’ils ont tous payé leurs frais d’inscription», indique-t-il.

Ces déficits cumulés s’ajoutent à une dette à long terme de 282 000$, ce qui revient à dire que le club se retrouve dans une position financière très précaire en ce début d’année. Le club n’a eu d’autre choix que de contracter un emprunt afin de rembourser certains créanciers et autres dépenses, incluant les taxes de propriétés impayées depuis trois ans.

«C’est un défi auquel nous sommes confrontés et on doit s’y attaquer afin d’assurer la survie de notre institution. La bonne nouvelle, c’est que nous avons un nouveau conseil en place avec des gens très solides et professionnels qui ont à cœur le destin du club. On va trouver des solutions», promet M. Pelletier.

Parmi les actions déjà entreprises par le nouveau conseil, notons la hausse des coûts de l’abonnement de saison. À titre d’exemple, l’abonnement pour adulte passera à 970$, soit une centaine de dollars de plus que l’année précédente. Cette mesure ne va pas toutefois renflouer les coffres prévient le président du club. Tout au plus, elle servira à couvrir les coûts de fonctionnement qui – comme toutes autres choses – sont à la hausse.

«Nous étions dus pour augmenter d’une façon ou d’une autre. Quand on regarde nos prix, ils sont très similaires à ce qui est proposé dans les alentours», souligne M. Pelletier.

Afin de renflouer les coffres du club, le conseil compte miser sur une campagne de marketing agressive, dont relancer la communauté d’affaires afin qu’elle soit plus présente au niveau des commandites.

«On pourrait, par exemple, renommer notre vert de pratique, nos trous ou même notre patio selon des commanditaires. On aimerait que nos entreprises nous appuient une fois de plus. On a besoin de notre communauté plus que jamais», soutient le président du club.

Le timing ne pouvait tomber plus mal pour un tel portrait puisque le club célèbre cette année son 100e anniversaire. À cet effet, il est clair que le conseil d’administration aurait préféré donner de meilleures nouvelles à ses membres et aux amateurs de golf de la région.

Néanmoins, M. Pelletier note qu’en dépit des déboires financiers actuels du club, on ne manquera pas de souligner ce centenaire comme il se doit.

«On est un peu menotté au niveau financier. Du coup, on ne fera pas de grands changements sur le terrain, pas de grandes améliorations. Mais on va faire en sorte de remettre de l’ordre dans tout ça afin de pouvoir célébrer notre 100e tout de même et avoir une belle année de golf», dit-il.

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