«Je vais toujours appuyer le bilinguisme et la communauté francophone du Nouveau-Brunswick.»

Mike Sanderson est un homme de conviction.

Même le harcèlement qu’il a subi de la part de certains anglophones ne l’a pas ébranlé.

Le comptable de 33 ans a passé une partie de sa jeunesse dans des classes d’immersion en français à Riverview.

«J’ai fait face à ces préjugés et ces commentaires négatifs au niveau professionnel. Je ne me souviens pas d’avoir eu à faire face à ce genre de choses à l’école. Il faut dire que nous étions pas mal nombreux. On était au moins une cinquantaine par niveau.», explique-t-il.

«En fait, la majorité des jeunes de mon école primaire ont suivi des cours d’immersion en français.»

Il a suffit qu’il participe à une publicité en français à la télévision pour l’organisme Canadian Parents for French pour déclencher l’hostilité à son endroit. Ces quelques petites minutes en ont fait un traître aux yeux de certains.

«Puis des membres d’un groupe de pression pour les droits des anglophones m’ont contacté pour me poser quelques questions. Je croyais que c’était pour un article. Dès que j’ai lu les premières questions, c’était très clair de quoi il s’agissait. Ce n’était pas du tout une entrevue et j’ai tout annulé», raconte celui qui a déjà été animateur à la radio de l’Université de Moncton (CKUM à l’époque) et CHOY-FM.

«Ils semblaient insinuer que j’étais payé pour faire de la propagande et des choses du genre. Deux ou trois personnes de ce groupe ne m’ont pas lâché durant deux ou trois jours. J’ai conservé tous leurs messages. Je n’ai pas eu besoin d’aller devant les tribunaux, mais j’étais seulement à une étape de porter plainte», indique Mike Sanderson.

«L’intolérance est souvent pratiquée par des gens qui ont peur des choses qu’ils ne connaissent pas. Le fait d’apprendre le français a élargi mes horizons et m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses.»

Un exemple de réussite

Le francophone de Moncton a participé aux programmes d’immersion dès 1995 à l’école primaire Claude-D-Taylor, de Riverview.

Il remercie ses parents de lui avoir permis d’apprendre une deuxième langue dès son plus jeune âge.

«Ils croyaient que ça me donnerait un gros avantage dans la vie et dans ma future carrière, peu importe dans quel milieu je voulais travailler», explique-t-il.

«Le fait de commencer à apprendre le français dès un jeune âge était la meilleure façon de réussir.»

Il affirme ne pas avoir eu de problèmes pour maîtriser la langue de Molière.

Il lance à la blague qu’il a eu les mêmes embûches que les jeunes francophones au niveau des verbes.

«Le processus est très graduel. Je n’avais pas l’impression que c’était une matière plus difficile que les autres à l’école. Parler français est un atout pour moi sur une base quotidienne. Je suis capable de répondre au téléphone en français ou d’interagir avec mes collègues de travail et les clients dans leur langue», raconte Mike Sanderson.

«Mais c’est plus que ça, ce n’est pas uniquement une question de travail.

J’ai plusieurs amis francophones et j’ai appris à découvrir une autre culture que j’apprécie beaucoup.»

Selon lui,le bilinguisme ne devrait pas être perçu comme un fardeau par le gouvernement ou les entreprises.

«On devrait célébrer notre diversité et la richesse de la culture acadienne et francophone, et non essayer de l’ignorer ou de la tasser dans un coin. Je pense que c’est important de respecter tout le monde qui vit autour de nous, peu importe leur langue ou leur culture.»

En septembre, lui et sa conjointe ont choisi d’enrôler leur fils Logan à l’école Le Sommet, à Moncton.

«Je pense que l’éducation en français va mieux le préparer à devenir réellement bilingue. Les programmes d’immersion, c’est bien, mais j’ai dû travailler fort après ça pour atteindre un très bon niveau de français.»

L’exemple de Mike Sanderson est de plus en plus fréquent.

Les stigmates sont cependant encore très présents pour les anglophones qui optent pour l’immersion ou l’école française.

L’Acadie Nouvelle a contacté plusieurs autres familles qui ont fait le même choix, mais elles ont préféré ne pas discuter publiquement de leur décision.

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