Une rétrospective des oeuvres de Rodrigue Jean

DIEPPE – La Cinémathèque québécoise propose pour la première fois une rétrospective bilan de l’œuvre du cinéaste acadien Rodrigue Jean, du 12 janvier au 4 février.

Le directeur de la programmation de la cinémathèque québécoise, Fabrice Montal, considère Rodrigue Jean comme l’un des plus grands cinéastes au Canada. Entrer dans l’œuvre de ce réalisateur natif de Caraquet, c’est entrer dans une œuvre très profonde, estime-t-il.

«Il est un de ceux qui se questionnent le plus, qui a une démarche quasiment expérimentale par rapport au fait de faire des films. D’abord, c’est un homme d’un très grand raffinement, d’une grande culture, qui vient de différentes formes d’art», a déclaré en entrevue Fabrice Montal, en parlant du cinéaste de Caraquet.

Cet artiste acadien installé à Montréal et qui a vécu aussi à Londres a eu d’abord une formation de scientifique avant d’être un artiste. De la danse, il est passé au cinéma. Il a réalisé des documentaires, des fictions et, tout récemment, un projet web de docufiction collectif, Épopée, tout à fait innovateur, avec des gens qui vivent l’exclusion. Ce projet est issu de son documentaire-choc Hommes à louer.

Tous les films de Rodrigue Jean seront montrés à la cinémathèque, en commençant par sa trilogie acadienne, Full Blast, Yellowknife et Lost Song, qui a décroché le Prix du meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto en 2008.

On présentera aussi ses documentaires, comme celui sur le poète Gérald Leblanc, de Moncton, et le film remarquable La voix des rivières.

«Moi, j’ai découvert des films que je n’avais jamais vus, dont La voix des rivières, un très beau film sur les gens morts dans les rivières en Acadie», a souligné Fabrice Montal.

Dans le cadre de cette rétrospective, le centre d’artistes Dazibao présente en continu la série web Épopée-L’état des lieux dans une des salles de la cinémathèque.

Cette série de cinq heures comprend plusieurs courts métrages de fiction et documentaire réalisés en collaboration avec des intervenants et des participants du film Hommes à louer. Certains courts métrages sont assez saisissants. Rodrigue Jean, appuyé d’une équipe, a entrepris ce projet évolutif il y a deux ans. Les gens peuvent aussi visionner les courts métrages sur le web (www.epopee.me).

«C’est à base de réalité, mais il y a une écriture et de temps en temps, des comédiens sont intégrés dans une sorte de prise de vue très proche de la réalité, mais on ne distingue plus la vie réelle de l’écriture.»

Un long métrage, qui s’intitule Épopée-L’état du moment (2011), a été tiré de cette série. Avec ce film, Rodrigue Jean effectue en quelque sorte une synthèse. Le long métrage sera projeté le 4 février, suivi d’une discussion avec les artisans du film.

Si Rodrigue Jean est l’un des cinéastes les plus importants au pays, c’est qu’il questionne constamment le cinéma et les façons de faire.

«Son cinéma est tout à fait fascinant. C’est quelqu’un qui est en mutation, qui se remet en question continuellement et qui est en train de proposer une œuvre extraordinaire», a vanté M. Montal.