Les petits moments d’éternité de Daniel Léger

CARAQUET – Après Moncton, qui a présenté le film en grande première lors du Festival international du cinéma francophone en Acadie, c’est au tour de Caraquet à recevoir le très touchant documentaire Les inséparables, signé Daniel Léger, en collaboration avec l’ONF.

Une poignée de gens et quelques journalistes ont pu assister à un visionnement de presse, mardi matin, au Cinéma du Centre de Caraquet. Le scénariste et réalisateur des Inséparables, Daniel Léger, et la nouvelle productrice du Studio Acadie de l’ONF, Maryse Chapdelaine, étaient présents

Les 52 minutes du film ont paru une éternité. Pas parce que le film est long ou moche, loin de là. Au centre du documentaire, Jean-Paul et Anne, couple acadien s’étant connus il y a quelques années vivant dans une modeste maison en compagnie des parents, gravement malades, de ce dernier.

Le début de leur histoire s’avère un vrai conte de fées. Sans pudeur, Jean-Paul raconte au début du film qu’il avait toujours vu apparaître dans ses rêves une femme habillée en blanc et que celle-ci deviendrait la femme de sa vie. Anne est apparue sans crier gare, un jour, il y a cinq ans, et depuis, leur amour est solide comme le roc.

Lui fait son jardin durant l’été, elle, la vaisselle et les repas. Tous deux aident leurs aînés et gravitent autour d’eux d’autres personnes, dont le petit Daemean, jeune enfant autiste avec qui Jean-Paul a développé une sincère complicité.

Leur petit monde est simple. C’est pourtant dans cette simplicité, que la caméra de Daniel Léger présente avec un respect aussi sincère que leur amour, que se passent ces petits moments d’éternité que l’on se prend à saisir: une petite blague par-ci par-là, des sourires doucereux, des paroles franches et empreintes de bonté. Ils ont peu de choses pour eux-mêmes à part le petit monde, mais ils ont quand même tout à offrir. Car les leçons d’humanité, de dévouement et de joie de vivre qu’ils nous donnent sans même s’en apercevoir touchent droit au coeur.

Dans la salle, mardi matin, plusieurs fous rires, quelques hoquets d’émotions aussi. À la fin de la projection, l’unanimité: Les inséparables fascine par sa vérité et force à réfléchir.

«Ç’a été facile d’entrer chez Jean-Paul et Anne. Ils ont tellement d’amour à donner qu’ils se sont dit que si ça pouvait faire une différence dans le monde, ils se laisseraient aller sans gêne au jeu du cinéma», a confié Daniel Léger à l’Acadie Nouvelle après la projection.

Le but du documentaire n’était d’ailleurs rien d’autre que de présenter cet amour véritable et ce bonheur du quotidien que la petite famille vit au jour le jour, sans artifices.

«J’ai rencontré Jean-Paul et Anne il y a quelques années alors que je jouais dans le groupe Borlico. Je les voyais toujours danser sur Lac Bijou, chanson de Zachary Richard que j’interprétais avec le groupe à ce moment-là. Je les trouvais tellement beaux que j’ai eu l’idée de faire un film avec eux», a souligné Daniel Léger.

À travers Jean-Paul et Anne, l’apprentissage en temps réel du métier de réalisateur. Lauréat du concours Tremplin de l’ONF en 2005 pour son court-métrage Un dimanche à 105 ans, Daniel Léger posait son pied pour la première fois dans l’univers du moyen-métrage.

Vingt jours de tournage répartis sur deux ans et demi, plus de 150 heures de tournage, d’essais et erreurs, de compréhension du médium de la caméra et d’apprivoisement de cette intimité que lui offraient Jean-Paul et Anne.

«Une chance d’ailleurs que j’ai pu apprendre mon métier avec eux. Leur simplicité et leur joie de vivre m’ont vraiment nourri tout au long de la production», a signalé Daniel Léger, ajoutant au passage que Les inséparables ne serait certainement pas son dernier film du genre.

«J’aime bien faire des films de ce genre. J’espère rencontrer d’autres gens simples comme Jean-Paul et Anne, qui ont les valeurs à la bonne place, qui ont des choses à nous apprendre et qui ont le regard tourné sur l’essentiel», a-t-il exprimé.

Le documentaire Les inséparables sera présenté deux autres fois au Cinéma du Centre de Caraquet, aujourd’hui et jeudi, à 18 h 30. L’entrée est libre.