Le théâtre comme un pain qui gonfle

CARAQUET – Pour Matthieu Girard, «toute bonne chose a du pain».

L’expression peut vous paraître bizarre, mais dans l’ima­ginaire de Matthieu Girard, elle prend tout son sens. Car le comédien fraîchement sorti de l’École nationale de théâtre a décidé d’en faire son adage pour sa toute première pièce de théâtre à titre d’auteur, pièce qui présente un univers quelque peu satirique, donc à l’image du grand gaillard de 25 ans originaire de Caraquet, et surtout de sa vision de ce qu’il a envie de faire sur scène.
«Toute bonne chose a du pain, c’est finalement une boutade. Les prémices de la pièce partent d’un malheur avec la farine de pain. Plusieurs situations loufoques s’enchaînent par la suite», explique Matthieu Girard, rencontré à la Boîte-Théâtre de Caraquet alors que son équipe met la touche finale à la mise en scène de la pièce.
Toute bonne chose a du pain nous fait connaître Barret McTavish, un type qui s’est cru jadis un héros inconnu pour des raisons restées secrètes de tous. Maintenant adulte, il est soudainement désillusionné par une rencontre inattendue qui vient jeter la lumière sur le passé. Il tente de se rendre indispensable, question de redonner un sens à sa vie. Pour atteindre cet objectif, il prendra des moyens invraisemblables, tentant d’entraîner avec lui son épouse et ses amis, également à la recherche de «la réussite».
«Finalement, la pièce est comme une pâte qui commence à gonfler au début et, à la fin, elle explose, comme un pain qui lève trop», ajoute Matthieu Girard avec un large sourire.
Déjà habitué à la scène, le comédien également membre du groupe musical Désir et fils a passé presque naturellement derrière le rideau. À sa sortie de l’École nationale de théâtre, il y a eu un temps mort, avoue-t-il.
«J’ai commencé à écrire. C’était vraiment la première fois que j’écrivais quelque chose. J’ai découvert avec le temps que j’aimais créer, de toute manière. Qu’il y ait quelque chose qui se passe. Le théâtre, pour moi, c’est l’occasion de prendre la parole. C’est très important, et c’est très important aussi de ne pas gâcher le moment», exprime Matthieu Girard.
Avec ses amis comédiens, Victor Trelles, Marie-Ève Laverdure, Mani Soleymanlou et Cynthia Wu-Maheux, Toute bonne chose a du pain a donc commencé à prendre forme. Comme metteur en scène, Matthieu Girard voulait insuffler une vision large du rendu sur scène, tout en ayant des lignes directrices de base.
«Au fur et à mesure que nous avons fait des représentations, le jeu s’est resserré. Tout le monde a pris sa place au sein de la pièce. C’était important pour moi qu’elle arrive à Caraquet déjà rodée. Et mes collègues sont très bons sur scène», souligne Matthieu Girard.
Toute bonne chose a du pain a été présentée pour la toute première fois à Montréal, dans le sous-sol d’une église, il y a quelque temps.
«Il y avait une grosse statue de la vierge tout près de l’endroit où la pièce a été présentée. Elle nous a servi de décor, parce que nous n’en avions même pas encore à ce moment-là!», relate Matthieu Girard en riant.
La pièce a depuis été présentée à quelques autres reprises au Québec.
À Caraquet, Toute bonne chose a du pain sera présentée dans le cadre de l’Estival du Théâtre populaire d’Acadie, du 8 au 12 août, à 20 h, à la Boîte-Théâtre.