Trans Akadi se prépare à enflammer la scène… pour une dernière fois

ANSE-BLEUE – Trans Akadi prépare son dernier tour de piste. Après 15 ans, le groupe a décidé qu’il était temps de passer à autre chose. Une décision mûrement réfléchie, bien que difficile à prendre. Mais l’heure n’est pas à la nostalgie. Les gars veulent faire une sortie honorable, sous le signe du party.

L’aventure a été belle, depuis 1995, pour les membres de Trans Akadi. Deux albums, de nombreux voyages à l’étranger et des centaines de fans ont rempli leurs têtes pleines de souvenirs. Ce n’est pas de gaieté de cœur que le groupe décide d’arrêter. Le fait que les membres soient aujourd’hui éparpillés un peu partout au pays a beaucoup penché dans la balance.
«Pour tout dire, on avait seulement quelques semaines par été à consacrer à la musique. Concilier le travail, la famille et notre carrière musicale était rendu presque impossible. Nous étions obligés de dire non à plusieurs demandes. C’est tannant de refuser des offres pour les Îles-de-la-Madeleine ou pour une tournée dans les écoles», expliquent Jocelyn Godin et Serge Basque, au cours d’une rencontre entre deux séances de répétitions.
Quoi qu’il en soit, les gars de Trans Akadi sont à l’aise avec leur décision. La nostalgie, ils l’ont tous ressentie il y a deux semaines, avant de commencer les répétitions. Pour les prochains jours, rien ne pourrait gâcher leur envie de monter sur scène, même si c’est pour dire adieu. Et dans l’excitation des derniers spectacles qui approchent à grands pas, la fierté d’avoir, à leur manière, apporté leur touche personnelle à la musique acadienne contemporaine.
«Je suis fier de l’audace qu’on a eue quand on a commencé. On s’est organisé, on a foncé», relève François Losier.
«Nous n’avons pas eu peur d’oser, ajoute Jocelyn Godin. Je pense qu’on a été parmi les pion­niers du mouvement électrique dans le folklore. Nous avons été un petit peu en avant de tout le monde à ce niveau-là.»
«Je suis surtout fier de notre intégrité que nous avons gardée au fil des années, renchérit François Losier. Nous nous sommes toujours un peu foutus de la façon dont la chanson allait sortir sur scène ou sur disque. L’important, c’était que nous restions nous-mêmes et que nous faisions notre musique avec notre propre personnalité.»
Les souvenirs se sont bien sûr accumulés après plus de 400 spectacles en carrière. Lorsque nous demandons au gars quels ont été leurs meilleurs moments, deux dénominateurs communs reviennent: rencontres et Carrefour de la mer.
«La musique nous a beaucoup fait voyager. Elle nous a permis de rencontrer beaucoup d’autres musiciens», note Hubert Cormier.
«Mais le Carrefour de la mer, c’est là où nous avons eu le plus de frissons, souligne Serge Basque. Quand tu as plus de 1000 personnes qui chantent tes chansons en même temps que toi, qui crient et qui dansent en même temps… Nous nous sommes fait prendre souvent au dépourvu par le public, en quelque sorte. Nous n’en revenions pas de l’atmosphère qu’il y avait quand nous étions sur cette scène! Nous avions des fans exceptionnels!»
Trans Akadi retrouvera d’ailleurs ses fans au cours des prochains jours. Vendredi, le groupe sera justement au Carrefour de la mer, dans le cadre du Festival acadien de Caraquet; le 13, au Bar du Quai d’Anse-Bleue; le 14, à Tracadie-Sheila dans le cadre du Grand Rassemblement Jeunesse; et le 15 août, tout juste après le Grand Tintamarre, sur la scène extérieure du Centre culturel de Caraquet.

n Sur Internet: le site officiel de Trans Akadi (www.transakadi.com)