«On porte tous notre cathédrale» – Michèle Bouchard

CARAQUET – Le premier Symposium d’art actuel bat son plein, à Caraquet, un événement de longue durée qui permet aux artistes d’échanger entre eux, et au public de découvrir diverses expressions des arts visuels et d’en connaître davantage sur ses principaux acteurs.

Une dizaine d’artistes de diverses régions et orientations sont à l’oeuvre dans le cadre d’un premier Symposium d’art actuel, présenté à Caraquet sous le thème Espace Cathédrale.
Pendant deux semaines, les artistes créent chacun une œuvre à partir de ce thème en divers endroits de la ville, soit principalement au Colisée Léopold-Foulem, mais aussi à l’École des pêches (Luc A. Charette) et au garage municipal (Michèle Bouchard).  
Il est possible de les visiter et de constater l’évolution de ces tableaux, sculptures ou installations, et de discuter avec leur créateur quand le temps le lui permet.
Tous les jours, à 10 h, un artiste différent prononce une conférence publique au foyer du Centre culturel de Caraquet, qui traite de son parcours. Hier, c’était au tour de Michèle Bouchard, une artiste de la région de Caraquet originaire de Gaspé.
«On porte tous notre cathédrale», raconte l’artiste pour exprimer sa vision du recueillement, comme quoi c’est dans le mouvement qu’on le trouve. À l’image de cet énoncé, son œuvre se constitue d’une cathédrale mobile, montée sur un chariot d’enfant. Elle dit que les gens pourront y prendre place.
Pour l’artiste madelinot Jean-Yves Vigneau, la cathédrale est une mer spoliée, vidée de ses ressources. De cette réflexion découle la conception d’environ six caisses marquées du nom d’espèces de poissons surexploitées commercialement, comme la morue.
Intitulée Arrivage, son œuvre évoque l’écroulement de l’industrie de la pêche. Symboliquement, l’exposition consistera au largage de ces caisses sur les rives de la baie de Caraquet, vendredi. «Ce sont les résidus du naufrage de la pêche», explique M. Vigneau.
Les autres artistes proviennent du Nouveau-Brunswick, sauf François Gaudet, de la Nouvelle-Écosse, Sonja Hébert, qui vit à Vancouver, et Vincent Lévy, qui arrive de France. M. Lévy propose une installation d’art numérique qui agit comme un miroir à retardement, en projetant une image décalée du sujet qui se présente devant une caméra installée sur son site, au Colisée Léopold-Foulem.
Les artistes néo-brunswickois sont Joël Boudreau (Saint-Simon); Carole Bherer (Bathurst); Luc A. Charette (Moncton); Jacques Martin (Edmundston) et Gilbert LeBlanc (Petit-Rocher).
Au moment de rencontrer ce dernier, il préparait des mantes religieuses en cire de taille humaine, pour sa cathédrale en forme de canot.
Le fait d’œuvrer avec des collègues chevronnés et de divers horizons amène de bonnes perspectives, pour les artistes et le public, souligne Michèle Bouchard. «Ça nous confronte face à notre art, et ça permet de se découvrir. C’est aussi un moment pour le public de se rapprocher du processus de création.»

En bref… Le Symposium d’art actuel se poursuit jusqu’à dimanche. L’entrée est libre sur les sites, de même qu’aux conférences. Il reste encore deux conférences quotidiennes, soit aujourd’hui, avec Vincent Lévy, et samedi, avec Gilbert LeBlanc… En plus de ces conférences, l’artiste multidisciplinaire et lieutenant-gouverneur Herménégilde Chiasson prononcera ce soir une conférence intitulée «Avons-nous perdu le sens du monumental?», à 19 h, au Centre culturel de Caraquet…