Le vent de la fête a soufflé sur le Festival de musique baroque de Lamèque

LAMÈQUE – Panache, implication de la communauté, assistances nombreuses et heureuses, les épithètes manquent au directeur artistique du Festival international de musique baroque de Lamèque, Mathieu Lussier, pour qualifier la 34e édition qui prenait fin hier.

À en croire Mathieu Lussier, le 34e Festival international de musique baroque de Lamèque s’est réellement déroulé sous Un air de fête (selon le thème de cette année), de jeudi à hier. Le directeur artistique, bassoniste de profession, dit retourner chez lui, à Montréal, avec le sentiment du devoir accompli.
«Je suis extrêmement ravi du déroulement de l’ensemble du Festival. Il y a eu beaucoup de moments forts et les assistances ont été très satisfaisantes. D’ailleurs, jeudi soir, je crois que nous avons eu l’un des plus gros auditoires pour un concert d’ouverture. Je suis vraiment content», exprime Mathieu Lussier à L’Acadie NOUVELLE.
Parmi les moments forts, le concert Cours toujours, Apollo!, vendredi soir, sur lequel les élèves de l’école Sœur-Saint-Alexandre de Lamèque ont mis des illustrations et imaginé une mise en scène pour la cantate Apollo et Daphne de Haendel. L’exemple parfait de l’implication communautaire que réclamait Mathieu Lussier.
«Ç’a été un triomphe! Les gens ont vraiment adoré. C’est une expérience nouvelle pour les jeunes et l’ensemble de la communauté. C’est sûr que l’an prochain, j’essaierai d’aller chercher une autre école pour refaire le même type d’activité», soutient Mathieu Lussier.
Le concert rendant hommage à la musique de Henry Purcell de samedi soir, avec le Chœur et l’Orchestre de la Mission Saint-Charles, a lui aussi été un autre moment fort, celui-là davantage sur le plan technique. La soprano Pascale Beaudin, malade, a été remplacée à pied levé par Nathalie Paulin, qui a eu la partition de Music for a while à peine 1 h 30 avant le début du concert. La «SOS-soprano» comme l’appelle Mathieu Lussier affectueusement en coulisse, a brillé par son interprétation juste et tout en nuances de l’aria qui demandait certainement plus qu’une simple lecture à vue… En outre, le Chœur a aussi fait montre d’une interprétation sobre et, tout comme l’Orchestre, d’une précision d’attaque au rasoir.
«Le Chœur de la Mission Saint-Charles, c’est le lien entre la communauté et les musiciens. Je suis très content que son chef original, Pierre Lavoie, l’ait dirigé cette année. C’était une façon pour nous de lui rendre hommage, ainsi qu’au Chœur et à l’Orchestre. Et le Chœur a très bien chanté samedi soir», souligne Mathieu Lussier.
La présence de la claveciniste française Blandine Rannou a ajouté quant à elle la touche internationale du Festival. Son concert de samedi après-midi à l’église de Pigeon Hill est considéré comme une pièce d’anthologie, selon plusieurs commentaires entendus.
Les idées ne manquent donc pas pour la 35e édition du Festival international de musique baroque de Lamèque, qui aura lieu l’an prochain. Mathieu Lussier indique d’ailleurs que quelques-unes trottent déjà dans sa tête. L’une d’elles, annoncée l’an dernier, mais pas encore concrétisée faute de moyens, est le concours musical Mathieu-Duguay pour les jeunes, qu’il souhaite mettre sur pied l’année prochaine.