Certains parlaient d’une amie, d’autres d’une comédienne exceptionnelle. Mais tous s’entendaient sur un point: Viola Léger a été l’une des meilleures ambassadrices de l’Acadie à travers le monde.

«On pleure une grande dame qui a touché tellement de vies, beaucoup dans le domaine du théâtre, mais dans toutes les sphères de la société», rappelle Gilles Beaulieu, président de la Fondation Viola-Léger.

«Madame Léger, c’est une grande dans sa profession, mais au plan humain, c’était une personne exceptionnellement accueillante, soucieuse d’autrui et aidante», ajoute-t-il.

«Dans son métier, elle était très exigeante envers son métier et c’est pour ça qu’elle a goûté l’excellence, je pense.»

La fondation a vu le jour en 1999 et a permis de distribuer près de 100 000$ à de jeunes comédiens et comédiennes.

«C’était son bébé. Durant sa carrière en enseignement, elle a fondé des troupes de théâtre et semé des graines partout où elle est passée. Elle a éveillé des consciences et elle a incité des jeunes à faire du théâtre», souligne Gilles Beaulieu.

«Dans les années 1990, elle a voulu redonner et encourager les jeunes à continuer ce qu’elle avait commencé. Elle a voulu donner à sa façon une tape dans le dos aux jeunes de la relève», poursuit-il.

«J’aimerais lui dire merci pour tout ce qu’elle a fait pour l’Acadie.»

Chaque année, cette fondation offre une bourse de 5000$ à une personne qui a terminé ses études et qui est en début de carrière.

Le président du conseil d’administration du Pays de la Sagouine, Camille Thériault, parlait d’une véritable ambassadrice pour l’Acadie.

«On m’avait averti comme président du conseil, il y a trois ou quatre jours, que ça n’allait pas bien. Mais c’est toujours un choc quand ça arrive», souligne-t-il, visiblement ébranlé.

«C’est difficile de dissocier Viola Léger de la sagouine. Mais je réalise qu’elle était bien plus que ça. Quand tu regardes sa carrière, elle a tout un parcours», ajoute l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick.

«Elle a été une mentore pour plein de jeunes acadiens et acadiennes qui aspiraient à une carrière au théâtre. C’était une personne tellement aimable, qui aimait donner de son temps généreusement.»

Il reconnaît que le succès du Pays de la sagouine, c’est un peu beaucoup à cause de Viola Léger.

«Elle a incarné et a fait voyager la Sagouine ainsi que le pays partout dans le monde entier, que ce soit aux États-Unis, au Québec, en Europe ou dans le Canada anglais, parce qu’elle a joué la pièce dans les deux langues», précise Camille Thériault.

«Quand les gens la voyaient en spectacle, ça leur donnait le goût de venir la voir dans son pays.»

Le cinéaste Phil Comeau a côtoyé Viola Léger tout au long de sa carrière. Il l’a dirigée dans le film Le secret de Jérôme en 1994 (elle incarnait la gérante du magasin général), dans la minisérie Les couleurs de mon accent (2003) et dans la nouvelle version de la série La Sagouine (2007).

«J’étais dans une salle de cinéma à Lafayette quand je l’ai appris, samedi soir. C’est une perte énorme pour nous tous. C’était une icône de l’Acadie et un trésor national», affirme-t-il.

«C’est la meilleure comédienne qu’il n’y a jamais eu en Acadie et je pourrais même dire de sa génération au Canada. C’était une femme tellement concentrée quand elle travaillait. On n’avait jamais besoin de faire une deuxième prise parce qu’elle l’avait du premier coup.»

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